‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 12 sur 362 · Cf. Bibl. N'ai. Pièces oriijmales · texte numérisé non relu

Cf. Bibl. N'ai. Pièces oriijmales

Vol. 172^, cote /^nogG, n° 12. — L'abbé Goujel rapporte q\ie .\. de Lisle prononça

De Castries.

à son retour un discours (Insulani lingux arables: professoris rcgii post reditum ex Afriea oratio)o\\ il donnait de grands détails sur SCS voyages ("V. Goujet, Mém. hislor. sur le Collège Royal de France, p. g3). Ce discours n'a jamais existé et l'alibé Goujet semble avoir confondu en la circonstance le retour de Arnoult de Lisle avec celui de Etienne Hubert, qui, effectivement prononça un discours où il racontait son voyage au Maroc, V. infra, p. xxiii.

G. Scaliger essaya d'entrer en relations avec A. de Lisle, mais ne put y parvenir.

Cf. JOSEPHI SCALIGERI epistolx, |)p. 696-

697, lettre à Etienne Hubert datée de Leyde, 4 des ides de Mars 1608. On ne trouve aucune autre mention de lui dans la correspondance de cet orientaliste qui par contre se mon(re prodigue d'éloges pour le mérite d'Etienne Hubert, V. infra, p. XXIV. — Casaubon paraît ne pas avoir appréciédavanlagela science de A. de Lisle.

XVIII INTRODUCTION

Il semblait d'ailleurs assez qualifié pour tenir cet emploi, étant « homme meslé et adroit, de robbe et d'espée, de conseil et d'efiect, voyageur par mer et par terre et un vrai Ulysse chrétien, politique, vaillant, sage, sçavant et éloquent' ».

C'est dans cette nouvelle voie qu'il dirigea ses efforts pendant son séjour à Paris. Depuis son départ du Maroc, la situation politique de ce pays avait bien changé : Moulay Ahmed el-Mansour était mort le 19 août t6o3 ; des luttes fratricides avaient éclaté entre les divers prétendants, et Philippe III, exploitant leurs compétitions, cherchait à reprendre les anciennes négociations entamées entre son père et Moulay Abd el-Malek en vue d'obtenir la cession de Larache. Henri IV, sans conférer à A. de Lisle le titre d'ambassadeur qu'il sollicitait, jugea utile de l'envoyer au Maroc avec la mission de traverser les desseins de l'Espagne", en se concertant avec le représentant des Provinces-Unies auprès du Chérif ^. C'est pourquoi A. de Lisle fit prévenir de son départies Etats-Généraux par l'intermédiaire du prince D. Emmanuel*.

« L'Ulysse chrétien » dut quitter Paris en septembre i6o5, mais, empêché par des vents contraires, il ne put s'embarquer qu'au commencement de janvier 1606 °. Une traversée favorable de quinze jours l'amena à Safi le 20 janvier". Le fastueux aventurier Sir Anthony Sherley ' se trouvait dans cette ville, attendant un convoi et une escorte pour se rendre h Merrakech. Comme Sherley, envoyé en ambassade par l'Empereur, avait, à son passage à Cadix, accepté une mission secrète de PhiHppo III", l'agent de Henri IV s'attacha à pénétrer les projets de ce magnifique personnage. La chose lui fut facile, grâce à ses intelligences avec Lella Safia. la sœur de Moulay Zidân. On voit par une lettre de A. de Lisle à Villeroy que, dès le 29 janvier 1606, il avait éventé les plans de l'Espagne.

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