‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 234 sur 362 · Mn pntiirif, lapsvl^pou^: ma propre vie · texte numérisé non relu

Mn pntiirif, lapsvl^pou^: ma propre vie

S. Les noms de ces trois cent trentetrois captifs, avec l'indication de leur pays d'origine, se trouvaient inscrits dans im rôle figurant comme pièce à l'appui dans un procès intenlé par les Trinitaires aux Mercédaires (V. Doc. XCVIIl, p. 506).

/|. Il Y a divergence entre les documents au sujet du montant de cette somme. V. sH/)rn. p. 'igi, note i; infra, p. 5i)rj, note 3 et p. 5i3, note i .

5ofi aS NOVEMBKE 7 035

LETTRE DE P. Dl' CIIALARD \ RICHELIEU

U II II pu embarquer l' ambassadeur daChérif à cause du mauvais temps.

— // est sans nouvelles de trois vaisseaux de son escadre ijui l'ont quitté.

— Le Che'rif a envoyé au Roi des chevaux et des faucons. — Du Chalard demande des ordres relatifs à ses équipages et aux esclaves rachetés ainsi que le payement des fonds qui lui sont dus. — Les articles du traité franco-marocain doivent être publiés dans les ports de France.

HaJo ili' La l'rcc, sS novembre i635.

Enléte, alinmnnu: .Maioc. — M. Du Chalard. — 2 3no\embrc i635.

Monsei2;neur.

Je vous envoyé le duplicalta de ma lettre du xiij'' octobre', aftîii que, sy vous ne lavés pas receue, vous voyés et faictes. s il vous plaist, entendre au Roy comme j'é bien servy, ayant mis cesl affaire à ce poin que le roy de Marocque envoyoyt ung ambassadeur à Sa Ma" pour le satizfaire et dautres raisons que le tempz produyra. puis que je n é peu lenibarqucr ', Ibrcé du mauvais tcnqDZ de mettre ca mer. oii je esté sy furieusement batteu des ventz de tormante sud-ouest et nord-ouest que, sans la particulière assistance de Dieu, je serois perdu.

Trois des vaisseaux de ma compagnie m'ont f|uitté. assavoir: la prinse angloise ' , mon patache '. ci le phelibot ° dans lequel les chevaux pour le Roy sont, celluy que le roy de Marocque m a donné et deux quejay achaptés par sa permission", ce qui me mest en une extrême penne, crainte qu'il leur soit arrivé naul'rage, cec[ue Dieu ne vuillc,

1. 11 s'agit fie la IcUre précédente adn^?- Perle » tie Londres. V. pp. ôiG et scj.

sée à Louis XIII, ou d'une lettre de même 4. La patache k Isabelle ». V. infra,

date à Ricbelieu. Doc. LXWA II, p. 5i6.

2. David Pallache lit un grief h Du 5. Le flibot « Hercule « d .\msterdam, Chalard de n'avoir pas embarqué l'ambas- appartenant à des Juifs, les frères Dcpairs. sadeur marocain. V. i" Série, Pavs-Bas, Y. Faclum Du ClialarJ]i.'S.,f° F3, ijSSo. aux dates des i8 mars et 28 mai i636. 6. L'exportation des chevaux a toujours

û. La [jriiue amjluisc, le vaisseau « la été rigoureusciuent interdite au Maroc.

LETTHK Dlî P. DV CHALARn A RICHULIEV OO7

et, s'il les a gardés, ilz ont prins port en Bretaigne ', où je depesche exprès pour en avoir des nouvelles. Il y a neuf pièces d'oyseaulx de poin'. dont le roy de Marocquc en a baillé sept pour le Roy. et deux qui mnnt esté portés à cachettes', qui sont deux tiercelet/. S'ilz viennent à l)on port, le Roy en aura du plesir. et ces chevaux sont tort hcaiix. (allu\ que je vous ay dcsliné n'est pas nioindrc.

Je vous supplie cpie j ayt commandement de ce que j'é à l'aire pour desarmer mes vaisseaux, congédier ou retenir les esquipages et les esclaves rachaptés, avec fondz pour me payer de cincj mois ([ui me sont deubz à la lin du courant (pic je les feray subsister, m'estanl impossible de les pouvoir tenir davantage, ny les payer, sy je ne rc^çois.

