V. Ibidem, p. 2/), note .3. 6. V. Ibidem, p
Dt Casthies. 111. — a
II INTRODUCTION
cide involontaire' : il y rentra avec des lettres de rémission. François I" le mit à la tète de l'ambassade qu'il envoya au Maroc en i533'. Piton partit le 25 mai de llonlleur avec la galéasse « le Saint Pierre », commandée par le génois Baptiste Auxylia. Cinq gentilshommes et le pseudo-marchand Aymond de Molon faisaient partie de l'expédition: l'ambassade emportait des montres, des miroirs, des peignes et autres ft merceryes » avec quelques articles de fauconnerie : le tout devait être oiTert au roi de Fez et à son beau-frère Moulay Ibrahim.
L'antagonisme du commandant du navire et de l'ambassadeur fut la cause de conflits sans nombre. Néanmoins Piton put débaripier à Larache et se faire conduire à la mahalla du Roi, qui était dans les environs ; il fit la remise des présents, qui fui'ent peu goûtés, puis il accompagna le Pioi à Fez, où il séjourna un mois. Il obtint du souverain mérinidc une lettic pour François!'', accordant aux Français la libre navigation sur les côtes du Maroc \ Pendant le voyage de l'ambassade à Fez, le génois Auxylia, mû par quelque sentiment de basse vengeance, abandonna son navire au mouillage et passa en Portugal, où il dénonça Pierre de Piton comme ayant importé au Maroc de la contrebande de guerre'. Les Portugais organisèrent une croisière pour s'emparer de la galéasse française. Piton, malgré le danger de tomber entre leurs mains, quitta le Maroc : la tempête le jeta dans les îles de Rayonne en Galice (septembre i533). au large desquelles il mourut de maladie. Tous les gentilshommes qui l'avaient accompagné étaient morts avant lui, à l'exception d'un seul, Jos-se de La Planque", qui réussit à rentrer en France avec la galéasse et aborda en Normandie à la fin de septembre io33 °.
Geoffroy de Bu.\de. — Ce gcntilhonmie gascon faisait partie de l'ambassade envoyée en lôtio par Antoine de Rourbon à Moulay
I. Sur cette afl'aire, \ . Ibidem, note /j. de Piton, sur la dénonciation du capitaine
■i. V. /4((/em. pp. 1 4-2 1, la Relation que Baptiste .\u\ylia.
Piton lui-même a laite de son ambassade. 5. Sur ce personnage, V. Ibidem, p. 4i-
3. V. le te.tte de cotte lettre. Ibidem, note i, et infra, pp. 7^4 et 745.
Doc. IV, pp. 8-1 1. 0. Les animaux amenés du Maroc étaient
4. V. Ibidem, pp. ia-Sg, le teste de arrivés en France des le début d'octobre l'intormation faite à Évora contre le colonel i533. \. Ibidem, p. 4i.
INTRODUCTION III
Abdallah el-GItalib' . L'objet de celte mission était de négocier la cession au roi de Navarre de la place de El-Ksar es-Seghir et d'obtenir un traité de commerce dont le Ijénélice se serait étendu à tous les Français. Mais larrière-pensée d'Antoine de Bourbon était de faire de la place marocaine un objet d'échange pour obtenir de Philippe II la restitution de la partie de la Navarre occupée par lEspagne. Le i'oi François II avait donné plus ou moins officiellement son assentiment à l'expédition, à la tête de laquelle se trouvait un gentilhomme nommé Montfort, mais dont le véritable chef, en raison de sa connaissance des clioses marocaines, était le capitaine portugais Melchior \ aez d'Azevedo", au service d'Antoine de Bourbon. L'ambassade s'embarqua sur un navire fourni par Antoine de Noailles, gouverneur de Bordeaux, et partit de ce port le i" mars i^Go. Elle arriva à Agadir (Santa-Cruz-du-Cap-de-Guir) le 17 mars et mil vingt-six jours pour se rendre à Pez. Les négociations terminées et le traité signé ' par rintcrmédiaire du cai^itaine Melchior Vaez d'Azevedo, celui-ci et Montfort reprirent le chemin d'Agadir, laissant Geofl'roy de Buade malade à Fez. Ce dernier put en partir à la fin de juillet sur un navire de Marseille « qui estoit venu audict Fez en marchandises » ; il arriva ainsi à Cadix. Quand il entra dans ce port, l'embargo fut mis sur le navire et l'équipage. Grâce à rintervention de Sébastien de L'Aubespine, ambassadeur de François II auprès de la cour d'Espagne, cette mesure fut rapportée. Toutefois GcoffroY de Buade lui-même demeura longtemps, les fers aux pieds, dans une dure captivité.
