V. Ibidem, p. 368. 37^, et Doc. XCIX, p
5. Archives Départementales des Bouches- 8. \ . Les Voyages de Vincent Le Blanc..., du-Bhnne. Série B. registre (iO, f. 3o5. p. i55.
6. V. le texte de ces provisions, 1" Se- ij. Cf. Heurera, Ilistoria gênerai del
VIII iNTRonrcTiox
après, sur les instructions fie Pliilippe II, il fut relâché et autorisé à continuer sa route en toute liberté, le Roi Catholique voulant donner à Moulay Abd el-Malek des preuves de son amitié. D. Sébastien, roi de Portugal, qui préparait sa folle expédition contre le Maroc, se montra très affecté de cette mesure et en fit des reproches à Juan de Silva le 28 février 1 678 '.
De Gibraltar, Guillaume Bérard et Vincent Le Blanc allèrent à Larache, où ils débarquèrent '. Le consul français partit aussitôt pour rejoindre la mahalla cliérifienne, qui de Merxakech se portait à la rencontre de l'armée de D. Sébastien. Il arriva au camp de Moulay Abd el-Malek. établi près de Salé, vers le i/i juillet, au moment où le Cliérif ressentait les premières atteintes du mal auquel il devait succomber quelques jours plus lard, el il lui donna ses soins'. Le Cliérif porté dans une malialTa (litière), quand il ne pouvait plus supporter le cheval, se traîna jusqu'i Ll-ksar el-Kebir, accompagné de ses médecins, dont le consul français'. On sait que l'opiniâtre Moulay Abd el-Malek parut un instant à la tête de ses troupes le li août 1678, revêtu d'un splendide costume et l'épée à la main ; mais ses forces le trahirent et on le rapporta dans sa mahalla, oii il expira, avant d'avoir assisté au triomphe de son armée. Guillaume Bérard revint à Fez avec la mahalla victorieuse et assista à la baïa (couronnement) de Moulay Ahmed el-Mansour ' . L'année suivante (1579). ce dernier l'envoya notifier son avènement au roi de France^ Pendant le peu de temps qu'il avait passé au Maroc comme con-
Mnndo. t. II, p. 78 et /'''' Série. Espagne, grave indigestion dont la cause était peut-
Lettre de Juan de Siloa à Philippe IL 28 (Mre le poison, cf. i''' Série, .\nglcterro,
février 1578. Il Y a une légère divergence, Relation de la balaille de El-Ksar el-Kebir,
quant à la date et quant à l'auteur de la et Les Voyarjes de Vinx^ent Le Blanc... pp.
capture de la saïtie française, entre Ilcrrcra i58-i6i.
et .Tuan de Silva. La version de l'ambas- 4. Outre Guillaume Bérard, le Chérlf
sadeur de Philippe II est évidemment plus était soigné par un médecin juif et un ccr-
prcs de la vérité. tain « Gapitan AUey », ainsi qu'il résulte
I. V. i" Série. Eipa.gnc, Lettre de .liinn d'une lettre adressée par ce médecin juif
de Silva à Pliilippe IL 28 février 1578. à son frère. V. i''' Série, Angleterre, no-
a. \ . Les Vnyarjes de Vincent Le Blanc.... vembre 1678.
p- i-'i8. 5. Cf. r''' Série, kngleleTTC, Relation de
.3. Sur la présence de Gnillaunic liérinl la bataille de El-Ksar el-Kebir.
auprès de Moulay .\bd el-Malek el sur les 6. V. i''' Série, France, t. II, Doc. VIII,
soins qu'il donna au Chérif atteint d'une pp. 32-a5.
