‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 53 sur 339 · INTRODUCTION EV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION EV

le silence de leurs prophéties depuis la mort de Maximilla. Le même argument et la même critique se retrouvent chez Épiphane 1. — 49 Maximilla avait annoncé qu'après sa mort surviendrait la œuvréhetx, la fin de tout. L’Anonyme fait remarquer que, depuis quatorze ans qu’elle est morte, la συντέλεια prédite est encore irréalisée. piphane reproduit l'observation : 1l se contente de l'adapter à son temps en changeant (par une chronologie d’ailleurs incompréhensible, si l’on conserve le texte des mss) le chiffre de quatorze en deux cent quatre-vingt-dix 3.

Ces analogies sont frappantes, étant donnée surtout la brièveté des fragments cités par Eusèbe * : Elles seraient décisives, s’il ne. fallait réserver l'hypothèse où les arguments de l’Anonyme auraient passé chez quelqu'hérésiologue occidental — Hippolyte, par exemple, dans son Περὶ χαρισμάτων--- à qui Épiphane ἃ pu les emprunter directement. Mais l'absence de toute allusion, chez Épiphane, aux controverses trinitaires auxquelles certains éléments montanistes se mêlèrent, soit à Rome, soit peut-être à Carthage, ne recommande pas cette conjecture. On voit, en tous cas, que le problème discuté par Épiphane aux ὃ ΠΙ-ΧΠῚ avait déjà été posé en Orient, dès les origines du Montanisme, — cela nous le savions déjà par Eusèbe, À. E., V, XVII, 1 — et sous une forme toute voisine de celle où Épiphane l’établissait lui-même dans la seconde moitié du

IVe siècle.

Il peut sembler paradoxal, en l'absence de toutes données précises sur la source d'Épiphane, de prétendre déterminer la méthode d’après laquelle 1l l’a reproduite. Voigt a pourtant consacré à cette enquête un long chapitre de son livre 4, et, parmi beaucoup d'observations contestables qu'il nous est loisible d'éliminer, 1] en a formulé quelques-unes qui reposent sur des intuitions justes et méritent d’être retenues.

Nous n'ignorons pas la manière dont, à son ordinaire, Épiphane

1 Sources, p. 77, 30 et 116-7.

2 Sources, p. 75, 9 et 117, 9.

3 L'objection principale que VoIGT soulève (p. 214) ne porte pas. Il prétend que tandis que l’Anonyme admettait la permanence du charisme prophétique dans l’Église (Eusèbe, V, xvit1, 2-4), la source d’Épiphane limite le charisme prophétique ἃ. l’époque apostolique. Il s’appuiesur Pan., XLVIII, 11 (Ὅτε γὰρ ἦν χρεία ἐν προφήταις etc.). Mais le $ 11 lui donne tort, car cette permanence y est affirmée. Il est probable que la réflexion du $ 111 appartient en propre à Épiphane, qui sent bien que son temps n’est plus celui de l’âge héroïque des charismes. |

suVersch: {ΠΥ 8. Ῥ. 115-207.

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