Pkunay. — Deux gentilshommes de ce nom, fils de Louis de Billy. seigneur de Prunay-le-Gillon (Eure-et-Loir) et de Marie de Brichanteau, firent partie de l'ambassade envoyée à Fez en 1 56o* par Antoine de Bourbon.
MoNTFOHT. — Gentilhomme choisi par Antoine de Bourbon
I . Sur le voyage de Geoffroy de Buade tùme. Œuvres complètes, éd. Lalaniie,
au Maroc, cf. sa lettre du 3 septembre t. IV, p. 36^. i56o, /'■' Série, France, t. I, pp. 20i-2o5. 3. V. le texte de ce traité, /'"« Série.
3. Sur ce personnage, V. /ii'rfem, p. 202, France, t. I, pp. 178-187. note 3 ; Angleterre, juin-août i5Gi ; Bkan- !i. \ , Ibidem, p. 2o3, note 4-
IV INTROnUCTION
comme chef officiel de l'ambassade qu'il envoyait au Maroc en i56o et qui fut en réalité dirigée par le capitaine portugais Melchior Vaez d'Azevedo. Un Anglais, Roger Bodenham, dans un mémoire oiî il propose à la reine Elisabeth la conclusion d'une alliance avec le Maroc, invoque comme précédent ia mission de l'agent français « Monsford' ».
Robert Bordet. — Il fut envoyé au Maroc en i56i par le roi Charles IX. L'objet de sa mission était d'obtenir du ohérif Moulay Abdallah el-Glialib le monopole de l'exportation du sucre et du cuivre'. La qualification de <af//e/' (commerçant), (jui lui est donnée dans le sauf-conduit que lui accorde le Chérif, ne saurait être prise à la lettre". On ignore la suite qui fut donnée à la mission de Robert Bordet ; il est probable que les guerres religieuses qui éclatèrent au début de i562 empêchèrent le roi de France de poursuivre cette affaire.
Louis Cabrette. — Cet agent cosmopolite et protéiforme était Français*, au dire de M'de .Mévillon, gouverneur de Marseille, qui le qualifie en ib~!\ «un de nos naturels subjects qui se trouve à Alger'». Cette nationalité lui est reconnue à deux reprises par \'argas Mexia, ambassadeur de Philippe II auprès de la cour de France. Personnage entreprenant et peu scrupuleux % « grand artisan de projets chimériques^», on le trouve mêlé à toutes les intrigues qui se trament entre la France, l'Espagne, la Turquie et le Maroc. 11 faisait passer des avis à toutes ces Cours, «jouant double
I. Cf. /'■' Série. Angleterre, il/i'm(y(>i' Wc désigne parfois sous le nom (le <c Capretto >i.
lioijcr Bodenham. Il signait : « Capilan Cabreta » (V. /'''' Sé-
■2. Sur cette négociation, V. iiifrn la lettre rie, .\nglcterre, Lettres des 1 3 octobre et is
de Moulav Mohammed ben Abdallali, des novembre iHjG') et : « Capitaine Cabretes »
18-27 ""'"■* i5tJi, pp. 7/16-748. (V. Ibidem. Lettre du 18 juillet iSjS).
.3. V. infra. pp. 749-752, le texte du 5. V. 1'' Série. l'rance, t. I, p. 35i,
sauf-conduit. note 2.
