SACROSANCTA CONCILIA
ad i^egiam editionem exacta,
quœ nunc quarta parte prodit auctior,
studio Philippi Labbei et Gabrielis Cossartii,
Soc. Jesu presbyterortim.
Paris, 1671-1672, 17 tomes en 18 vol. in-folio.
Le plus ancien recueil imprimé des conciles est celui de Jacques Merlin, théologien de la Faculté de Paris, qui le publia dans cette ville, en 1524: il forme deux volumes in-folio. Le tome premier est la copie de la collection rassemblée au w^ siècle par Isidore Mercator, à laquelle sont joints les décrets des papes Grégoire 11, Yitalien, Martin, Grégoire III et Zacharie. Jacques Merlin en donnaideux autres éditions, Tune à Cologne en 1530, deux volumes in-8*, et l'autre à Paris, 1535, deux volumes in-folio. Ces trois éditions sont d'ailleurs, à très-peu de choses près, identiques.
Pierre Crabbe, franciscain de Malines, est l'auteur d'un autre recueil dont la première édition vit le jour en 1538, à Cologne, deux volumes infolio. Une seconde édition, considérablement augmentée, parut en 1551» en trois volumes in-folio très-compactes.
Viennent ensuite les collections du chartreux Laurent Surius (5 volumes, Cologne, 1567), et de Severino Bini, docteur en théologie etendroitcanop. Cette dernière eut trois éditions, l'une en 1606, l'autre en 1618, toutes deux imprimées à Cologne, et la troisième à Paris, en 1638. La première, uniquement composée de textes latins, comprend quatre tomes, dont le troisième est divisé en deux volumes. La seconde renferme, entre autres additions importantes, plusieurs textes de conciles grecs; elle est di\isée en quatre tomes, mais chaque tome comprend deux volumes, et le troisième, à lui seul, en comprend trois, soit en tout neuf volumes. Quant à l'édition de Paris, c'est absolument la même que la seconde de Cologne, sauf qu'elle se compose de neuf tomes, dont le septième est divisé en deux volumes. Nous citerons aussi la collection des conciles généraux que le pape Paul V fit imprimer au Vatican, en quatre volumes, durant les années 1608 et suivantes.
LABBE ET œSSART, CONCILIA. 487
Ces divers recueils, malgré leur importance et leur mérite, étaient fort loin d'être complets. Une vaste collection, celle dite du Louvre, parce qu'elle fut imprimée à Tlmprimerie royale, parut en 164i.Les éditeurs des trentesept volumes in-folio qu'elle forma prirent pour base de cette nouvelle compilation les textes réunis par Severino Bini, qu'ils curent soin de corriger et auxquels ils ajoutèrent un grand nombre d'actes inédits ou publiés ' isolément. Us y intercalèrent aussi les conciles de France publiés par le jésuite Sirmond, ainsi que les notes dont il les avait accompagnés. Une notice placée en tête indique toutes les additions que renferme leur recueil. Malgré ces améliorations, la collection royale n'est pas fort recherchée, et elle le cède sur beaucoup de points à celle des PP. Labbe et Gossart qui, ' quoique moins volumineuse, est plus complète et aussi plus correcte.
Labbe avait eu d'abord l'intention de donner une nouvelle édition corrigée et continuée des conciles de France, publiés en 1629 par le P. Sirmond. Dès 1646, il avait imprimé une histoire succincte et exacte des conciles de France, augmentée de preuves et de tableaux chronologiques. Mais il élargit bientôt son plan, et entreprit de publier un recueil de tous les conciles généraux, provinciaux et diocésains, avec les vies et les lettres des papes. Il en donna le plan en 1661, dans un livre intitulé : Concilmmm generahum, provincialium, diœcesanorum, cum vitt's et epistolis romanorum Pontificum historica synopsis ; amplissimx collectiom's, quœ singulari studio XIV aut XV tomis paratur, prima delmeatio. Le P. Labbe consacra le reste de ses jours à ce travail, pour lequel il s'associa le P. Gabriel Gossart. Près de treize volumes étaient imprimés lorsque Labbe mourut, laissant au P. Gossart l'honneur de terminer cette grande collection.
Les éditeurs ne se dissimulaient cependant pas qu'ils laissaient à leurs successeurs une assez vaste moisson à recueillir. En effet, à partir de l'année 1300, ils avaient renoncé à publier les textes des synodes diocésains, à cause de leur importance secondaire, à cause surtout de leur abondance ; ils ai&aient négligé môme d'importants conciles provinciaux. En 1683, Baluze publia, sous le titre de Conciliorum nova collectio, un volume in-folio, qui devait être le premier d'une collection destinée à rassembler les monuments omis par le P. Labbe; mais il ne donna pas d'autre suite à son dessein. Le supplément le plus complet et le plus recherché est celui de J. Domenico Mansi, Supplementum ad coUectionem conciliœ^um , etc., six volumes in-folio, Lucques, 1748-1752, dont nous donnons plus loin l'anal vse.
Parmi les collections de conciles postérieures à celle de Labbe, on peut citer les suivantes.