AU MAROC
I>Tni)ni r.TioN ciiitique.
Le Maroc, réfrartairc à toiilc ('vangi'lisation comme tous les pays islamiques, resta néanmoins pendant quelque temps le seul évèclié de l'Afrique du Nord-. L'avènement des chérifs vint détruire l'organisation hiérarchique de celte église. A défaut d'apostolat chez les pcujjles musulmans, deux ordres se créèrent pour y opérer la rédemption des captifs cliréliens : celui de la S" Trinité, institué en 1 198 par S' Jean de Matha, a\cc le concours de S' Félix de Valois, et celui de Notre Dame de la Merci, qui eut pour fondateur en iai8 S' Pierre de Nolasque. aidé de S' Ravmond de l'enalorl. Les religieux des deux ordres furent appelés abréviafivemenl Trinitaires-* et Mercédaires '.
Aux termes de leurs statuts, les Trinitaires devaient consacrer le tiers de leurs revenus au rachat des captifs. Un de leurs premiers voyages de rédemption fut celui qu'ils (Irent au Maroc en 1 199, sous le règne de l'émir almohade \akoub el-M(in$our (i i84-i 'i.)9)- où ils rachetèrent cent quatre-vingt-six captifs". Mais la stricte observance de la règle alla en se relâchant avec le temps ; des staluts de plus en plus adoucis la rempl.u'irent cl le prélèvement du « tiers
1 . Cf. !^. Dksl.v.ndres, L'nnlredes Trinitaires ; Lato.mt, Ilist. de In fondation de l'Ordre de N. D. de In Mercy ; Hist. de. l'Ordre de la Mercy (1691) ; Bernardin dl S' .\ntoixf., ICpilome generuliiim rcdempiui-
niim ; Le Miroir di; la charité citrclienne
(i663). — En dehors des ordres rédempteurs proprement dits, les divers rdigicux qvii vinrent au Maroc : Franciscains, Auguslîns, Dominicains, Lazaristes, elc. s'occupèrent, i l'occasion, de racheter des captifs.
2. Cf. supra. Introduction critique, Les Chrétiens au Maroc, pp. 98-98. — En 12/1O Innocent IV l'crivait : « Sane Marrochitana ecclesia sola et unica in parlibus ipsis (illa Iloniana; Ecclesiaî ». (Apud Mas- LATiuh, Hclations et commerce de l'Afrique
septentrionale ... avec les nations clirétiennes (1886), p. 32C. On considérait alors l'évoque de Merrakech comme le chef unique du christianisme dans le Maghreb. Ibidem, p. 227.
S. (}n les appelai! en 1,-ilin u Eralres ordinls Sancla^ 'l'rinitatis et redempllonls captlvorum ». On trouve aussi les expressions : « fratres de asinis, ordo asinorum », et en français: « frères aux Anes », qui leur étaient données à cause de leur monture.
4. On les appelait en latin « raercenarli » et, pour éviter un trop facile jeu de mots, on avait adopté en français la forme « mercédaires ».