‹ Les sources de l'histoire du montanismeChapitre 65 sur 207 · MONCEAUXx · texte numérisé non relu

MONCEAUXx

ipsas quidem.

1, 034). Date incertaine !.

Mais le Dieu tout puissant, dans sa grâce si prévoyante, « en répandant de son Esprit durant ces derniers jours sur toute chair, sur ses serviteurs et ses servantes », à l’encontre de ces esprits d’incrédulité et de perversité, a vivifié, en une phase laborieuse, la foi en la résurrection de la chair et ἃ débarrassé de toute obscurité et de toute équivoque les dont éclairé lumineusement les mots et

instruments antiques LEA les pensées. Comme « il était nécessaire qu'il y eût des hérésies pour que les bons fussent connus », et que ces. hérésies n’eussent pu rien entreprendre si les Ecritures ne leur en eussent fourni quelqu occasion, il semble que les instruments antiques leur aient procuré parfois leur matière — matière réfutable, par ellemême. Mais il ne fallait pas que

au surplus, l’Ecriture l'Esprit saint différät plus longtemps l’effusion de ses paroles, capables de répandre des semences qui fussent pures de toute malice hérétique, et même d’extirper l’ancienne ivraie. Voilà pourquoi il ἃ dissipé toutes les ambiguités de jadis et les paraboles arbitraires par

HarNack : 208/9-213 ; ADAM peu

inundantem. Cuius si hauseris fon-

tes, nullam poteris sitire doctrinam, nullus te ardor exuret quaesuonum resurrectionem quoque carnis usquequaque potando refri-

gerabis.

Haeretici nuptias auferunt, psychici ingerunt. [li nec semel, isti non semel nubunt. Quid agis, lex Creatoris? [Inter alienos spadones et aurigas tuos tantundem quereris de domestico obsequio quantum de fastidio extraneo. Proinde te laedunt qui abutuntur quemadmodum qui non utuntur. Verum neque continentia eiusmodi laudanda, quia haeretica est, neque licentia defendenda, quia psychica est. [la blasphemat, ista luxuriat; 1lla de-

struit nuptiarum Deum, ista con-

! NOELDECHEN : 217-221 ; MONCEAUX Vers 1220;

: après 213 ; HARNACK :

une explication claire et limpide de toute la foi, au moyen de la nouvelle prophétie dont le flot découle du Paraclet. Si vous puisez à ses sources, vous ne pourrez plus avoir soif d'aucune doctrine, ni être brûlé de la fièvre d'aucun problème. En buvant toujours aussi la résurrection de la chair, vous serez rafraîchi.

29. — De Monogamia, 1 (Œucer, 1, 761 ; P. L., 11, 970). Date incertaine !.

Les hérétiques suppriment les noces, les psychiques les accumulent-lies#premiers MiessSemnAnment pas même une fois; les seconds se marient bien plus d’une fois. Que

fais-tu. Loi du Créateur? Entre ces

eunuques avec qui tu n'as rien de commun et ces gens de haras?, tes serviteurs, tu gémis autant de l’empressement des tiens que des mépris de ceux du dehors. Tu te trouves également blessée, et par ceux qui abusent et par ceux qui n'usent point. Mais niunecontinencecomme

peu après 217-218 ; ADAM :

? On lit dans Varron, Rer. rustic, I, vrr, 8 : « Admittere oportet, cum tempus anni uenerit bis die mane et uespere. Peroriga enim appellatur quisquis admittit. Eo enim adiutante equae alligatae celerius admittuntur, neque equi frustra cupiditate impulsi semen eiciunt. » RiGauLT (dans (Eurer, 1, 761) s’autorise de ce texte pour proposer perorigas dans le passage du de Monog. H. KeiL a consacré une note spéciale à cet endroi: du Rer. rustic. (Archiv. f. lat. Lexic., 1 [1884], p. 290-1). Le rapprochement de deux autres textes de Varron 411. vir, 9; Il, vin, 4) l’induit à affirmer qu'il faut lire «.. bis die mane et uespere per origam. Sic appellatur quisquis admittit. » (Le sic est une conjecture que KEIL propose simplement } — L’origa (ou auriga) est donc, chez Varron, le valet chargé de surveiller l'accouplement des chevaux. Cette association d'idées, encore accentuée par le contraste de spadones, explique le choix du mot dans ce début du de Monogamia.

