XXVI. Cataphryges sunt, quorum
auctores fuerunt Montanus tanquam paraclitus, et duae prophetissae ipsius, Prisca et Maximilla.
His nomen prouincia Phrygia dedit, quia [0] ibique uixerunt : et etiam nunc in eisdem partibus populos habent. Aduen-
tum Spiritus sancti ἃ Domino
exstiterunt.
XXVI. Il y a les Cataphrvgiens, dont les instigateurs furent Montan qui passa pour le Paraclet, et ses deux prophétesses Prisca et Maximilla. C’est de la province de Phrvygie qu'ils tirent leur nom : c'est là qu'ils sont apparus et qu'ils ont vécu. Aujourd'hui encore, ils ont
des populations à eux dans ces
1 Voir plus haut, dans l’/ntroduction, la notice sur saint Augustin.
SAINT AUGUSTIN
promissum, in se potiusquam in apostolis fuisse asserunt redditum.
Secundas nuptias pro fornicationibus habent : et ideo dicunt eas permisisse apostolum Paulum, quia ex parte sciebat, et ex parte prophetabat : « Nondum enim uenerat quod perfectum est. ([ Cor., xin, 9-10.) » Hoc autem perfectum in Montanum et in eius prophetissas uenisse delirant. Sacramenta perhibentur habere funesta : nam de infantis anniculi sanguine, quem de toto eius corpore minutis punctionum uulneribus extorquent, qua-
si eucharistiam suam conficere per-
hibentur, miscentes eum farinae.
panemque inde facientes : qui puer si mortuus fuerit, habetur apud eos pro martyre; si autem uixerit, pro magno sacerdote.
XXVIT. Pepuziani, siue Quintilliani, a loco quodam nominati sunt, quem civitatem desertam dicit Epiphanius. Hanc autem isti divinum aliquid esse arbitrantes, Jerusalem vocant : tantum dantes mulieribus principatum, ut sacerdotio quoque apud eos honorentur.
Dicunt enim Quintillae et Priscillae in eadem ciuitate Pepuza Christum specie feminae reuelatum : unde ab hac Quintlliani etiam nuncupantur. Faciunt et ipsi de sanguine infantis, quod Cataphryges facere
supra diximus : nam et ab eis
mêmes contrées. [ls affirment que la venue de l'Esprit-Saint promise par le Seigneur s’est réalisée en eux plutôt que chez les apôtres. Ils considèrent le second mariage comme une fornication ; et ils déclarent que, si l’apôtre Paul l’a autorisé, c'est « qu'il ne savait qu’en partie, et ne prophétisait qu’en partie : car ce qui est parfait n'était pas encore venu ». Et ils ajoutent, dans leur folie, que ce « parfait » est venu dans Montan et ses prophétesses. On dit qu'ils ont des sacrements sinistres : ils confectionnent, assuret-on, leur eucharistie avec le sang d'un enfant d’un an, qu'ils extraient de tout son corps par une série de petites piqüres, puis mêlent à de la farine pour en faire du pain. Si l’enfant meurt, ils le traitent comme un martyr; s'il vit, comme un grand-prêtre.
XX VII. Les Pépuziens ou Quintilliens tirent leur nom d’un endroit qu'Epiphane appelle une ville déserte. [ls lui attribuent un caractère divin : aussi l’appellent-ils Jérusalem. [15 accordent aux femmes une telle prépondérance, qu'elles vont jusqu’à recevoir chez eux l’honneur du sacerdoce. Ils prétendent que le Christ s’est révélé à Quintilla et à Priscilla dans cette même ville de Pépuze sous la forme d'une femme :
d’où leur nom de Quintilliens. Ils font avec le sang d’un enfant 14 même opération rapportée ci-dessus
perhibentur exorti. Denique alii hanc Pepuzam non esse ciuitatem, sed uillam dicunt fuisse Montani et prophetissarum eius Priscae et Maximillae ; et quia ibi uixerunt, ideo meruisse
locum appellari
Jerusalem.
XXVIIT. Artotyritae sunt, quibus oblatio eorum hoc nomen dedit offerunt enim panem et caseum, dicentes a primis hominibus oblationes de fructibus terrae et ouium fuisse celebratas. Hos Pepuzianis iungit Epiphanius.