/(. Sa nationalité, comme celle de beau- li. V. Ibidem, l'appréciation de Vivonnc
coup d'aventuriers de son espèce, est dilli- sur le caractère de Cabrette. cile à préciser. Si l'on en juge par son nom, 7. V. la lettre de Vargas Mexia du 16 dé-
il devait être d'origine italienne. On le ceuibre iô-)i, .\rch. .\ut., A. 1Ô4Ô, W 81
INTRODUCTION V
jeu. comme le font toujours les agents de cette espèce' ». La profession de marin, dans laquelle le titre de capitaine se donne si facilement, dut mettre de bonne heure le capitaine Cabrette en rapport avec les Turcs et les Barbaresques. Il était en lôyi" à Alger, où il fit la connaissance de Moulay Abd el-Malek, qui y résidait en attendant le moment de faire valoir ses droits au trône du Maroc. Ce cliérif très cultivé, parlant litalien et l'espagnol, flaira en cet aventurier un homme qui pouvait lui rendre des services dans ses relations avec les Cours chrétiennes. Devenu souverain du Maroc en 1076. il lenvoya en France et en Espagne. Cabrette arriva à Paris à la fin de juin 1576: il remit à Henri III une lettre dans laquelle le Cliérif notifiait son avènement, puis il se rendit à la cour d'Espagne, où il avait à remplir une semblable mission. Il devait en outre sonder Philippe II au sujet d'un projet d'alliance offensive et défensive contre le Grand Seigneur. Le Roi Catholique retint à sa Cour' l'envoyé de Moulay Abd el-Malck, pendant qu'il faisait contrôler sur place par le père Diego Merin les intentions du Cliérif. Henri III prit ombrage du séjour prolongé de Cabrette en F]spagne et en écrivit au Cliérif en novembre 1676 '. Le capitaine Cabrette ne dut pas retourner au Maroc. Philippe II l'envoya en 1077 auprès de son neveu D. Sébastien, pour éclairer ce prince sur les forces de Moulay Abd el-Malek et le dissuader de lexpédilion qu'il projetait contre le Maroc". On sait que le jeune roi de Portugal ne voulut rien entendre.
En janvier 1078, on retrouve Cabrette en France; il va trouver Henri III à Ollainville el l'entretient de diverses chimères : d'un projet d'alliance entre les puissances catholiques contre les Turcs et les licréfi(pies ; d'un mariage entre le duc d'Alençon et l'une des infantes, enlin d'un autre mariage entre D. Carlos et la fille de Charles IX. 11 dul (juitter Paris en juillet 1078 et il y revint en
I. « Porqiic son gente los scmejantos iiolc ?.. qiio hazcn a todas manos. » i" Série, 3. V. i''' Série, France, t. I, p. 35i.
France, t. II, Lettre rie Varrja.t Mexia à [\. V. Ibidem, p. 35o, note 2.
Philippe II. p. 6. — « Y assi se podria 5. V. ccUc lettre, Ibidem, p. 35 1.
(liilxiar <lc que haga a dos manos. » Ibid., 6. V. /'« Série, Espagne, t. I, à la date
p- 19. du 33 juillet 1678. Lettre de Juan de Silm
a. V. 1" Série. France, t. I, p. 35i, à Philippe IL
VI INTRODUCTION
décembre. C'est à cette époque qu'il f^uggéra à Lansac " l'idée de s'emparer de Larache par surprise et de céder ensuite cette place à Philippe II, en faisant payer ce service le plus cher possible.
Entre temps, le capitaine Cabrette inventait une canonnière à double proue, pouvant porter de 35o à 600 hommes et f\ canons. Son navire fut expérimenté avec succès pour la traversée des Indes et Philippe II lui accorda pour cette découverte 600 couronnes de pension '.
Cabrette, dont l'esprit était encombré de plans imaginaires, avait parfois des vues politiques assez justes. Il en a exposé quelques unes dans un long mémoire intitulé : Discurso hecho en suinina^... Dans le chapitre consacré au Turc, il délinit la politique du Grand Seigneur, qui doit tendre à la conquête du Maroc pour devenir maître par le détroit de Gibraltar de la seconde porte de la Méditerranée.
