‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 80 sur 339 · INTRODUCTION LXXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LXXXI

Dans un assez grand nombre de manuscrits, ce catalogue est contigu au de Praescriptione 1. 11] donne une caractéristique sommaire de trentedeux hérésies : la première est celle de Dosithée, la dernière, celle de Praxéas. J'ai dit le rapport que, depuis les travaux de Lipsius, on s'accorde à établir entre l’Aduersus omnes haereses et le Syntagma d'Hippolyte. De l’aveu commun, l’Aduersus omnes haereses est le « témoin » principal du Syntagma, soit qu’il y faille reconnaître la traduction d’un Épitome grec du Syntagma, soit plutôt qu'il représente une transposition latine, plus ou moins resserrée et condensée, du Syntagma lui-même. Au surplus, il est manifeste que le traducteur ne s’est pas contenté de reproduire son modèle : 1] s’est livré à certaines retouches dont on peut ressaisir la trace. C'est ainsi qu’en comparant son travail avec le Panarion d’'Épiphane et le Liber de Haeresibus de Philastre, on est amené à conclure que, sans changer le nombre total des hérésies énumérées dans le Syntagma, 1] ἃ modifié certaines rubriques pour insérer, par exemple, les noms de Blastus, du second Théodote, de Praxéas, de Victorinus 2.

C’est une question de savoir s’il n'aurait pas aménagé aussi à sa manière la notice qu’il consacre à l’hérésie phrygienne. Il nous apprend que la doctrine de ceux qu’on appelle « secundum Phrygas » (1] traduit évidemment la locution grecque « οἱ χατὰ Φρύγας χαλούμιενοι #») n'est pas une ;

1 On ne le rencontre pas dans l’Agobardinus. Il est lié sans titre spécial au de Praescriptione dans le Paterniacensis 439, 5. XI (du monastère de Payerne, sur le lac de Neuchâtel ; aujourd’hui à la bibliothèque de la ville de Schlettstadt [Bas-Rhin], et qui représente, d’après M. KROYMANN, avec le Montepessulanus, la plus ancienne branche de la seconde famille des manuscrits de Tertullien, — la première famille étant représentée par l’Agobardinus). Dans les manuscrits plus récents, spécialement dans les manuscrits de la tradition italienne (Florentinus Magliabechianus, Conu. soppr. VI, 9 5. XV, Florentinus Magliabechianus, Conu. sopp. VI, 10, s. XV, etc...) l’adu. omnes Haereses précède immédiatement le de Praescriptione. Les premiers éditeurs de Tertullien l’imprimèrent à la suite du de Praescriptione. Depuis RIGAULT, on l’en sépare : voy. ŒHLER, II, 751 ; KROYMANN, 213.

SNL (RC R. Ρ, 225, τ 12 οὶ ρ 220. 1" τὴ Cf.-Lirsius, Owellenkr. Epiph., DA 12-14% 29; HARNACE ΖΗ: 1874; D: 140:

3 Un peu plus bas (KR., p. 224, L. 15), il écrit « qui kata Proclum dicantur », sans même transposer χατά en secundum. — Dans les premières versions de la Bible, le titre des Évangiles apparaît parfois sous la forme cata Matthaeum, cata Lucam, etc. Cf. BURKITT, the old Latin and the Itala, dans les Texts and Studies, IV, 3 (1896), p. 12. Comp. Cyprien, Testim., I, 111, 12 ; 11, 1, cata Iohannem (Cod. M), 1bid., I, 10, in euangelio cata Matthaeum (tous les manuscrits, sauf À qui donne secundum), et plusieurs autres ex. Pareillement dans Ps.-Cyprien, De Monte Sina et Sion, I : in euangelio cata Iohannem, dans Philastre, saint Jérôme, Zénon de Vérone, Lucifer de Cagliari, etc.

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