‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 109 sur 339 · CVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CVIII INTRODUCTION

et Voigt 1, dans une source ancienne, contemporaine de la floraison du Montanisme. Voigt se hasarde à nommer le Περὶ χαρισμάτων d’'Hippolyte 3. Son raisonnement est celui-ci. De l'avis des critiques les plus compétents, le début des Conshtutions Apostoliques (VIII, 1-11) dérive du Περὶ χαρισμάτων ; or, la liste des prophétesses dressée par Didyme (p. 160, I et s.) se retrouve tout entière dans les Const. Apost. : donc c'est Hippolyte que Didyme a pris pour guide. L’argument n’est point décisif. D'abord l’énumération incluse dans les Const. Apost. est plus longue que celle de Didyme 5. Puis, si en un tel sujet, Didyme (grand connaisseur des Écritures) avait réellement besoin de s'inspirer d'autrui, son maître Origène ne lui fournissait-il pas la plupart des noms dont 1] fait état 4 ?

Je doute que Didyme ait consulté des sources montanistes ou antimontanistes de beaucoup antérieures à lui. Il n'apporte en somme rien de nouveau sur le Montanisme originel, si ce n’est une indication probablement erronée sur « l’idole » dont Montan aurait été prêtre avant sa conversion ὅ. Il ne cite des prophètes phrygiens qu'un seul oracle, et de telle façon qu'il semble bien qu'il le doive à un renseignement oral. Il n’est richement documenté que sur l'appareil scripturaire dont les montanistes étayaient leur idée de l'Économie divine. Il ne me paraît pas impossible qu'il ait appris par controverse directe avec eux à définir ainsi leurs positions trinitaires. C’est à peu près de la sorte qu'il avait pénétré les arcanes de la doctrine manichéenne 6. N'étant réellement curieux que des hérésies de son temps ”, il a pu se donner le loisir de les connaître par enquête personnelle. Je ne crois pas qu'il y ait autre chose à recueillir chez lui que des spécimens, d’ailleurs utiles, du mode de controverse de la secte au IVe siècle.

1 Verscholl. Urk., p. 30 n. 1.

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