‹ Les sources de l'histoire du montanismeChapitre 15 sur 207 · ΒΕ QUE NA ER EE · texte numérisé non relu

ΒΕ QUE NA ER EE

4 J'ai essayé, dans la Crise montaniste, p. 152 et s., de déterminer les circonstances où ces signatures épiscopales durent être apposées sur la lettre de Sérapion.

RINAERNETTS.

6 Nouv. Rev. de Théologie, 1858, I, p. 64, note.

ΧΧΧ INTRODUCTION

plus juste d’y voir un scrupule ou un éclair de bonne foi. On n’imagine guère Apollonius s’attardant à des réserves de cette sorte.

29 Quelque défiance que ces textes méritent, comme tous ceux où les questions de personnes oppriment les questions d'idées, 1] est cependant possible d’en tirer un certain nombre de données suffisamment caractérisées pour que l’histoire ait le droit d’en faire état. L’Anonyme et Apollonius ont bien été forcés d'alimenter leurs polémiques, 51 partiales fussent-elles, de quelques données positives. Ils connaissaient par expérience et contact personnels les adversaires auxquels ils avaient affaire. 51 leurs réfutations eussent été vides de griefs précis, d’allusions pertinentes, elles eussent manqué le but qu'elles visaient. Il n’est donc que de relever une à une ces allusions — avec les précautions requises —, et d'en marquer le sens etiarportée:

Puis, toute question d’historicité mise à part, les acteurs de la lutte se peignent à leur insu par la méthode même qu'ils emploient de part et d'autre, pour justifier leur thèse. C’est ainsi que les apologies montanistes, telles qu'on les entrevoie à travers les excerpta d'Eusèbe, portaient la marque du même «traditionnalisme » dont les catholiques auraient volontiers revendiqué le monopole. Je ne développe pas ici ce point, n’ayant présentement d'autre objet que de signaler la richesse documentaire des extraits de l’Anonyme et de ceux d’Apollonius, et le parti qu’une exégèse attentive en peut tirer. Qu'on y Joigne les indications consignées çà et là par Eusèbe sur l’époque des débuts du Montanisme, sur le jugement formulé par les chrétiens gaulois à propos de la secte phrygienne, sur la polémique qui mit aux prises, à Rome même, Caius et Proclus, et l’on se rendra compte qu'en dépit de son incuriosité des paroles authentiques des prophètes (c'est à peine, je l'ai dit, s’il cite, par voie d’allusion, quelques mots de Maximilla), Eusèbe reste notre meilleur guide pour la période des origines.

CCS PAPIER ΒΟ

Épiphane de Salamis

A côté d'Eusèbe de Césarée, c’est Épiphane de Salamis qui nous fournit, dans son Panarion, la contribution la plus abondante à l’histoire du Montanisme primitif, surtout au point de vue proprement doctrinal.

À qui douterait encore que l’érudition la plus étendue puisse s’allier dans le même esprit avec une réelle médiocrité d'intelligence et les partispris les plus entêtés, on pourrait présenter Épiphane comme un spécimen assez réussi de ce déplaisant amalgame.

Quoi qu'il en soit, sa notice sur l’hérésie cataphrygienne renferme nombre de données importantes. Il est indispensable de l’analyser tout d’abord, pour marauer ensuite l’origine et la valeur de chacun de ses éléments.

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Épiphane ouvre son exposé par un renseignement chronologique. Il place la naissance de l’hérésie cataphrygienne « vers la dix-neuvième année du règne d’Antonin le Pieux », c’est-à-dire vers 156. Il se donne à peine le temps de signaler quelques points où la doctrine montaniste est d'accord avec celle de l'Église, tant il est pressé d'entrer dans le vif de ses réfutations, pour lesquelles il se sent largement approvisionné. Un propos familier aux Montanistes, qui sommaient les catholiques d'accueillir les charismes 1 lui sert de transition pour aborder son objet propre. Il leur objecte aussitôt qu'il y a charismes et charismes, et que l'Écriture elle-même inivite tout chrétien à faire le départ entre ceux qui

sont authentiques et ceux qui ne le sont pas.

1 Sources, p. 115, ]. 19.

ΧΧΧΗ INTRODUCTION

Cela posé, il entame une discussion minutieuse qui s'étend depuis le ὃ 11 jusqu'au ὃ ΧΠῚ inclusivement.

Au $ 1, il s'efforce de prendre ses adversaires en défaut sur deux points précis. Ils soutiennent qu'il ne faut point que la grâce chôme dans l'Eglise. Ils ont raison de le soutenir. Mais alors pourquoi chôme-t-elle chez eux ἢ N’est-il pas constant que depuis Montan, Priscilla et Maximilla, ils n’ont plus eu de prophètes ? Cette pénurie soudaine rend suspectes, en vertu du principe même qu'ils invoquent, les prétendues révélations dont leur secte est née. — D'autre part, Maximilla avait annoncé qu'après elle, se serait « la fin de tout ». Or, depuis 290 ans (sic) qu'elle prophétisait ainsi, la συντέλεια dont elle dressait l’épouvantail ne s’est pas réalisée.

Il a là de quoi mettre à priorr en défiance contre eux. Cette défiance, un examen plus attentif la confirme et l’aggrave. Le criterium dont Épiphane entend se servir est le suivant : 1] l’énonce au début du ὃ 111 1: « Comparant ce qu'ils disent avec le contenu réel, les faits véritables, les prophéties authentiques de l'Ancien et du Nouveau Testament, examinons ce qui est vraie prophétie et ce qui est fausse prophétie. »

J'ai quelque peine à admettre, comme le veut H. G. Voigt, que cette phrase donne le programme détaillé du développement qui va suivre, au point que chaque membre y contienne l’annonce précise de telle partie de ce développement 3, Les expressions qu'emploie Épiphane sont trop peu caractérisées pour qu'on y lise tout un sommaire ponctuellement dressé. Du moins indiquent-elles l'esprit dans lequel 1l veut conduire sa discussion. 1] mettra en regard le « type » montaniste du prophète avec le « type » orthodoxe, tel qu’on peut le recomposer d’après les témoignages de l'Ancien et du Nouveau Testament : de cette confrontation se dégagera l'estimation véritable qu’il convient de faire du premier.

LL ETRO M2

2 Versch. Urk., p. 14 ets. VoiGtT traduit ainsi (p. 18) : « Indem wir das von ihnen Gesagte vergleichen mit Dem, was nach dem alten und neuen Testamente wirklich da ist und wirklich erfüllt ist und prophetisch gelehrt ist, lasset uns prüfen, was Prophetie ist, was Pseudoprophetie ist. » Il retrouve dans les ὃ 111 à Χ (début) le développement annoncé par les mots ἐν ἀληθεία ὄντα. L'excursus des ὃ VIII-IX correspondrait à 1᾽ἐν ἀληθείᾳ γενόμενα. Enfin le πεπροφητευμένα amorcerait les ὃ x-x111. C’est se donner trop de peine que de démêler si subtilement un sens prégnant et substantiel sous chacun des χῶλα de cette phrase, rédigée dans le style mou qui est coutumier à Épiphane, Notons aussi, pour le dernier membre de phrase, la remarque de Loors, TLZ., 1893, col. 301 : « Das [ἐν ἀληθεία] πεπροφητευμένα ist m. E. den beiden ersten Participien nicht coordinirt, sondern logisch übergeordnet. »

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