‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 90 sur 339 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les Sources de lhistoire du Montanisme au IV®: siècle

(à l'exclusion d’Eusèbe et d’Épiphane)

Dans la seconde moitié du IIIe siècle, 11 y a pénurie remarquable de documents sur le Montanisme. C’est d’ailleurs un fait connu qu'à cette époque l’Église d’Asie rentre dans l'ombre, d’où elle n’émergera qu’au siècle suivant. A part quelques renseignements intéressants que nous procure Firmilien de Césarée, et où se peint l’état d'esprit ecclésiastique à l'égard du Montanisme (n9S 62 et 64), nos données se réduisent à peu de chose.

Au IVe siècle, au contraire, la matière devient fort riche. Réconciliée avec l'empire, l’Église trouvait enfin le loisir de retracer les étapes de son passé et de cataloguer les hérésies qui avaient entravé ou qui gênaient encore son progrès. Le Montanisme eut sa place marquée dans les récits de ses historiens et dans les répertoires de ses hérésiographes. Déjà nous avons analysé les notices d’Eusèbe et d’'Épiphane : mais il en est d’autres encore qui nous fournissent des matériaux utiles et dont nous aurons à tirer parti.

Un passage des Catéchèses de Cyrille de Jérusalem nous montre le développement de ce qu’on pourrait appeler la « légende » de Montan (n° 75) : cent cinquante ans avaient suffi pour que le mystique prophète devint « un être d’impiété et d’inhumanité », une sorte d’ogre qui égorgeait les petits enfants, et dont Cyrille n’ose même pas articuler tout haut les autres infamies « par respect pour les femmes présentes » ! — Une série de témoignages nous font aussi connaître la rigueur des exigences de l’Église

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