‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 95 sur 339 · INTRODUCTION XCV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XCV

11 faut encore souligner et retenir le renseignement inclus dans le Commentaire sur l'Épître aux Galates au sujet de la persistance en Galatie de la secte cataphrygienne, des Passalorynchites, des Ascodrugites et des Artotyrites 1. On se demande, au premier regard, si Jérôme ne l'aurait pas emprunté au Panarion d'Épiphane (XLVIII, x1v,) où tous ces noms se trouvent groupés, — sauf celui des Artotyrites qui figure un peu plus loin (XLIX, 1) — et où la diffusion des Cataphrygiens en Galatie est justement signalée. Le Commentaire sur ΠΕΡ. aux Galates, ayant été composé vers 386, la chronologie ne s’opposerait pas à l'hypothèse d’un démarquage. D'autre part, saint Jérôme laisse entendre qu'il connaît personnellement les faits qu'il rapporte (Scit mecum qui uidit, etc.…). Or, il avait passé par la Galatie peu après 373 lors de son voyage d’Aquilée à Antioche 2. Il avait donc pu observer de uisu le pullulement des sectes dans cette contrée et noter le nom baroque de quelques-unes d’entre elles. Dès lors sa remarque ne fait pas double emploi avec celle d’Épiphane : elle la confirme, et justifie notre conclusion ?, d’après laquelle c’est bien l'état contemporain du Montanisme, entre 370 et 375, qu'Épiphane a décrit dans la dernière partie de son exposé.

Il est enfin une lettre où saint Jérôme nous livre didactiquement toute sa pensée sur le Montanisme, C’est l’Ép. ΧΕΙ adressée à Marcella, entre 382-385, pendant le séjour de Jérôme à Rome, à propos d’un incident qui est raconté au début et qui avait induit Marcella à consulter son pédagogue spirituel 4 Jérôme y détermine avec une précision quasi juridique les points où les montanistes s’écartent, selon lui, de la doctrine catholique. Ces points sont les suivants : a) L'interprétation des textes de l'Évangile de saint Jean où le Sauveur annonce qu’il enverra le Paraclet ; b) Leur sabellianisme ; c) l’assimilation des secondes noces à l’adultère ; d) le triple carême annuel obligatoire ; e) leur organisation hiérarchique où les évêques ne viennent qu'au troisième rang ; f) leur rigorisme en

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