A kilt of grass. — Le kilt est le jupon des Écossais
2. Cétait une attaque pareille à celle que j*avais subie lors de ma première expédition. Mais, tandis que j'en avais été quitte au bout d'un an, celle du capitaine reparut toutes les quinzaines jusqu'à la fin du voyage.
3. C'est ainsi que le voyageur appelle la première chaîne des montagnes qu courent parallèlement à la côte orientale.
L'OUSAGARA
pousse à la paresse, trouvent que nous allons trop vite et se refusent à marcher. Le raisonnement n'a pas de prise sur eux, et je répugne à user du bâton, ainsi que font les Arabes en pareille circonstance. Je me borne donc à partir avec les mules et les gens de la côte, laissant au sheik Saïd et à Baraka le soin de m*amener, dès qu'ils le pourront, mes rebelles Vouanyamouézi.
23 octobre, Zoungoméro, — Situé sous le ?• 26' 5" de latitude sud et le 37 • 36' 45" de longitude est, Zoungoméro est entouré d'un charmant amphithéâtre de montagnes. Le pays, coupé par la Mgéta, est d'une fertilité admirable, mais la traite l'a dépeuplé peu à peu et changé en jungles ses jardins florissants. Les
Le mont Mkambakoa, vu de Zoangoméro.
Vouasouahili ravagent la contrée, et nous voyons justement défiler un de leurs convois qui se dirige vers la côte avec cent têtes de bétail, une cinquantaine de chèvres, et autant d'esclaves enchaînés. Baraka devient de plus en plus incommode, et Bombay, dont les instances nous avaient déterminés à le prendre avec nous, vient me déclarer, dans un état d'extrême agitation, qu'il lui est impossible de supporter plus longtemps les mauvais procédés et les calomnies de son collègue. Celui-ci, sommé de s'expliquer, répond avec une douceur perfide, qui me fait croire à des torts partagés. A force de bonnes paroles, je parviens à calmer ce différend, et le 27 nous nous remettons en route. 28 ociohre/hdlie h Kirengoué. — Durant la marche d'hier, trois
de nos porteurs, laissant leurs fardeaux à terre, ont gagné pays; une de nos meilleures mules est morte après dix-huit heures de souffrances. Nous comptions trouver à nous approvisionner ici, mais les chasseurs d'esclaves y ont mis bon ordre : le village est absolument désert. Il faut envoyer faire emplette de grains dans la région que nous venons de quitter. Ce sont trois jours de perdus : heureusement le pays est pittoresque et contraste, sous ce rapport, avec ce que nous avons vu depuis notre départ de la côte.
Du 30 octobre au 5 novembre. — J'ai rencontré, près du vieux ^illage de Mbouiga, un ami de notre petit sheik, entre les mains duquel j'ai consigné trois de nos Hottentots des plus malades,
— une de nos mules sur laquelle ils pourront monter tour à tour, —et enfin tous les échantillons recueillis depuis mon dernier envoi. Je me prive aussi, quoique à regret, de la chambre photographique. Si je laissais mon compagnon se livrer à ce travail, la chaleur qu'il aurait à supporter dans la petite tente où il prépare et fixe ses planches, finirait par le tuer infailliblement.
— Un voyageur arabe m'apprend que le district Maroro a été complètement dévasté par les maraudeurs Vouahihis. Cette nouvelle me force à modifier nos plans et à prendre une route nouvelle pour gagner TOugogi ; la famine sévit sur le chemin que nous voulions suivre.
6 et 7 novembre, Mouhanda et M'yombo. — Les habitants de Mouhanda se dispersent à notre première apparition ; nous parvenons cependant à leur acheter quelques provisions, mais à des prix fous. Nos hommes^ envoyés en fourrageurs, ont ordre de ne rien exiger. Cette modération rassure si bien nos villageois , que maintenant ils nous menacent d'une attaque nocturne, « ayant reconnu en nous, disent-ils, Tintention de piller leurs maisons et d'emmener leurs enfents. » Ces propos jettent l'alarme dans le camp, où beaucoup de gens passent la nuit sous les armes.
8, 9, 10 et 11 novembre, Mhoumi, — Joli village, au pied d'un groupe de montagnes escarpées ; c'est le dernier, nous dit-on, où nous pourrons nous procui^er les approvisionnements nécessaires pour les dix journées de marche de TOugogo (cent quarante milles de distance). Le chef de l'endroit se montre d'une affabilité rare ; de fréquents voyages à Zanzibar lui ont appris à
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connaître les Anglais ; il les sait ennemis de Fesclavage auquel il ne s*est lui-même soustrait qu*en abandonnant sa résidence primitive, sur les bords de la Moukondokoua. Un de nos HottentotSy qui s'est obstiné à dormir au grand soleil, paye de sa vie cette imprudence fataliste. Aucun de ses camarades ne parait surpris qu'il ait ainsi bravé un trépas à peu près certain. « Il est mort, disent-ils, parce qu'il a voulu mourir ; » et ils ne s'en étonnent pas autrement. Cette catastrophe m'aurait décidé à les renvoyer tous, mais comme il n'en est pas un qui ne préfère suivre ma fortune, je choisis seulement deux des plus malades
Bougou, calebassier de l'Ousagara.
qui resteront à Mboumi, sous les ordres de Tabib *, jusqu'au moment où il se présentera une occasion de les diriger vers la côte. Avant notre départ, une quarantaine de Vouaquiva (tribu voisine) arrivent, pressés par la faim, pour acheter des aliments. Notre hôte — ayant à venger la mort de quelques-uns des siend tués naguère parles Vouaquiva, — s'empare de ces malheureux, hommes ou femmes, indifféremment, et déclare qu'il les enverra vendre à Zanzibar, s'ils ne peuvent motiver les meurtres commis à son détriment.