ACTION DES AGENTS MICROBIENS
Depuis que les propriétés antitoxiques de Bacillus subtilis ont été mises en évidence par Metchnikoff, l’on a étudié l’action des filtrats de ses cultures sur un certain nombre de bactéries (pneumocoque) ou de protozoaires (spirochæta Duttoni).
A. C. Marie considérant que quelques produits tels que la saponine et la bile exercent un semblable pouvoir microbicide sur le pneumocoque, divers protozoaires et le virus rabique a été amené à étudier l’action sur ce dernier des enzymes élaborés dans les cultures de Bacillus subtilis.
Il constate que si l'on expose pendant quelques heures à 38° un
mélange, à parties égales, d’une émulsion centésimale de virus fixe, filtrée sur papier et de culture de Bacillus subtilis ou de son filtrat, on trouve que ce mélange injecté dans le cerveau ne donne pas la rage.
Si, après une semblable exposition à 380, l’on chauffe au-dessus de 1000 un mélange à parties égales de la même émulsion rabique et du même filtrat, l’on constate que celui-ci a conservé, au contraire, ses propriétés infectantes.
Toutefois, l’auteur a observé que,dans un petit nombre de cas, de tels mélanges n'avaient pas perdu tout pouvoir pathogène. Marie a remarqué en outre que si l’on substituait au virus fixe un virus des rues, l’on voyait la rage éclater chez un dixième environ des animaux cependant que les témoins prenaient tous la maladie dans les délais normaux.
ÆEn terminant cet exposé de l'influence des agents physiques, mécaniques, chimiques et biologiques sur le virus rabique, nous ne nous .dissimulons pas combien il a pu sembler peut-être monotone et paraître par moments décousu. C'est que l’étude des modes d'action de ces agents a donné lieu à des recherches multiples aux résultats souvent déconcertants, parfois contradictoires, du fait des pro-
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LE VIRUS RABIQUE ÿ
cédés différents ou de la valeur inégale des techniques employées par les expérimentateurs.
I est bien certain par ailleurs que l’énumération des réactions diverses du virus de la rage aux nombreuses substances avec lesquelles on peut expérimentalement le mettre en contact n'aurait qu'un intérêt purement scientifique, si l'examen même de ces phénomènes n'avait pas permis aux savants qui les avaient provoqués l'institution de méthodes d'atténuation du virus susceptibles d’être appliquées à la vaccination préventive de l’homme et des animaux contre une maladie redoutable entre toutes. ‘
Tous les procédés de prévention de la rage sont issus des travaux poursuivis de la sorte. L'atténuation du virus par l’action simultanée de la température, de l'air et de la dessication constitue la base de la méthode pastorienne proprement dite ; la méthode d'Hôügyes se fonde sur son atténuation par dilution ; la méthode de Puscariu sur son affaiblissement par la chaleur ; les vaccins de Remlinger, d'Umeno et Doi, de Plantureux n'auraient pas reçu la consécration de la pratique si, dans le silence des laboratoires, ces chercheurs n'avaient pas éprouvé patiemment comment, à l'égard de l’éther éthylique, du phénol, du formol pouvait se comporter le virus rabique !
C'est la raison pour laquelle l'étude de l’action des divers agents extérieurs sur Ce virus demandait à être ‘traitée avec quelques détails qui ne sauraient sembler superflus. Elle est de plus indispensable si l’on veut envisager ce que peut être le virus rabique et les théories auxquelles sa nature a donné lieu.