INTnODfCTION IX
sul, fiuillaume Bérard avait éprouvé les plus grandes difTicultés à faire acquitter par les marchands français les droits qui lui revenaient en raison de son ofTice. Il exposa à Henri III qu'en l'absence de tout moyen de contrainte vis-à-vis des négociants au Maroc, les lettres de provision qui lui avaient été octroyées restaient sans elTet. Le Roi, pour remédier à cette situation et faire droit à la requête du consul, décida par mandement du ig juillet i5"g qu'à l'avenir les Français « et tous aultres trafTiquans sur la bannière de France » qui refuseraient d'acquitter au Maroc les droits de consulat, y seraient contraints par autorité de justice à leur retour en France'. Henri III chargea en outre Guillaume Bérard de complimenter le nouveau chérif sur son avènement et lui donna comme instructions (i6 juillet 1079) d'obtenir le libre accès des ports du Maroc, la mise en liberté des captifs français, la permission d exporter /ioooo quintaux de cuivre et 26 000 quintaux de salpêtre : il devait de plus négocier un emprunt de i5oooo écus'. On ne sait rien sur le résultat de cette mission. Guillaume Bérard retourna au Maroc en 1080^ et y exerça sa charge, exposé à l'hostilité des commerçants français, qui allaient jusqu'à lui contester l'authenticité de ses lettres de provision, parce qu'elles n'étaient pas signées du Roi, mais seulement scellées du grand sceau delà Chancellerie'. En août i583, il avait le dessein de rentrer en France, mais il écrit à Villeroy que Moulay Ahmed le retient au Maroc pour lui faire accompagner un ambassadeur qu'il avait l'intention d'envoyer à Henri IIP. On perd de vue Guillaume Bérard jusqu'en l'année 1689, date où Bernardino de Mendoza signale son arrivée du Maroc à la Cour qui se trouvait alors à Blois'. Il dut mourir im peu avant le
27 avril 1091 '.
François Vertia. — Il fui nommé « facteur» au Maroc le 1 1 juin 1677. Ses lettres patentes furent signées le lendemain de lexpédi-
1. V. Ir texte dv ce mandement, ;'''■ .Se- Doc. XXXTII, p. 107.
rie. France, t. II, Doc. IX, pp 26-29. /| V. Ihidcni, p. 107. note 6.
2. V. /" .Série. France, t. II, Doc. VIII, 5. \ . Ibidem, pp. 106-107.
pp. 22-25. 6. \. Ibidem. Doc. LXIX, pp. I7.''i-I75.
3. Guillaume Bcrartl écrit, à la date du 7 V cette (laie il était décédé a ces mois
28 août i58.3, qu'il est au Maroc depuis passés ». V. infra. Addenda, Doc. 7, trois ans. V. /■■' .Séné, France, t. II, p. 738.
X INTRODUCTION
tien de celles qui commettaient Cnillaume Bérard au consulat du Maroc. Elles portaient que « outre le consul de la nation françoise », il était nécessaire d'avoir « es royaumes de Marrot et Fez » un agent «pour le faturage deppendant dudicl commerce' ». Celte charge de facteur semble correspondre à celle de vice-consul. On ne sait si François Vcrtia se rendit au Maroc et y exerça ses fondions.
Vincent Le Bl.vnc. — Il naquit en i5o3' à Marseille, on son père, Raphaël Le Blanc, était armateur \ Entraîné par la passion des voyages, Vincent IjC Bhmc. à peine âgé de quatorze ans, partit en iSG- pour Alexandrie et le Levant : il visita successivement l'Arabie, la Perse, les Indes, etc., et revint à Marseille (1577) après une absence de onze ans '. 11 passa six mois dans sa ville natale et. repris par son irrésistible passion, il saisit l'occasion du départ de Guillaume Béiard et s'embarqua avec lui pour le Maroc \ Le récit de son voyage '' nous a été conservé, mais il semble si peu digne de foi que nous n'avons pas jugé utile de le publier. Vincent Le Blanc passe pour « un charlatan de première grandeur» et l'on ne voit pas bien sur quelles raisons s appuie le i)ibliograplie Playfair pour dire que cette réputation est imméritée ; il est, à tout le moins, un vrai Marseillais par la place exagérée que tiennent dans son récit ses aventures personnelles et par les ficlions dont il les travestit. Il sulfira de donner ici de ce voyage idira-fantaisiste une brève analyse*.