Les articles de la confirmation de la paix (h)ibvent estre publiés par tons les portz de ce royaulme. Vous y l'airés. s'il vous plaist, j)ourvoyr ; je vous en envoyé les coppies pour les faire imprimer '.

Je ne scé sy. en mon absence, vous m'aurés faict l'iionneur de vous souvenyr de ce que vous m'avés promis, comme j'é faict de voz allaircs, dont je \ous reiulré compte et faire voyr l'ulilitté asseui'ée quy vous en viendra.

Je depesche exprès ce courier pour avoir promptement vostre responce. Six cens tant d'hommes mengent et sont de grande charge. Vuillés s'il vous plaist me descharger, et je vous rendre le très-humble service de,

Monsieur,

Vostre très-luimble et très-obeissanl ser\ilcur. Sirjiic : Du Chahii'd.

De la railc de La Prée '. le xxiij'' iinveinl)i(' i().'i5.

Archives des Affaires Elramjèrcs . — Maroc. — (Atrrcftpdndunci'Cdnsuliiirc, Vol. I. — OrujinaL

I. La prlsn, la palachfol Ifdibot allfrenl cire, comme celle des chevaux, l'olijet de

mouiller cITectivomenl à lîenodel dans la prohibilions sévères,

rivière de Quimper. V. p. fiCjG. '4. I.a pid)Iicalion oITiciollo de cel accord,

:<,. Les oiseaux de poing étaient alors un comme celle des précédents traités, fut faite

des présents habituels des chérifs aux sou- à la fois dans une plaquette et dans un

vcrains chrétiens. V. /■■'■ Série. France, t. I, numéro spécial de la Gazelle de Franre. V.

p. 6, note 3. supra, pp. l'ii 1 , note !i. 4i2, note [, /kj^. Soi-

3. L'exportation des oiscaui de vol devait ô. Le fort de La Prée situé dans l'ilc de Ré.

5o8 FIN DK l63.ï

MEMOIKE DE P. DL CHALAUD

// se jastific (l'arnir dépassé les cre'dils qui lui avaienl été attribués pour

sa mission au Maroc.

Fin de i635 '.

Au dos, nlia manu : Mémoire de M. Du Chalard. En tête: Salé. — itj35.

Objections faieles au sieur Du Chalard. — Responces'.

D. — Pour les presens faictz au Roy. ses alcayes et autres ofli-

ciers. et à Safy. il a employé xviij"' viij' Ixiij".

L on dict ([u \\ n esloit chargé que de jiayer v™** en dons.

\\. — Respond (piil n"a donné au Roy et à ses alcayes que xj'" iij' xlvj" xvi|\

Mais qu'il a esté contrainctde donner aux alcayes et gouverneurs de Salé et autres olTiciers. sans lesquelzl'on ne faict rien en Barbarie, et pour des fraiz aussy qu il justithe par actes : vij"' viij'' Ixvij* xj s.

D. — ■ Pour les racliaptz des esclaves, (ju il n avoit esté ordonné

I. Du Chalard arrivais 33 novembre lôS."! a. Dans l'original les objections et les

à La Prée ; il fit le 26 novembre i635 son réponses sont disposées sur deux colonnes,

rapport au lieulenant do l'Amirauté à La Pour remplacer ce dispositif on a introduit

Rochelle (p. 5i()); il ne dut se rendre à les lettres D. et R. en regard de chaque

la Cour qu'en décembre i635. demande et de chaque réponse.

MEMOIRE DE P. Dl' CIIALARD OOf)

que x""" pour lesdils racliaplz. ii'ayans esté estimés que cent livres chacun, l'un portant l'aultrc, et neantmoings que l'on on compte cxxxj"" v' Ixj" xvj'sans les interestz'.

l\. — Il responJ cpi il avoil ordre exprès de racheplcr les esclaves ; que pour x"", à raison de cent livres chacun, il n'en eust rachepté que cent, ce qui n estoit considérable sur les vj" xxxvij qui y cstoienl : de plus, qu'il n'y en avoit pas un seul qui peult estre rachepté pour cent livres, et que ceux de Salé faisoient difiiculté de recevoir la paix accordée par le roy de Marroc, estans rebelles. Et d'aultant que ce sont eulx seulz' qui courent la mer, prennent les hommes dont ilz font trafTic, et les marchandises des François, ilz ont voulu avoir le prix pour lequel ilz avoient achepté leurs esclaves, et quarante pour cent de proffîct ; et que tous ' sont obligez de servir le Roy pour leur vie, tant qu'ilz aycnl acquitté leur rachapt de leurs appoinctemens ordinaires, comme il luv avoit esté dict.