Guillaume Béraro. — Originaire de Saorge' en Terre-iVeuve', pays relevant du duc de Savoie, Guillaume Bérard avait exercé à Nice la profession de chirurgien-barbier, puis il élail venu habiter Marseille, d'où il était passé dans le Levant. Il se trouvait à Constantinople ' en 107^, quand y arriva Moulay Abd el-Malek. On sait que ce chérif, à la mort de son frère Moulay Abdallah el-
1 . La date (lu retour de Cahretle à jicm trnlaiuln jior ria de razon y jiiyzio de Paris se déduit de la lettre de Vargas Mexia honibre, coma uqucl que ha vistu y diseurridn n Philippe II du i fi décembre 1D78. V. por las eosas <lel iniindo y conforme al juyzi.o j" Série, France, t. Il, p. 7. qar de los unos a los otros se puede hazer,
2. V. Ibidem, pp. 1 et 2. romo se oera por lo sirjmenle. — Ce docu- .3. Cf. /" Série. Angleterre, Leltrc de ment, rédigé vraisemblablement en 1576,
Cabrette du 18 juillet 1578. sera public en extraits dans i''' Série. \n-
li. Voici le titre complet de ce mémoire gletorre.
de Cabrette: Discurso hecho en summa por 5. Saorge. Saorgio (Saourches dans les
Luis Cabreta en quanta toca a lo que comiene documents du temps), petite ville de l'ar-
a algunos reycs. principes y seâorias. asi de rondissement de Nice.
Christianos comn de inJieUs y herejes. tra- 0. « Nice et six-vingts chasteaux compris
tando de coda uno dellos en particular. de lo aujourd'hui sous le nom de Terre Neuve. . . »
que los comiene para se poder ronsercar eon V. de GAVFRiDt, Histoire de la Prooence,
sus estados y leyes, todo fundado sobre buen t. I,p. 255.
consejo (dejando aparté la Prouidencia que 7. D'après Vincent Le Blanc. V. f'
puede en nn instante confundir el unioersaj , Série. France, t. I, p. 867, note i.
INTRODUCTION VII
Ghnlih fax janvier i57'i). quitta Alger et vint trouver le sultan Selim pour lui demander d'appuyer ses droits à la couronne du Maroc. Guillaume Bérard. appelé adonner ses soins à ce prince, atteint de la peste, lut assez heureux pour le sauver. Le Chérif lui en sarda une grande reconnaissance, et, une fois souverain du Maroc, l'attacha comme médecin à sa personne. Moulay Abd el- Malek, à l'esprit large et dont les vues politiques n'étaient pas gênées par une étroite orthodoxie, chercha à étendre les relations du Maroc avec les puissances chrétiennes. Dès iS^/i, se trouvant à Alger et n'étant encore que prétendant, il était entré en rapports avec Charles IX'. En i5"6, il avait chargé le capitaine Cabrette^ d'une mission auprès de Henri 111, pendant que son ambassadeur auprès de la Porte, Moussa ben Abd en-Nebi, entrait en pourparlers avec Gilles de Noailles, le représentant de la France à Constantinople'. Moulay Abd el-Malek, fidèle à sa politique, fit partir en lô"" pour la cour de France son médecin, porteur d'une lettre adressée à Henri HI ; il demandait au Roi de vouloir bien accréditer Guillaume Bérard en qualité de consul « es royaulmes de Marroc et de Fez S). Henri accueillit favorablement la requête du Chérif et, comme Guillaume Bérard était sujet du duc de Savoie, il lui octroya des lettres de naturalité (22 mai 1077)", puis, par lettres patentes du 10 juin 1^)7-. il le pourvut de l'office de «consul de la nation françoise» au Maroc, avec les mêmes droits, profits, revenus et émoluments que les consuls français dans le Levant'.
Le nouveau consul s'embarqua à Marseille en 1578'. Un Marseillais, Vincent Le Blanc, d'humeur très voyageuse, avait demandé à l'accompagner*. Leur navire fut pris à la hauteur de Gibraltar (février 1078) par D. Francisco de Vargas Manrique '. Mais peu
1. V. infra. Addenda, Doc. 5, pp. 7.t3- rie, France, t. I, pp. 867-369. En même 755, Lettre de Moulay Abd cl-Mnlck à temps l'rançois Verlia fut nommé facteur Charles IX, du 26 mai 1074. au Maroc. V. infra, p. is.
2. Cf. /" Série, France, I. I. p. 35o. 7. C'est la date que «tonnent Le.? Voyages
3. Sur celle négociation, \ . Ibidem, de \ incent Le Blanc p. i55. Cf. aussi
pp. 352-366. /'■'' Série. France, t. I, Doc. XCVIII, p.