XC INTRODUCTION
Je serais tenté de croire qu'il y a chez Hippolyte affectation de dédain plus encore que mésestime sincère 1. Il aura cédé à la manie habituelle aux hérésiographes, qui se faisaient un devoir de ravaler aussi bas que possible le niveau intellectuel des dissidents qu'ils combattaient, tant ils avaient peur de leur laisser une apparence de bon sens ou de bonne foi 3. Au fond 1] est plus inquiet qu'il ne l'avoue. Il ne peut se tenir d'observer que cette hérésie a fait du mal à bien des gens 3, 1] semble même promettre de la combattre plus à loisir dans un ouvrage spécial #4 Voilà qui décèle quelque tracas secret, au moins rétrospectif, et ces préoccupations hostiles ne cadrent guère avec l’apitoiement ironique dont 1] se donne les airs en d’autres endroits de sa notice.
1 Voir surtout sa conclusion, Sources, p. 58, 6 ets.
? Comp. ce qu'Hippolyte dit des Naasséniens, Philos., V, x; des Pérates, V, σύ: de Marcion, VII, xxIx. ᾿
3 Sources, p. 58, 1. Je ne vois guère que l’hérésie de Noétos à propos de laquelle il formule une remarque analogue (Philos., IX, vi).
4 P. 57, 30. Il paraît probable qu'il réalisa ce dessein dans son [Περὶ χαρισμάτων ἀποστολιχὴ παράδοσις : (peut-être convient-il de dédoubler en deux ouvrages distincts ce titre qui figure sur la statue d’'Hippolyte). Comment eût-il écrit sur les « charismes » à cette époque, sans que le problème montaniste se dressât devant lui ?