D. — Qu'il n avoit ordre d'obliger le Roy ne luy aussy de rachepter les esclaves qu il laiseroit, pour lesquelz il a promis que 1 on enverroit c iiij"" v" ci)" dans la fin du mois d'avril prochain', et à laulte de payer, leur paix sera rompue.

ir. — Respondqu'il a esté contrainctde faire cette promesse telle qu'il a pieu uusdits de Salé, pour retirer ceux qu'il a ramenez et donner soulagement aux pauvres esclaves qui ont moien de se rachepter, qui desiroient siiitnut que l'on arrestast le prix de leur rançon, et pour ce l'on a apporté le roolle de leurs pays et demeures^: et où Sa Ma" ne vouldroit tenir la paix à leur esgard, qu'il leur peust faire la guerre, sans rompre avecq le roy de Marroc, auquel ilz n'obeisseiît.

D. — Qu'il employé en tlespence xviij'" iij' j** xiiij' pour la des-

I. Sur ce chiffre, V. plus haut, ]>. 5o3, ![. Il y a ilivcrgcnco cuire les (lociimonls

note 5. sur le montant de cette somme (V. p. ^g/),

■2. Eux seulz. les Salétins. note 4 ; p 5o5, note .^i et p. 5i3, note i).

3. Tous, entendez: les esclaves chrétiens 5. Sur ce « roole » des captifs, V. su}>ra,

libérés. p. 5o5, note 3.

;)io

ir,3r

ijf'iice do la nom iiliiic, liabil/. rt iiiilii's menuz IVaiz des Maures alfi-iciuaiiis qii il a retirez des galleres ol autres qui les ont joinclz pour les conduire et rendre au roy de Marroc et la nouriiture des esclaves qu'il a ramenez en France et autres fraiz qu'il a esté contiaincl de faire, estant aux raddcs pour traitter. et qu'il a plus rendu de Maures quil n'a receu de François du roy de Marroc.

R. — Ilespond que ceste despense est véritable et juslifïîée tant par acquit/ que laicte en conséquence de son instruction, que cette restitulion a esté faicte suivant ce qui avoit esté résolu parles aiticles de la paix, et neantmoings que Ion n'en a tiré des galleresdu Roy que xxvij, les autres s'y estans joinctz de divers lieux, et que ledit roy de Marroc en a rendu xxviij. ipii cstoit tout c*^ qu'il avoit à luv.

D. — Qud a employé xxviij™ ix'' xlvij" x' pour les interestz des deniers empruntez et de ceux quil a advancez, ce qui est excessif.

R. — Respond quil les a employez, selon l'usage du pays, à xxij pour cent, qui est le proIFit des marcliandz qui ont preste, qui aultrement eussent employé leur argent en marchandises, qui leur eust esté plus ulille ; et de plus que l'on pourra réduire lesdits interestz à moins, en comptant avecq ceux qui seront commis pour en prendre

D. — Qu'il ne debvoit relâcher la restitution des xxviij™ viij" iiij'"' vj" qui estoient deubz pour les marchandises laissées à Mazet, consul de SaiTy, pour les vendre, faulle de l'avou- peu faire faire en son voyage de l'année ifi.Si, de laquelle d en apparteiioit \\ii|'" 1" à Monseigneur.

R. — Respond que, pour retirer cette partye, en l'année i632, il envoya exprès à SalTy un nommé Du Vu^ ', qui fut ictcnu par le

I. Sur ce personnage et la mission rem- cl la littro qu'il écrit tlf Merrakecli à Du plie par lui au Maroc, V. ci-dessus, p. otjA, Clialar<-1, pp. fi!i i-ît^^.