fundit. Penes

spiritales merito dici facit agnitio

nos autem, quos spiritalium charismatum, continentia tam religiosa est quam licentia uerecunda, quandoquidem ambae cum Creatore sunt. Continentia legem nuptiarum honorat, licentia temperat : ïlla non cogitur, ista regitur : illa arbitrium habet, haec modum. Ünum matrimonium nouimus, sicut unum Deum. Magis honorem refert lex nuptiarum, ubi habet et pudorem. Sed psychicis non recipientibus Spiritum ea quae sunt Spiritus non placent. Ita, dum quae sunt spiritus non placent, ea quae sunt carnis placebunt, ut contraria spiritüs. « Caro, inquit, aduersus spiritum concupiscit, et spiritus aduersus carnem. » (Gal., V, 17.) Quid autem concupiscet caro quam quae maygis Carnis sunt?

Propter quod et in primordio extranea spiritus facta est. « Non, inquit, permanebit spiritus meus in istis hominibus in aeuum, eo quod caro

sint. » (Genèse. νι, 3.)

celle-là n'est louable, vu qu'elle est hérétique, ni une pareille licence n’est excusable, vu qu'elle est psychique. D'un côté, le blasphème :

de l’autre, le libertinage ; l’une détruit le Dieu du mariage, l’autre le fait rougir. — Chez nous au contraire qui justifions notre nom de « spirituels » par ce fait que nous reconnaissons les charismes spirituels, la continence est aussi religieuse que l'usage est pudique, car l’une et l’autre sont en harmonie aAvécitle P@réateur MIA Continence honore la loi du mariage, l’usage en profite avec tempérance. L'une n'est point contrainte, l’autre admet un frein. La première dépend du libre choix, la seconde s’assujettit à une juste limite. Nous ne connaissons qu'un mariage, de même

qu'un seul Dieu. La loi du mariage

comporte un surcroît d'honneur, quand elle s'associe à la pudeur.

Mais, n'admettant point l'Esprit, les psychiques ne peuvent se complaire dans les choses qui sont de l'Esprit. Et n'y ayant aucun goût, les choses charnelles emportent leurs sympathies, justement parce qu'elles sont contraires à l'esprit :

« Lawchair, dit (l:Apôtré);

désirs hostiles à l’esprit, et l'esprit à

a des

la chair. » Or qu'est-ce que la chair peut désirer, sinon ce qui est surtout de la chair? Voilà pourquoi dès l’origine elle est devenue étrangère à l'esprit : « Mon esprit, est-il

20 [Οἱά., τι ICEHLER,

Itaque monogamiae disciplinam in haeresim exprobrant, nec ulla magis ex causa Paracletum negare coguntur quam dum existimant nouae disciplinae institutorem, et quidem durissimae illis, ut iam de hoc primum consistendum sit in generali retractatu, an capiat Paracletum aliquid tale docuisse quod aut nouum deputäri possit aduersus catholicam traditionem aut onerosum aduersus « leuem sarcinam »

(cf. Mr., x1, 30) Domini. De utroque autem ipse Dominus pronuntiauit. Dicens enim : « Adhuc multa habeo quae loquar ad uos, sed nondum potestis portare ea; cum uenerit Spiritus sanctus, ille uos ducet in omnem ueritatem » (JEAN, XVI, 12-13), satis utique praetendit ea acturum ïillum quae et noua existimari possint, ut numquam retro edita, et aliquando onerosa, ut idcirco non edita. — Ergo, inquis, hac argumentatione quiduis nouum et onerosum Paracleto adscribi poterit, etsi ab aduersario spiritu fuerit. — Non utique. Aduersarius enim spiritus ex diuersitate praedicationis appareret, primo regulam adulterans fidei, et ita ordinem adulterans, disciplinae, quia

TEÉRTULLIEN

écrit, ne demeurera plus à jamais chez ces hommes, parce qu’il ne sont que chair. »

