INTRODUCTION CXXXV
outre qu’elle ne figure pas dans tous les mss (cf. P. G., XCIV, 707), elle est trop vague pour qu'on puisse en faire état.
La même prudence se recommande à l'égard du Zrbellus Synodicus d'après lequel Apollinaire aurait réuni à Hiérapolis un synode auquel vingt autres évêques auraient également pris part ; et c’est à bon droit que G. Salmon 1 et A. Harnack ? se montrent sceptiques. On sait que le Libellus, qui renferme des notices sur 158 conciles des neuf premiers siècles, fut apporté de Morée, au XVIE siècle, par André Darmarios (origine quelque peu suspecte, au gré de Harnack) et vendu par lui à Jean Pappus (1549- 1610), théologien luthérien de Strasbourg 3, qui l’édita en 1601 avec une traduction latine. Il est probable que l’auteur de cette compilation a déduit Sonvrenselenement del'H?FE.d'Eusèbe = Au chap: V, xyr, τὸ, il-est dit que « les fidèles d'Asie se réunirent souvent en de nombreux endroits d'Asie », et qu'après examen ils retranchèrent de la communion les novateurs. Le compilateur aura jugé plus imposant de parler d’un imposant synode, sous la présidence d’Apollinaire. S'il nomme celui-ci, c’est sans doute que, donnant dans la méprise où tant de critiques sont tombés après lui, 1] attribue à Apollinaire, et non pas à un anonyme, la narration incluse dans ce chapitre Xvi. On remarquera qu'il confond Théodote, le montaniste, avec le monarchien Théodote (Θεόδοτος ὃ σχυτεύς) qui apparaît plus loin, dans Eusèbe, au livre V, xxvir1, 6 et 9. La même méprise se trahit encore dans la notice suivante, où est mentionné un prétendu synode réuni par Sotas d’Achillée (il s’agit sans doute de Sotas d’'Anchialos : Eusèbe, V, ΧΙΧ, 3) et où surgit une indication hautement fantaisiste, celle des 878 Eons à propos desquels Montan aurait « dogmatisé ». Quant à l’histoire du Concile gaulois, c’est une déduction arbitrairement tirée de l'Histoire eccles. d'Eusèbe, V, τὴ; 4. Tout cela est suspect, erroné et ne mérite aucun crédit.
On ne connaît d'Honorius d’Autun ni la date de sa naissance ni celle de sa mort : sa personnalité demeure fort obscure. Nous savons pourtant
DCE. FE :038:
ΑΘ κα AE
3 Voir, sur PAPPUS, HACKENSCHMIDT dans RE%, XIV, 654.
4 Le procédé qui consiste à imaginer de la sorte synodes et conciles se répète souvent dans le Libellus. Voy. BONWETSCcH, GM., p. 56, n. 2.