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LE KARAGOUÊ. — L'OUGANDA. 257
vant moi et me supplia de ne pas me compromettre par une démarche précipitée. — « Le roi ne comprenait pas encore ce que je pouvais être, et pour le moment demeurait inabordable. Je devais donc, écoutant sa prière, me contenter provisoirement de ce qui m'était offert; plus tard, sans aucun doute, le roi, mieux informé, satisferait à mon désir, bien que nul étranger n'ait encore été admis à résider dans la royale enceinte. »
Je cédai aux supplications de ce brave homme et fis nettoyer ma hutte à grand renfort de torches qu'on promenait sur le sol, attendu que, dans ces régions caniculaires, les habitations sont toutes plus ou moins infectées de ces petits insectes sauteurs que les Russes qualifient de « hussards noirs. » Une fois que j'y fus installé, les pages de la maison royale vijirent au galop me rendre visite, et me dire de la part du roi que, « désolé de n'avoir pu me recevoir à cause de la pluie, il me verrait dès le lendemain avec la joie la plus vive. »
Toute l'ambassade de Souwarora vint s'installer un peu plus tard dans une réunion de huttes voisine de celles que j'occupais, et dans le courant de la nuit, ne s'inquiétant guère de troubler mon sommeil, Irungou entra chez moi, suivi de ses femmes, pour me demander des verroteries.
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Toilette des Vouaganda. — Le cortège. — Déboire inattendu. — La traversée du harem. — Je bats en retraite. — Désespoir des Vouakoungou. — Première audience. — Le parasol merveilleux. — Le pas du lion. — Le N'yanzig et ses rigueurs. — Calomnies inutiles. — Un tabouret à la cour. — Un bourreau de douze ans. — Tours et détours diplomatiques. — Coup de tête bien réussi. — Bons effets d'un vésicatoiresur notre voyage. — Visite à la Reine-mère. — Les mauvais rêves d'une veuve. — Coquetteries sans conséquence. — La médecine avec le médecin. — Nouvelle négociation. — Journée de plaisir. — L'auge à courtisans. — Escarmouche galante. — Trahison et méfiances. — Brigand malgré moi. — Ma pénitence. — Le Roi s'amuse.
20 février. — Le roim'ayant fait prévenir qu'il tiendrait aujour- 'Thui un lever en mon honneur, je préparai une toilette de circonstance ; mais je dois avouer qu'elle faisait une assez pauvre figure quand on la comparait à celle des Vouaganda, toujours recherchés dans leur parure. Par-dessus leur premier manteau d'écorce, — dont Tétoffe rappelle nos plus fins croisés de laine jaune et se maintient comme si elle était légèrement empesée, — ils portent, en guise de surtout, un second manteau de peaux d'antilope cousues ensemble avec une habileté dont nos meilleurs gantiers pourraient être jaloux. Leurs turbans, ou plutôt leurs couronnes, généralement en tiges d'abrus* tressées, sont décorés de défenses de sanglier polies avec soin, de baguettes à talismans, de graines colorées, de verroteries ou de coquillages. Ils ont au