INTRODUCTION CVII
son vocabulaire se réduit donc à fort peu de chose, et 1l est malaisé d'opérer sur un si faible résidu 1.
A tout prendre, on peut sans excès de hardiesse attribuer la Διάλεξις à Didyme lui-même. Bien informé des choses du Montanisme ( les Montanistes sont avec les Manichéens, les Eunomiens et les Macédoniens, les seuls hérétiques qui aient fixé son attention) ?, 1l aura jugé utile de leur consacrer une réfutation spéciale dans ce cadre du dialogue qui était, je l'ai dit, une des formes littéraires favorites de cette époque 3. De là la sécurité avec laquelle il use de la Διάλεξις dans son de Trinitate. Elle était son bien propre : 1] s’est donc fait à lui-même de larges emprunts, sans se résigner à laisser tomber tel développement qui, fort bien à sa place dans le dialogue, n’avait pas grand chose à voir avec une apologie de l’orthodoxie trinitaire 4.
Didyme ne nomme point ses autorités ; 1l ne dit pas à quelle sorte d'investigations 1l doit les détails qu'il donne sur la doctrine montaniste, soit dans la Διάλεξις, soit dans le de Trinitate. Grand érudit, en dépit de la cécité qui l’avait frappé dès l’âge de quatre ans, 1] paraît avoir assez bien connu l’ancienne littérature chrétienne : mais parmi les écrivains ecclésiastiques, il ne cite nommément que le seul Basile. De là une réelle difficulté pour identifier ses garants ; et cette remarque générale s'applique aussi à son exposé sur le Montanisme.
Il faut donc procéder par la méthode des rapprochements de détail. Il me paraît certain que pour sa critique de la notion de l’extase chez les montanistes, 1] a profité du Panarion 5. Que l’on compare p. 161, 15 avec p. 125, 6 et s. (à propos de l’extase de saint Pierre), et la revendication de p. 161, 21 avec p. 125, 19. Sa théorie sur la diversité des acceptions du mot extase est tout à fait analogue à celle d’Épiphane (p. 121 et 5.) : il ajoute seulement deux textes) p. 162, 21 et 163, 3) qu'Épiphane avait négligés.
Pour le principal de sa réfutation, il aurait puisé, d’après Bonwetsch 5
1 Je note seulement, à propos du mot θέσις, p. 99, 4 (et la note) que Didyme connaissait certaines des œuvres d’Aristote : BARDY, p. 226-7.
2 BARDY, p. 239 ets.
3 Comp. ses traités spéciaux contre les Manichéens : BARDY, p. 33 ets.
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δ. Il y a beaucoup d’autres traces chez Didyme de l'influence d’Épiphane : Cf. BARDY, 92, 124, n. 2, 184-186, 220.
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