‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 22 sur 339 · INTRODUCTION XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIII

Il suffit de relire les premières lignes du chapitre XVI pour s'expliquer la confusion. Venant de nommer avec honneur Apollinaire et de le détacher en avant de la pléiade d'écrivains distingués qui avaient combattu dans le même camp que lui, 1] est naturel de supposer qu’'Eusèbe lui emprunte aussitôt les morceaux qu'il va citer.

En fait, il n’en est rien. Eusèbe, après cette mention flatteuse a laissé de côté l’œuvre d’Apollinaire. Ce n’est pas chez lui qu'il puise. Les considérations que voici en fourniront la preuve.

19 Apollinaire avait écrit, — c'est Eusèbe qui nous l’apprend début même de l’hérésie montaniste, dans le premier feu des discussions soulevées par l’active propagande des novateurs Or l’auteur cité par Eusèbe déclare qu'il rédige sa réfutation environ quatorze ans après la mort de Maximilla ?. Contradiction inéluctable. — 20 Si l’on examine la manière dont Eusèbe introduit successivement les passages qu'il découpe, on s'aperçoit que pas une seule fois 1] n’articule le nom de leur auteur à. I1 le désigne, aux différentes articulations de son exposé d’une façon tout à fait impersonnelle, en dépit des équivoques que ce vague crée çà et là. Et quand, dans un chapitre suivant, 1] veut le mentionner à nouveau,

au

il se sert purement et simplement de l'expression ὃ πρότερος συγγραφεύς 3. Le moyen de croire qu'il π΄ εὐ pas été plus précis, plus explicite, s’il avait eu le moyen de l'être ? — 39 C’est donc que l'ouvrage qu'il avait entre les mains ne portait pas de nom d'auteur. Le cas était-il exceptionnel ? Je m'étonne qu'on oublie de faire état du témoignage d’Eusèbe lui-même. Il nous apprend vers la fin de son Ve livre 5 qu’à l’époque de l'avènement de Septime-Sévère, 1l y eut une floraison d'écrivains ecclésiastiques, dont les écrits s'étaient conservés. Parmi ceux qu'il a lus de ses yeux, 1l cite

LE QUIEN, Oriens Christianus, Paris, 1740, I, 833; C. J. HEFELE, Conciliengesch, Red, ΠΡ 5775). Ὁ. 087, cf rtrad- He: LECLERCO, 1, 1 127‘et 129, ποίει, BE: CUSELWYN: The Chrishan Prophets and the prophetic Apocalypse, London, 1900, p. 17, 34 ; GRAPIN, trad. de l’Hist. ecclés. dans la collection HEMMER-LEJAY (1911), II, p. 89 et 5. — 1: B. LiGHTFOOT, Comm. on the St. Paul Ep. to the Colossians, 1875, p. 56, ne revendique pour Apollinaire que le premier des livres cités par Eusèbe. Cette solution bâtarde n’en est pas une. Eusèbe cite, non pas trois ouvrages différents, mais un seul ouvrage divisé en trois livres, et qui a son unité.

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