CONCLUSIONS
Tout fait comporte en soi un enseignement.
Envisageons donc, en terminant, les leçons qui se dégagent des événements dont nous avons été le témoin en Bourgogne et que nous nous sommes essayé à décrire.
1° Bien que la rage n'ait pas été signalée, croyons-nous, jusqu’à présent en France sur les renards et les blaireaux, ces animaux sauvages, ainsi qu’on le pouvait penser, sont à même, dans nos régions, de la contracter dans les conditions naturelles.
Il est tout à fait vraisemblable qu’en de nombreuses circonstances’ des cas isolés ou des épizooties de rage sur ces espèces se sont mani” festés dans nos pays qui sont demeurés ignorés parce que n'ayant donné lieu à aucune communication ni compte rendu scientifiques. Ainsi aurait pu rester relativement inconnu le cas de rage du blaireau constaté en 1923 à Saint-Broingt-la-Fosse, encore qu'ayant fait l’objet d’une relation circonstanciée du vétérinaire sanitaire et ayant été brièvement mentionnée dans son rapport annuel par notre collègue M. Lominet, alors Directeur des Services vétérinaires de la Haute-Marne.
Il n’y a, au surplus, aucune raison pour que les renards, blaireaux ou autres bêtes puantes peuplant nos forêts ne soient pas sensibles à une maladie si fréquemment observée en d’autres contrées européennes sur leurs congénères.
Et il.convient de considérer qu’en France, comme ailleurs, le renard et le blaireau non seulement peuvent être victimes de la rage parce que contaminés par d’autres animaux domestiques ou sauvages, mais encore sont capables de se révéler des propagateurs extrêmement actifs et dangereux de cette affection |
20 Les prescriptions de la police sanitaire appliquées jusqu’à présent à certains carnivores (chiens et chats) ou herbivores (bovidés,
équidés, porcins et caprins) peuvent donc, dans quelques cas, ne pas être suffisantes pour s'opposer avec toutes chances de succès à l'extension de la rage ou à sa réapparition dans des régions indemnes.
Aux dispositions mises en œuvre pour empêcher la divagation des chiens devrait s'ajouter, dans nos départements forestiers particulièrement, la mise en pratique systématique et périodique de procédés de destruction des animaux nuisibles, dont les repaires sont établis au couvert des futaies, des taillis ou des bois.
39 Mais pour que les règlements sanitaires prévus par la législation puissent être édictés en temps utile et se trouver respectés ainsi qu’il est désirable, il apparaît absolument essentiel d'enlever aux magistrats municipaux trop souvent circonspects et parfois regrettablement défaillants, tout pouvoir d'intervention à ce sujet.
Les Préfets seuls, moins sensibles à l’action des influences locales, encore que sollicités trop souvent et de manièrepressante, devraient avoir qualité pour prendre toute décision.
49 Il y aurait lieu de compléter la loi du 21 juin 1898 par le vote de pénalités de nature à assurer le respect de son texte, transgressé aujourd’hui presque impunément. Des sanctions sévères devraient Sans exception frapper impitoyablement les non déclarants.
Car en matière de maladie contagieuse, ce sont ceux-ci qui, en laissant ignorer le plus souvent sciemment l'existence d’un foyer d'infection, empêchent l’exacte exécution de la loi dans le moment précis où son influence salutaire serait susceptible de s'exercer le plus efficacement. Ainsi concourent-ils sûrement à l’aggravation de la situation, commettant à l’égard de la collectivité une faute très lourde qui reste actuellement presque toujours impunie.
Nous avons vu que des enzooties de rage se sont déclarées sur des animaux d'espèce bovine, enzooties dont la gravité aurait pu être sensiblement atténuée, ainsi que les pertes en résultant, si les déclarations de suspicion de rage des chiens infectants avaient été faites au moment opportun, les propriétaires intéressés n’ayant nullement méconnu l’état alarmant de leurs animaux et n’avant plaidé ensuite l'ignorance que pour mieux échapper aur rigueurs d’une juste sanc- Lion.
Nous sommes convaincu que toutes ces mesures, imposées avec ensemble et méthode, seraient de nature à diminuer considérable-
Te
COMMENT LES TARIRŸ AUOT
ment les dommages causés par les épizooties dévastatrices qui éprouvent parfois notre élevage.
Elles permettraient en tout cas, singulièrement, d'arriver assez
rapidement, malgré la grande étendue de nos frontières terrestres
et les difficultés de son exacte surveillance, à l'éradication presque absolue de ce redoutable fléau qu'est la rage, par la suppression
quasi totale, sur notre territoire, des sources les plus diverses de la virulence rabique.
LU
Vu : Le Doyen, Vu : Le Président, H. ROGER. A. LEMIERRE.