‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 137 sur 339 · INTRODUCTION CXXX VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION CXXX VII

que dans aucune des éditions auxquelles j'ai fait mes emprunts. Non content enfin de transcrire tous les passages où les écrivains ecclésiastiques font allusion à la prophétie nouvelle, j'ai joint plusieurs textes où les critiques modernes ont crû démêler un rapport avec l’histoire du Montanisme 1 : je me réserve de discuter ailleurs la relation qu'ils supposent ainsi.

Grâce à ces déterminations géographiques et chronologiques, 1] deviendra plus aisé de se rendre compte de l’évolution du Montanisme. On a vu dans mon analyse des sources que je me suis attaché à préciser l’époque à laquelle se réfèrent les renseignements fournis par les hérésiographes ; j'ai dit si c’est le Montanisme de leur temps qu'en chaque cas ils semblent viser, ou celui des époques antérieures à eux. Une telle enquête est la condition préalable de tout exposé vraiment historique de ce mouvement religieux qu'on envisage d'ordinaire, mais à tort, comme un bloc uniforme, comme une sorte de système clos 2.

Le point délicat, c’est la reconstitution du Montanisme originel, tel qu'il apparut en Phrygie pour la: désolation des uns, pour le pieux ravissement des autres. Dans le travail auquel j'ai fait allusion déjà Gottfried Centner, après avoir résumé les incertitudes de la tradition ecclésiastique sur le travail phrygien et souligné la partialité des témoins qui nous le font connaître, concluait à la quasi impossibilité de rien écrire de sûr à son propos 3. J'ai déjà indiqué les raisons qui me font trouver ce scepticisme fort exagéré : il y a dans Eusèbe, dans Épiphane, et aussi chez Pseudo-Tertullien, Hippolyte, Clément d'Alexandrie, Origène, Tertullien — celui-ci, à condition qu’on l'utilise avec discernement et prudence — les éléments d’une histoire authentique de la période initiale. N'oublions pas qu'à côté des textes qui y font directement allusion, nous possédons quantité de documents de comparaison, grâce auxquels telle donnée obscure s'éclaire d’une vive lumière et prend sa pleine valeur. S'il s'agissait de démêler une pensée subtile, de reconstituer tout un ambitieux système métaphysique, la difficulté serait peut-être insoluble. Mais on sait le respect de Montan, de Maximilla et de Prisca pour la règle de foi. Leur scrupule d'orthodoxie, la réserve dont ils firent preuve en matière de spéculation, facilite en une certaine mesure notre tâche.

TParsex. 1994, Φ 6, 7: 99, 61, 62.

? Ce défaut est particulièrement sensible dans les chapitres de RENAN sur le Montanisme, Marc-Aurèle, Chap. XIII, XIV, XV.

3. Dans ŒHLER, Tertulliani quae supersunt omnia, III, 514-518.

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