Voilà pourquoi ils nous imputent à hérésie la discipline de la monogamie. Et il n'y a pas de raison qui les pousse davantage à nier le Paraclet, que ce fait qu'ils le considèrent comme l'initiateur d’une discipline nouvelle, discipline fort rigoureuse à leur gré. Le premier point auquel nous devons nous arrêter dans cette discussion générale, c’est donc de voir s’il est exact que le Paraclet ait enseigné quelque chose que l’on soit en droit de regarder comme une nouveauté par rapport à la tradition catholique ou comme une charge par rapport au « léger fardeau » du Seigneur. — Mais à cette double question, le Seigneur lui-même a répondu quand il a déclaré : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pourriez les supporter. Lorsque viendra l'Esprit saint, il vous conduira à toute vérité »; il nous a montré suffisamment que l'Esprit saint ferait des choses qui pourraient passer pour nouvelles, en tant qu'elles n'auraient pas été proclamées antérieurement, et pour pénibles parfois, en tant qu'elles n'auraient pas été proclamées pour cette raison même. — « Avec ce

cuius gradus prior est, eius COrruptela antecedit, id est fidei, quae prior est disciplina. Ante quis de Deo haereticus sit necesse est, et tunc de instituto.

Paracletus autem multa habens edocere, ilum distulit Dominus secundum praefinitio-

quae in

nem, ipsum primo Christum contestabitur, qualem credimus, cum toto ordine Dei creatoris, et ipsum glorificabit (cf. JEAN, xvi, 14), et de ipso commemorabhit ; et sic de principali regula agnitus, illa multa quae sunt disciplinarum reuelabit, fidem dicente pro eis 1intecritate praedicationis, licet nouis, quia nunc reuelantur; licet onerosis, quia nec nunc sustinentur; non alterius tamen Christi, quam qui habere se dixit et alia multa, quae a Paracleto edocerentur ; non minus istis onerosa, quam illis a quibus nondum tunc sustinebantur.

raisonnement-là, dira-t-on, on pourra mettre au compte du Paraclet n'importe quelle nouveauté, si pénible soit-elle, quand même elle viendrait de l'esprit ennemi [= du démon]. — Point du tout!

L'esprit ennemi se trahirait par la différence de sa prédication, d’abord en altérant la règle de foi et en en arrivant ainsi à altérer l’ordre de la discipline en premier lieu est corrompu en

car ce qui vient

premier lieu aussi, je veux dire la foi, qui a priorité sur la discipline.

Fatalement on est hérétique d’abord sur le compte de Dieu, puis sur sa loi. Mais le Paraclet ayant à enseigner bien des choses que le Seigneur a différées jusqu'à sa venue (selon la délimitation antérieurement indiquée) rendra d’abord témoignage iusChnistatcllquennotrertoissenle représente, en gardant toute l’économie du Dieu créateur. Il le « glorifiera », 11 rappellera son souvenir; et se faisant ainsi reconnaître à cette règle fondamentale, il révélera les multiples choses qui ressortissent à la discipline; et l'intégrité de sa prédication sera la garantie de ses prescriptions, quoique nouvelles puisqu'elles sont révélées maintenant, quoique lourdes puisque aujourd'hui même on ne sait pas les supporter ; — (prescriptions) qui, toutefois, ne sont point d’un autre Christ que celui qui avait déclaré qu'il avait bien des choses en-

core qui seraient enseignées par le Paraclet, (prescriptions) non moins lourdes pour ces gens-là [= les Psychiques! qu’elles ne l'étaient pour ceux qui ne se trouvaient pas non plus à ce moment-là en état de les supporter |

SL. — Jbid., 111 (ŒHLER, 1, 703 SPL. τ 0082):

Ilud enim amplius dicimus, etiamsi totam et solidam uirginitatem siue continentiam Paracletus hodie determinasset, ut ne unius quidem nuptiis feruorem carnis despumare permitteret, SIC quoque nihil noui inducere uideretur, ipso Domino spadonibus aperiente regna Caelorüume(c{ MT xx τ τ οἱ ipso spadone, ad quem spectans et apostolus propterea et ipse castratus (cf. I Cor., vi, 7) continentiam

mauult.

