‹ Les Sources de la Virulence RabiqueChapitre 41 sur 53 · BEM · texte numérisé non relu

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Années

Pour nous en tenir à la rage, celle-ci, après avoir accusé une recrudescence très nette dans les années qui suivirent la guerre, est à présent en décroissance dans la plupart de nos départements.

. Alors que les cas signalés en France en 1913 étaient de 1795, l’on n’observe plus que 1578 cas en 1925, 1251 cas en 1926. Or, 3285 cas avaient été constatés en 1917 et 4.541 en 1919.

Toutefois il est à craindre que les suppressions — que nous voulons croire heureusement temporaires -— de nombreux postes de Directeurs départementaux, suppressions prononcées dans un but d'économies que nous estimons mal comprises, n'aient pour conséquence un nouveau développement des maladies contagieuses de nos animaux domestiques et singulièrement de la rage, dans plusieurs régions.

Mais en dehors de cette considération d'ordre particulier, il est une raison profonde pour laquelle jamais jusqu'alors en France la prophylaxie de la rage n’a pu donner les résultats admirables par lesquels elle s’est signalée dans un grand nombre de contrées étrangères.

C’est que, dans la très grande majorité des cas, la loi confie aux seuls magistrats municipaux le soin d’édicter les prescriptions nécessaires lors de l’apparition d’un cas de rage dans leur commune.

Or, dans notre pays de France où, comme nous l’avons écrit ailleurs, la liberté trop souvent s'apparente à la licence et où le sentiment très développé des droits de l'individu obscurcit singulièrement la notion des devoirs envers la collectivité, il apparaît bien, ainsi que le dit de son côté Cruveilhier, que le public ne prête, en aucune façon, son concours aux efforts faits par les municipalités pour se libérer de la rage.

Les arrêtés des maires sont inopérants, de sorte que trop de ces magistrats, sentant leur impuissance, se découragent et ne prennent pas les mesures les plus indispensables.

L'on ne peut de plus demander aux 36.000 maires de France, volontaires pour des fonctions où il n’y a guère que des désagréments à récolter, qu'ils possèdent sur les nécessités de l'hygiène moderne de suffisantes clartés. Ainsi que l’affirmait, il y a quelques années, avec compétence, un ancien Directeur de l'hygiène et de l'assistance publique, M. Mirman, pour que les maires puissent dresser contre l'ignorance ou l'inertie hostile de leurs administrés une autorité assez ferme, il faudrait en vérité que les hommes cessent brusquement d’être des hommes et il était certain d'avance que les pouvoirs dont la loi les laissait investis en matière d'hygiène resteraient sans emploi.

À dire vrai, el lors d’épizooties envahissantes comme celle qui a sévi en Côte-d'Or, les Préfets interviennent, prenant des dispositions

d'ordre général pouvant intéresser leur département tout entier.

Mais il n’en est pas moins que l'observation de la réglementation prescrite incombe pour la plus grande part aux maires qui trop souvent n’y atlachent pas toute l'attention qu'elle réclame, de même que c’est à eux seuls que se trouve confié le soin d’ordonner le respect des obligations prévues par la loi sanitaire lors de l'apparition d’un premier cas de la maladie sur le territoire de leur commune.

I importerait, dans tous les cas sans aucune exception, pour que puisse être engagée en France avec le maximum de chances de succès la lutte contre la rage, de retirer aux maires, quelqu’animés qu’ils puissent être pour beaucoup de bonne volonté et de dévouement, tout souci d'intervention en cette matière et de confier aux seuls Préfets le soin de prendre les arrêtés convenables.

Ainsi notre pays profiterait-il enfin de l'expérience acquise et pourrait-on espérer, la ‘vaccination des chiens étant par ailleurs généralisée, arriver à l'éradication pratiquement complète de la maladie.

En résumé, en dépit de faits d’observation indéniables attestant que diverses espèces d'animaux sauvages (loups, chacals, renards, etc...) ont été les sources même de plusieurs épizooties rabiques, il n'est pas contestable que dans nos régions de l’Europe occidentale, le chien est à peu près le seul propagateur réellement efficient de la rage.

Si certaines mesures sanitaires appropriées sont appliquées comme il faut, elles doivent suffire, dans l’immense majorité des cas, à obtenir la disparition quasi totale des foyers d'infection.

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