MKMOinE IW. p. DU CHALARn OII

ro\ de Marroc soubz jji-cU'xlc qu'il na\uil j)uiié la ralilTlcation de la paix, fut bastu et souflt'ii aullres maux, pour se libcroi desquclz il se i-cndil renégat. Que ledit Mazet. eslant aussy mal traitfé et mis prisonnier pour la mesme laison. (Ic\inl nisensé, et lont ce quil avoit fut pris et dissipé, de quoy ayant laict demande audit roy en ce dernier voyage, il n'en a voulu faire aulcune raison, comme il est juslinié par ces lettres qu'il en rapporte avecq l'original de ladite promesse', tellemcnl qvi'il a esté contrainct de Iraitter sans pouvoir avoir raison de ceste partye. en quoy faisant ledit sieur Du (îiialarda perdu la pari qu'il avoit en ladite ])romesse, qui monte à x'" viij' xxxvj". et oultre cela deux mil quatre-vingtz-dix-ncuf livres dont ledit Mazet luy avoit faici sa [)romesse particulière, ce (pii juslillie assez qu'il a faict tout debxoir de retirer celte somme, et (pi il lie luy en doibl eslre rien imputé, sy il ne l'a pas faicI, joiiict que, cette remise n'ayant esté faicte que pour faciliter ledit trailté, il est bien l'aisonnable que le Roy la paye.

D. — Ueste que l'on dici (juil ne doibt demander pour luy et requi|)age de ses vaisseaux que les monstres de liuicl mois, qui est à proportion du temps qu'il a servy, cl non pas du commencement du mois de janxiei' \C)3b ' .

\\. — A quoy il respond (ju il eust ordre, dès le commencement du mois d'octobre \ de ce mellre en estât de partir au mois de no- \eiiibrc. ce ipii lu\ lit faire son équipage ; que depuis, son voyage ayant esté remis au commencement de janvier, il pourveut à l'aire son équipage le meilleur ([u'il pourroit. et tonsjours depuis a retenu ses olïiciers et bonne partye de ses matelotz jusc|ues à son parlement, ce qui ne doibl estre à ses despens.

A rchiucs des A patres Etrantjères . — Maroc . — Corrcsponilunce consulaire, Vol. l. — Oriyinal.

1. La prom*^ssc do Ma/(rt, \. p. /|.'ili, 3. On a vu (juf les in^lriictiuii.s ilc l)ii

note I. Clialard soul du 2!^ uctuljrt* iG^i^. \.

■j. Sur celle question, V, [>. 5o5, note 1. p. 486, noie ô.

5 12 iC)3')

MÉMOIRES DE lUCHELIEU

(Extrait.)

P. Du Chalard, envoyé au Maroc pour renouveler le traité de paix fait avec le Chérifen 1631 , a oulrepa.sxé ses instructions et contracté un emja- (jemcnt aux termes dwjucl le Roi devrait payer au Clicrif une somme de 1 ,10 0(10 livres, faute de (juoi le traité serait nul. — P. Du Chalard a été mis à la Bastille, puis condamné à un an de bannissement de la ville de Paris.

En cesle année, le Koy renouvela la [)aix tjuil avoil ialcle avec le roy de Maroc en l'an mil six cens trente un, laquelle avoit esté mal observée par la difficulté que ceu\ de Salé firent de rendre tous les esclaves qu'ilz tenoient.

Il envo>a pour ce sujet vers le roY de Maroc le s' Du Chalard. qui ramena une partie des esclaves l'rançois ; mais ledit Chalard outrepassa excessivement les ordres de Sa Majesté, car, au lieu qu'on luy a\oit donné trente mil livres pour subvenir, tant pour la nourriture et passage desdicts esclaves qu il avoit ramenez, que pour (juclques petits presens qu'on presupposoit qu il Taudroit donner à leurs maistres pour les rendre librement ', il mil en avant, à son retour, qu'il en avoit despensé beaucoup d'avantage, et obligea par traictéle Roy à payer encore, dans un temps prefix, cent cinquante

I. Du Chalard avait reçu 10 ooo livres du 20 ooo livres pour le rachat des esclaves.

Roi (\ . pp. 5o8-5or)) ; il emprunta 10 000 Mais il lui avait été remis eu outre une

livres dont il fit l'avance auï Etats de Bre- somme de loooo livres pour les présents à

tagne (V. Doc. LXXXIl, p. 5o3, n. 3) ; il faire au Chérif et aux fonctionnaires du

avait donc à sa disposition une somme de makhzen. V. p. 5o8.

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