… Îgitur 51 omnia ista oblitterant licentiam nubendi et conditione

Nous allons jusqu’à dire ceci quand bien même le Paraclet aurait prescrit aujourd'hui une virginité, une continence intégrale et absolue, au point d'interdire aux ardeurs charnelles de bouillonner, fût-ce en un mariage unique, même ainsi il n’introduirait, semble-t-il, rien de nouveau, puisque le Seigneur luimême ouvre aux « eunuques » le royaume des cieux, et a été « eunuque { » lui-même, et que c’est les yeux fixés sur lui que l’Apôtre, « châtré » lui aussi pour la même raison, exprime sa préférence pour la continence.

… Si donc toutes ces considérations annulent la permission de se

1 Le mot revient à plusieurs reprises dans le de Monog. On peut comparer de Pat., xin, (Œ., !, 610) « uoluntarium spadonem ad regna caeli leuat »; de Virg. uel, x, (Œ,, I,

τ tot Spadones uoluntar MSP de ΠΟ el el CE Tirer On UlERRSe

Spadonatui obsignant propter regnum Dei. » ad Ux., I, vi, etc. Tertullien au début du de Monog. emploi l’expression dans un sens défavorable pour désigner les hérétiques hostiles au mariage. Le texte de MT, xix, 12 avait provoqué la création d’un mot grec spécifiquement chrétien « eüvouyia », pour désigner le célibat perpétuel. Voy. Agraphon, n° 17 (PREUSCHEN, Antileg., ["* éd., p. 45, 1. 28 ; cf. Clément d’Alex., Strom., III, xv, 97) ;/Athenagoras, = Leg /NxxxTi UN (GErFCKEN LD 192 AN I0) ACléMEN TUE mentionne (Strom., HI, χαπτ, 91) le Περὶ ἐγχρατείας ἢ περὶ εὐνουχίας de Julius Cassianus,

un élève du gnostique Valentin.

licentiae inspecta, et praelatione continentiae imposita, CUr non potuerit post apostolos idem Spiritus superueniens ad deducendam disciplinam in omnem ueritatem, per gradus temporum, secundum quod Ecclesiastes « Tempus omnis rei » inquit (Æccles., 1, 1), supremam jam carni fibulam imponere, ἃ ΠῚ non oblique a nuptiis auocans, sed exerte, CUM magis nunc tempus HITRCONEC OM ΟΝ COTES NI N20) factum sit, annis circiter cLx exinde productis ?

Nonne ipse apud te retractares :

« Vetus haec disciplina est, praemonstrata jam tunc in carne Do-

mini et uoluntate dehinc in

tam consiliis quam Olim

huic destinabamur. Nihil noui Pa-

apostolorum eius

exemplis. sanctitati racletus inducit. Quod praemonuïit, definit : quod sustinuit, exposcit. »

Et nunc recogitans ista, facile tibi persuadebis multo magis unicas nuptias competisse Paracleto praedicare, qui potuit et nullas, magisque credendum temperasse illum, abstulisse decuisset, si

Christus

quod et

quae uelit intelligas.

marier, Soit par l'examen des conditions où la permission fut donnée, soit par la préférence marquée à la continence, pourquoi, survenant après les Apôtres pour conduire graduellement la discipline à toute vérité (selon le mot de l'Ecclésiaste : « Chaque chose en son temps »), pourquoi ce même Esprit ne pourrait-il pas imposer à la chair la suprême fibule et nous détourner du mariage, non plus obliquement, mais ouvertement ?

d'autant que le temps est plus court que jamais, puisque, depuis lors, cent soixante ans se sont écoulés.

Ne serais-tu pas obligé de te répéter en toi-même : « Ancienne est cette discipline. Elle a été signifiée d'avance, dès le temps du Seigneur, dans sa chair et dans sa volonté; puis dans Iles préceptes et aussi dans les exemples de ses Apôtres.

Depuis longtemps nous étions promis à cette sainteté. Le Paraclet n'introduit rien de nouveau. Ce dont il nousavait prévenus àl’avance, maintenant 1l le précise; ce qu'il avait différé, maintenant il l'exige. » Et alors ces réflexions t'aideront aisément à te persuader qu'il convenait bien mieux au Paraclet de prêcher l’unicité du mariage, lui qui aurait pu qu'il faut bien croire qu'il a (sim-

l’interdire complètement ; et

plement) mis des bornes à ce qu'il lui appartenait d’abolir même, — si tu pénètres les intentions du

UT

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