Le navire qui portait Guillaume Bérard et \ incent Le Blanc est
1. V. j™ Scrif, France, 1. 1, Doc. XCVII, Le Blanc raconte son retour à Marseille, pp. 871-372. |,. i;f).
2. Vincent Le Blanc dit lui-même dans 7. CL Playi-aih, A BibUiKjraphy of Mola préface de son livre qu'en i63i il est rncco, n" I25, p. ■il\lt. — 11 se peut que le âgé de 78 ans. mut iiiuloseroed soit une coquille et que
3. V. Les Voya'jes Je Vincent Le Bhinc... Playfair ail écrit well deserued. — L'article éd. i648, p. 3. hibliographique du n" I25 est d'ailleurs
4. Les renseignements sur Vincent Le erroné, et l'on verra que l'édition princeps Blanc sont uniquement tirés du récit de ses des Voyages de Vincent Le Blanc... est de voyages. ,6/,8 et non pas de 1608.
5. V. Les Voyar/esde Vincent Le Blnnc... 8. Comme on a donné plus haut la réfé- P- '^5. renée du passage où est raconté le voyage
6. Il occupe dans l'ouvrage (édition de au Maroc, il a paru inutile de renvoyer à 1648 et de 1649) ^"s PP- 155-170. Vincent la page où chaque fait est mentionné.
INTRODUCTION XI
assailli par une tempèlc près de Giliraltar: à peine délivré de la mer, il est rencontré par les galères d'Espagne et saisi, comme étant chargé de contrebande de guerre '. Guillaume Bérard et dix gentilsiionunes qui l'accompagnaient sont condamnés à mort, les autres aux galères à perpétuité. L'envoyé de Henri III appelle de cette condamnation " à Philippe II, qui confirme la sentence, mais, grâce à l'intervention de Dona Isahel, l'alTaire s'arrange: tout le monde est remis en hberté, on lève l'embargo mis sur le navire, qui reprend sa route pour le Maroc et vient mouiller à Larache. Guillaume Bérard s'achemine vers la mahalla du Cliérif, pendant que Vincent Le lUanc reste à Mekuiès. Dans une promenade aux environs de cette ville avec un de ses compagnons, il s'attire une mauvaise affaire. « JNous trouvâmes, raconte-t-il, un cimetière de Mahomctans, «S:, deux que nous estions estant entrciî dedans pour faire de l'eau, il se rencontra que c'estoil près la sepulluie d'un de leurs marabouts ou santons. » Ils furent aussitôt appréhendés, traînés devant le cadi et condamnés à la bastonnade: ils faillirent mourir sous les coups. Un marchand espagnol nommé Andréa Gasparo Corso' intercéda pour eux, cl. commeilélait iniluentauprès de Moulay Abd el-Malek, il obtint la mise en liberté des deux voyageurs. Sans transition, Vincent Le Blanc fait ensuite un récit fort décousu de l'expédition de D. Sébastien. Il alla visiter l'armée portugaise peu après son débarquement, en compagnie d'un Italien, le capitaine Hercule de Pise* et de Jean de Sasselo, de Marseille. «Tout ce que nous trouvions de mal, écrit-il. c'cstoit le grand nombre de femmes & d'enfans qui y estoient. » Il prétend avoir vu après la bataille le corps du roi de Portugal « qu'on portoit dans une caisse remplie de chaux vive pour le conserver». Suit une description de (( l'empire de Fez
T. V. supra, pp. vii-viii. el-Malck alors que colui-ci était prétendant.
2. Juan de Silva mentionne une dé- U fat le principal agent des négociations marche faite auprès de la cour d'Espagne entre Philippe II et le Chérif. Cf. /"■' SéWe, par Vivonne, l'ambassadeur do France. \ . Franco, t. I, p. GaS et note 3 ; Angleterre, ;'■' Série, Espagne, à la date du 2S février à la date du i'^'' septembre 1677 ; Espagne 1678. et Portugal entre les années 1677 et 1579