LVI INTRODUCTION
exploite les livres qu'il utilise. Il se trouve qu’au chapitre LVII du Panarion, il a suivi, pour réfuter l’hérésie de Noétos, la discussion d’Hippolyte sur le même sujet. Cette discussion, je l’ai dit plus haut 1, nous est parvenue sous un titre inexact : Ὁμιλία εἰς τὴν αἵρεσιν Νοήτου τινός ; elle représente, soit un fragment d’un traité spécial d’Hippolyte contre les Monarchiens, soit plus probablement la finale du Syntagma du même auteur. Quoi qu'il en soit, le contrôle des procédés de travail d’'Épiphane nous est rendu possible grâce à la survie de ce document. De la comparaison instituée entre les deux textes par Lipsius? et par Voigt3, il résulte qu'Épiphane suit de très près son modèle, sans pourtant le copier textuellement. Il tire parti de presque toutes les observations d'Hippolyte ; 11] reproduit, sauf quatre ou cinq, les citations scripturaires de celui-ci, et dans l’ordre même où Hippolyte les avait alléguées 4 Mais ce n’est pas un décalque servile. Il emprunte à sa source des mots, des expressions, non point des phrases entières. Quelquefois 11] abrège ; 1l laisse tomber certaines conceptions périmées ; il développe aussi, quand 1] y voit un intérêt d'ordre dogmatiquz:. C'est ainsi que les ὃ 111 à v dans Épiphane correspondent à huit lignes du ὃ 11 d'Hippolyte ὅ. Il ajoute enfin plusieurs versets bibliques, quelques réflexions, quelques injures $6.
Il y a de grandes chances pour qu’au chapitre XLVIIT, r1-xuu, 1l ait procédé à l'égard de sa source avec la même fidélité tempérée d’indépendance ; — une indépendance dont on ἃ pu voir dans quelles limites modestes elle se meut. Il serait imprudent d’entrer dans un trop minutieux détail. Cependant il est licite de considérer comme le bien propre d’Épiphane