‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 102 sur 362 · AOUT I · texte numérisé non relu

AOUT I

Hafi

LETTRE DE DUTIEZ ' A ISAAC DE RAZILLY

\'an Licherrjhrn a reçu de I^e Gendre l'ordre de remettre à Dutiez et à chacun des Pères capucins la somme de ^00 Hures. — Dutiez a tiré sur RazilN une lettre de chanije. — Détresse des rjens de l'écjuipac/e qui

attendent avec imjxitienre le retour de Jiazillv.

nkccli.

)ùt iG'iC)

Siisrrij)tion : A monsieur, monsieur le chevalycr de Razilly et, eu son ahsence, à monsieur de Launay son frère " la part où il sera.

Monsieur,

J'ay reçu lettres de monsieur Lejendre ' par lesquelles il donne charge au sieur Libergue ', marchand à Saffy, de me délivrer ycy à

I . Ce personnage qui n*a pas été identifié devait faire partie de l'escorte de Razilly ; il avait été arrêté et retenu en captivité avec celle-ci lorscpie le Chevalier était allé à terre.

3. Claude de Razilly, chevalier de l'ordre du Roi, seigneur de Launay, Fontenay, etc., cinquième iils de François de Razillv et de Catherine de \illicrs, né en décembre iSgS, mort le 2 2 mai i654. Il ser\'it sur mer et fut nommé successivement capitaine entretenu de l'un des vaisseaux du Roi, lieutenant-général au gouvernement de Brouage et commandant des îles et fort d'Oléron (iGa'y), premier chef d'escadre des vaisseaux du Roi , vice-amiral de ses armées navales (iGS^) et ambassadeur en .\ngleterre. Il ajouta à son nom celui de Launay, provenant d'une

terre qu'il avait achetée, pour se distinguer de son frère Isaac, marin comme lui. Ce fut lui qui le premier signa RasiUv, écrivant son nom avec une s. Il devint le chef de sa maison par la mort de son neveu décédé sans enfants. Cf. Généalogie Basitty , pp. 279,

3. Lejendre, Le Gendre. Surette famille d'armateurs de Rouen, V. supra. Introduction, notice biographique.

4. Libergue. Abraham van Libergen, commerçant néerlandais établi au Maroc, était en relations d'affaire avec la maison Le Gendre de Rouen et il semble même avoir habité cette dernière ville. Cf. t" Série, Pays-Bas, t. III, Journal de Ruyl (1628-1624) et infra, Doc. CXXIX, Relation de Thomas Le Gendre, p. 716.

LETTRE D1-; DLTIEZ A ISAAC IIE BAZILLY

Maroq et aux reverendz Pères capucins, chacun la somme de ^oo livres pour subvenir à nos nécessités qui ne sont pas petittes, comme vous auront pu cscripre nos dicts reverendz Pères. Je croy que c est par vostre commandement qu'a faict ledict sieur Lcjendre, à qui nous avons mille obligations ; ce qui me faict vous prier trèshumblement de m'excuser sy j'ay prinsla hardiesse de tirer /ioo livres en change sur vous, que je vous prye avec toutte mon affection faire paicr audict sieur Lejendre. Jamays service n'est venu plus à propos que celuy-là ; et vous puis dire avec veritté que la necessitté est sy grande parmy ceulx qui sont restés à terre de vostre esquippage qui vont demandyer leur pain chaque jour el d aller travailler au Mont-Serra', où les coups de baslon ne leur manque point; et n'csloient quelques vielx esclaves francès qui sont en la sezalnne" qui nous ont assistés, la pluspart seroient mors de fain et de pauvrette, y ayant plus de dix-huict mois ' que le Roy nous a retranchés ce qui nous avoit ordonné pour nostrc vivre, et nous laisse entre quattre murailles sans aucun secours venant de luy, avec quantité de Mores pour nous garder jusqu'à vostre retour, que noussouheltons avecq

i. Mont-Serra, transcription défectueuse

de El-Meserra e ■....«.'l . LeMeserraclaitun

immense verjjer créé par l'émir alnioliade Abdel-Moumen (i i.3o-i i03) ; il était comptante d'oliviers, d'orangers et autres arbres fruitiers et était arrosé parles eaux de l'oued Ourika dérivées à partir de Aglimat, ainsi que par un grand nombre de puits. Son emplacement devait correspondre au jardin actuel de Agiiedal (V. carte F. UE Roque- VAIRE, plan de Merrakech). Les eaux de l'oued Ourika, réunies dans un vaste bassin, arrosaient un premier jardin appelé « le Petit Mescrra », avant de passer dans le grand vergerdcEl-Mcscrra. La fertilité du vf^rgcr de El-Meserra était si grande qu'en 1 1/|8 il rapporta 3o noo dinars, « et pourtant, ajoute le chronitjueur arabe, les fruits à cette époque se vendaient bon marché à Merrakech ». Ce magnifique jardin fut sans doute laissé a l'abandon sous les IJcaii Merin. Le chérif Moiilay Ahmed el-Mansour entre- Un Castries.

])rit de le restaurer et d'en faire une merveille digne du palais de El-Bedi. Ce fut probablement lui qui construisit le pavillon mauresque situé au centre des jardins et connu aujourd'hui sous le nom de Dar cllîeida. Le kiosque de El-Meserra était le lieu de retraite préféré des chérifs et Moulay Ahmed el-Maiisoiir a chanté lui-même dans SOS poésies les charmes de ce séjour. L'entretien journalier des jardins était fait par les esclaves chrétiens. Sur El-Meserra, V. El-Oufràm, pp. igi, 192, 280, 3o4 et /407 ; infrn, p. 429, note 5 ; p. 727, note i ; et les anciens plans et vues de Merrakech apiid : Dappek, Hôst, Ali Bey, Washington et spécialement la vue De sladt Marocco (l'I. 27), dans l'exemplaire de l'atlas de Hlaeu conservé à la Unis, unil Kiin. lIoJ'-BibliuUtck à Vienne.

2. Sczainne. scdjène, •p=»-, prison. Sur la prison des Chrétiens à Merrakech, V. infra, p. iGâ,nole i.

Page 1