XXII INTRODUCTION
B) Il n’y ἃ guère lieu de s'arrêter longtemps devant une autre attribution qu'on s'étonne que des critiques aussi perspicaces que Valois 1, Tillemont ? et Gallandi 5. aient préconisée : l’auteur de l'ouvrage ne serait autre, à leur gré, que cet Asterius Urbanus, auquel 1] est fait allusion H.E., V, xv1, 17 3. Contre-sens dont une traduction littérale fait apparaître aussitôt l'évidence : c’est l’Anonyme qui cite lui-même l'ouvrage d’Asterius Urbanus et qui en extrait, pour le réfuter, un des oracles qui s’y trouvaient réunis 5. Il n'y aurait doute que si l’on pouvait lier les mots ἐν τῷ αὐτῷ λόγῳ etc. à γράφει : Or la structure de la phrase ne le permet pas. On suppose, 1] est vrai, que les mots ἐν τῷ αὐτῷ λόγῳ τῷ χατὰ ᾿Αστέριον ᾿Ορβανόν seraient une glose marginale, due à Eusèbe ou à quelque ancien commentateur, puis introduite après coup dans le texte, et qui nous livrerait le nom cherché. ἃ cette hypothèse, la tradition manuscrite ne prête aucun appui.
C) Beaucoup plus compréhensible est l'opinion qui fait endosser à Apollinaire d'Hiérapolis la paternité de l’opuscule. Quand, au début du Ve siècle, Rufin transposa en latin, sur le conseil de Chromatius, évêque d'Aquilée, l'Histoire ecclésiastique d’'Eusèbe, c’est à Apollinaire qu'il attribua nommément les citations des chapitres xXvI et XvI1 6. Si faible que soit son autorité — car on sait avec quelle inexactitude 1] paraphrase le grec qu'il a sous les yeux —, le fait est à retenir. Le traducteur syriaque de l'Histoire ecclésiastique, dont la rédaction remonte à peu près à la même époque, a compris le texte comme Rufin 7. Nous voyons, au XIVE siècle, l'historien Nicéphore Calliste, lequel reproduit Eusèbe presque littéralement, prendre soin de préciser que c’est Apollinaire qui parle dans les fragments susdits $#. Cette identification a été admise par un certain nombre de critiques modernes jusqu'en ces tout derniers temps 9.
Dans PAG::2xXX, 2469:
Mémoires (1701), 11, 441-2.
Biblioth. uet. Patrum, XII, 273.
Sources, p. 74, 9 et 5.
Le ἐν τῷ αὐτῷ Àdyw prouve qu’Astérius avait été nommé antérieurement dans un ou plusieurs passages de l’anonyme, non transcrits par Eusèbe.
5 SCHWARTZ et MOMMSEN, IL, 1, 461 : « Interim, ut diximus, Apollinaris scribens aduersum hanc haeresim, etc.
7 Cf. E. NESTLE, die Kirchengesch. des Eusebius aus dem Syrischen übersetzt, TU: NF, VE,;2 (oo); pros.
HSE. AN, gum (PC CV τὴς
9 BARONIUS (rééd. THEINER, 1864) t. II, p. 349, ad annum, 173, n° 0-12;
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