‹ Les sources de l'histoire du Montanisme, textes grecs, latins, syriaquesChapitre 94 sur 339 · XCIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XCIV INTRODUCTION

seuls qu'il fournisse sont ceux qui concernent Tertullien dans ses rapports avec le Montanisme : au ὃ XL, il indique sommairement la contexture du traité sur l'Extase ; au ὃ XXIV, il donne un échantillon de la polémique de Tertullien dans ce traité. Enfin au ὃ Lin, il nous apprend que la défection de Tertuilien aurait été amenée par la jalousie et les outrages des clercs de l'Église romaine. Ce sont là des données de grand intérêt, et qu'on ne retrouve pas ailleurs.

Au surplus, saint Jérôme, en certaines parties de son œuvre, a envisagé le Montanisme d’un coup d'œil plus personnel qu’on ne serait disposé à le croire par ce qui vient d’être dit. ;

Il y ἃ un aspect du Montanisme auquel il a prêté une attention particulière : c’est le problème de la prophétie extatique. Jérôme a beau employer ici et là, dans ses traités d'exégèse, des formules qui semblent faire de l'inspiré l'instrument passif de l'Esprit 1: quand il examine théoriquement le problème de l'inspiration, 11 a grand soin de marquer que l’influx divin laisse au croyant sa pleine intelligence, sa pleine conscience 3. Ce point de vue, notons-le, était déjà celui d'Origène, dont Jérôme a 51 fortement subi l’action intellectuelle 3%. Il était donc prédisposé à traiter avec une particulière défaveur les idées montanistes sur l’obnubilation de l'intelligence du prophète. Il savait les discussions qu’elles avaient provoquées, les résistances qui, de très bonne heure, s'étaient affirmées du côté catholique ; il avait lu le de Ecstasi où Tertullien traitait ex professo la question. C’est donc en connaissance de cause qu'il prend parti et qu'à plusieurs reprises, il insiste avec ironie et dédain sur les invraisemblances de la thèse montaniste 4.

1 V. g. celle-ci (In Eph., v, 14 ; P. L., xXvV1, 525) « ….Apostolum Spiritu sancto plenum repente in uerba quae in se Christus loquebatur erupisse atque dixisse. Cf. In Ezechrel:}3x; 24 (PE; ξεν 101):

? Cf. LupwiG SCHADE, die Inspirationslehre des hl. Hieronymus, dars les Biblische Studien, XV, 4-5, p. 20 ; 22 et s., Fribourg-en-Brisgau, 1910.

8 Voir en particulier le Contra Celsum, VII, 111-1V (KŒTScHAU, dans CB, Origenes, t. IL, p. 156) ; le de Principiis, III, τν (KæTscHAU, dans CB, t. V, p. 261; P. G., x1, 317) ; in Ezech. Hom., VI, τ (P.G., XII, 709). — GRÜTZMACHER, Hieronymus, II, 115, va jusqu’à dire (mais avec une exagération manifeste) « Ueberall wo Hieronymus gegen Marcion, Tatian und die Montanisten polemisiert, kônnen wir mit Sicherheit auf Benutzung des Origenes schliessen, da Hieronymus nur aus dieser Quelle etwas über die alten Häretiker weiss. » De même, II, 257.

# V. g. nos 115 ; 124 ; 125 ; 132 ; 133.

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