SAINT AUGUSTIN
à propos des Cataphrygiens, dont, à ce qu'on prétend, ils sont sortis.
Certains disent que cette Pépuze n'était pas une ville, mais le bourg de Montan et de ses prophétesses Prisca et Maximilla, et que c'est parce qu'ils y vécurent que le lieu mérita d'être appelé Jérusalem.
XXVIIT. Il y a les Artotyrites, à qui leur mode d’oblation ἃ valu leur nom. Ils offrent en effet du pain et du fromage sous prétexte que les premiers hommes faisaient leurs oblations avec les produits de la terre et des brebis. Epiphane les rattache aux Pépuziens.
145. — Zbid., ixxxvi (P. L., στ 47 ; Œaver, Corp. haeresol, 1, 220).
Non ergo ideo est Tertullianus factus haereticus: sed quia tran-
siens ad Cataphrygas, quos ante-
destruxerat, coepit etiam secundas nuptias contra apostolicam doctrinam (cf. [| Tzm.. 1v, 3) tanquam stupra damnare, et postmodum etiam ab ipsis diuisus, sua con-
uenticula propagauit.
Ce nest donc pas pour cela que Tlertullien est devenu hérétique. C’est parce que, passant aux Cataphrygiens qu'il avait auparavant affaiblis par ses coups, il se mit à condamner au même titre que l’adultère le second mariage, en dépit de la doctrine de l’Apôtre.
Bientôt après il se sépara d'eux, et propagea ses propres conventicules.
146. — Ep. cexxxvir, uenerabili fratri et coepiscopo Ceretio (GozpBacxer, dans CV, LVII !1911/}, p. 527 ; P. L., xxx, 1035). Date incertaine.
Nam quidam Manichaei canonicum librum, cuius titulus est Actus
Certains Manichéens rejettent le livre canonique qui est intitulé
1 Cf. Tizzemonr. XIII, 813. Pour les circonstances où cette lettre fut écrite, voir TizzeMoNT ; DCB, II, 447; Karz KüNSTLE, Antiprisciliana, Fr. i. B., 1905, p. 162.
UN
SAINT AUGUSTIN
Apostolorum repudiant. Timent
enim euidentissimam ueritatem, ubi apparet sanctus Spiritus missus, qui est a Domino [651 Christo in euangelica ueritate promissus.
Sub eius quippe Spiritus nomine, a quo penitus alieni sunt, indocta hominum corda decipiunt, mira caecitate adserentes eandem Domini promissionem in suo haeresiarcha Manichaeo esse completam.
Quod et illi haeretici faciunt, qui uocantur Cataphryges, dicentes per nescio quos insanos, Montanum scilicet et Priscillam, quos et proprios suos prophetas habent, uenisse Spiritum sanctum, quem Dominus
missurum se esse promisit.
Actes des Apôtres. Ils redoutent en effet la vérité si manifeste qui fait voir la venue du Saint-Esprit promise par le Christ dans l’authentique Évangile. Abusant du nom de l'Esprit, auquelils sont foncièrement étrangers, ils trompent les gens mal avertis et prétendent — étrange aveuglement — que cette promesse du Seigneur ἃ eu sa réalisation dans Manichée, leur hérésiarque. Telle est aussi la doctrine de ces hérétiques qu on appelle Cataphrygiens; ils disent que l'Esprit promis par le Seigneur est venu par je ne sais quels insensés, Montan et Priscilla, qu'ils tiennent pour leurs propres prophètes.
147. — Sermo ccrrt (P. L., xxxvitr, 1174). Hippone. Date incertaine.
haereses et ἘΠ ΠῚ τ 8 fretia quidem 1Π|1Δ per totum expanduntur : qui rumpunt autem, per loca rumpunt. Donatistae ruperunt in Africa, Ariani ruperunt in Ægypto, Photiniani ruperunt in Pannonia, Cataphryges ruperunt in Phrygia.
Disruptis retibus, schismata facta
Une fois les filets rompus, héré- 5165 et schismes se sont produits. ἃ dire vrai, ces filets s'étendent partout. Ceux qui les rompent, ne les rompent que par endroits. Les Donatistes les ont rompus en Afrique, les Ariens les ont rompus en Egypte, les Photiniens les ont rompus en Pannonie, les Cataphrygiens les ont rompus en Phrygie.