‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 266 sur 339 · TILLEMONT, XIII · texte numérisé non relu

TILLEMONT, XIII

Ajoutez que ce qui a été dit dans la promesse du Paraclet exclut totalement l’hypothèse qu'il soit venu en Manès tant d'années après. Jean a déclaré en termes non équivoques que l'Esprit saint viendrait aussitôt après la Résurrection et l’Ascension.

« Car l'Esprit n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié. » Si la raison pour laquelle il n’était pas donné est que Jésus n'avait pas encore été olorifié, il n’est pas douteux qu'une fois Jésus glorifié, 1l y avait une raison pour qu'il fût donné aussitôt.

Les Cataphrygiens eux aussi ont dit qu'ils avaient reçu le Paraclet promis et c'est là qu'ils ont dévié de la foi catholique, en voulant interdire ce que ‘Paul permettait et condamner les secondes noces qu'il a autorisées. Ils s’appuyaient insidieusement sur les paroles, où il est écrit du Paraclet : « Il vous conduira lui-même à toute vérité »; comme si, n'est-ce pas, Paul et les autres apôtres n'avaient pas enseigné toute vérité et qu'ils eussent réservé une place au Paraclet des Cataphrygiens! C’est encore vers ce sens qu'ils ont tiré ce mot de Paul :

cum autem uenerit quod perfectum est, quod ex parte est euacuabitur »

4 Cor. τ 9-10), ut scilicet ex parte sciens et prophetans Aposto- « Quod uult faciat; non peccat si nubat » (1h14. vir, 36), et ideo perfectum Paracleti Phrygiae hoc euacuauerit. — Ad haec cum eis

lus dixerit

dictum fuerit, quod sint ecclesiae tanto ante promissae et toto orbe diffusae auctoritate damnati. respondent hinc etiam in se illud esse completum, quod de Paracleto dictum est, quod « mundus eum accipere non potest » (JEAN, χιν, 17).

SAINT AUGUSTIN

« Car nous ne savons qu'imparfaitement, nous ne prophétisons qu'imparfaitement. Mais lorsque sera venu ce qui est parfait, ce qui est imparfait sera aboli. » Ils supposent que l'Apôtre parlait en homme qui savait et prophétisait imparfaitement quand 11] ἃ dit :

« Qu'elle fasse ce qu’elle voudra, elle ne pèche point si elle se marie. » Et voilà pourquoi la perfecuüon du Paraclet de Phrygie a aboli cette tolérance. — Lorsqu'on leur répond qu ils ont été condamnés par l'autorité de l'Eglise qui a été promise longtemps auparavant et qui est répandue dans tout l'univers, ils répondent qu'en eux aussi s’est réalisé ce qui a été dit du Paraclet :

« Le monde ne peut le recevoir ».

141. — Ep. cxvi, 12, ad Dioscorum (GozpsacHer, dans CV, XXXIII, pars, II [1808], p. 676; P. L., xxxrn1, 438) 4101.

Sed circuli atque conuenticula partim fugacia, partim etiam audaciter prompta uel Donatistarum, uel Maximianensium, uel Manichaeorum uel etiam, ad quorum greges turbamque uenturus es, Arrianorum, Eunomianorum, Macedoniorum, Cataphrygarum caeterarumque pestium innumerabiliter perstrepant. Quorum omnium er-

rores si cognoscere piget, quid nobis

1 TiLLEMONT, XIII, 488.

Les cercles et les conventicules — les uns qui se dérobent, les autres qui s'étalent audacieusement — des Donatistes, des Maximianistes, des Manichéens, ou encore de ceux dont tu vas citer la foule turbulente, Ariens, Eunomiens, Macédoniens, Cataphrygiens et autres fléaux, font entendre leurs innombrables clameurs. Si cela nous ennuie de connaître les erreurs de tant

SAINT AUGUSTIN 187

est propter defensionem christianae religionis quaerere, quid senserit Anaximenes, et olim sopitas lites curiositate quorundam qui uoluerunt, ut

inani recoquere, cum

etiam haereticorum,

nomine christiano gloriari Marcionistarum et Sabellianorum multorumque praeterea iam dissentiones quaestionesque sileantur ? Tamen, si opus est ut dixi ueritati aduersantes praenoscere aliquas et pertractatas habere sententias, de haereticis potius qui se christianos uocant quam de Anaxagora et Democrito nobis

cogitandum fuit.

d’'hérétiques, quel besoin aurionsnous, pour défendre la religion chrétienne, de rechercher ce qu'a pensé Anaximène, de réchauffer par curiosité vaine des débats assoupis, alors que déjà le silence se fait sur les dissensions et les difficultés de certains hérétiques qui prétendaient se glorifier du nom de chrétiens, les Marcionistes par exemple et les Sabelliens ? Cependant, s'il est besoin, comme je l'ai dit, de connaître d'avance et d'approfondir les opinions hostiles à la vérité, c’est aux hérétiques qui s'intitulent chrétiens plutôt qu'à Anaxagoras et à Démocrite qu'il nous aurait fallu songer.

142. — Ep. ad lulianam uiduam de bono uiduitatis, 1v, 6 Cho dm EVE ER EIS ποῦ Ep. 300; ΡΟ, ΧΙ 459) 215:

Quapropter hoc primum oportet ut noueris, bono, quod elegisti, non damnari nuptias, sed inferius honorari. Nam sicut bonum sanctae uirginitatis, quod

secundas

elegit filia tua, non damnat unas nuptias tuas, sic nec uiduitas tua cuiusquam secundas. Hinc enim maxime Cataphrygarum ac Nouatianorum haereses tumuerunt, quas buccis sonantibus, non sapientibus etiam ‘Tertullianus inflauit, dum ecundas nuptias tanquam inlicitas

: TiLLEMONT, XIII, 630.

C’est pourquoi il y a une chose qu'il te faut savoir d’abord : c’est que le bien queé-tu as choisiine condamne pas les secondes noces, mais qu'il se les subordonne pour l'estime qu'on en doit avoir. De même que le bien de la sainte virginité, tel que ta fille l’a choisi, ne condamne pas le mariage unique par toi contracté ; de même ta viduité ne condamne le second mariage de qui que ce soit. C'est surtout cette question qui a pro-

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