‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 262 sur 362 · Cf Mas-Latrie, pp. i3o-i3i ; Des · texte numérisé non relu

Cf Mas-Latrie, pp. i3o-i3i ; Des

LANDHES, p. 331.

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des captifs « cessa d'être opéré régulièremenl dans un ciand nombre de couvenls. L'ordre qui. selon le but principal de son institution, aurait dû normalement se développer dans le midi de la France, sur les rivages de la Méditerranée où sévissail la piraterie turipie et barbaresque, prit sa plus grande extension vers le nord où ne pouvait sollrir à lui aucune occasion de racliat. Lccouventde S' Malhurin de Paris finit même par prendre l'importance d'une maison-mère, et le nom de Malhurins en resta à tous les religieux de l'ordre. Aussi les rédemptions de captifs opérées par les Trinitaires furent-elles très peu nombreuses ; c'est a peine si l'on en relève quinze avant l'année 1600, et, sur ces quinze, cinq au moins furent opérées dans le rovaumc maure de Grenade.

Les Mercédaircs, bien f[ue leur fondateur fût français, avaient pris naissance dans le royaume d'Aragon, et ce fut en Espagne que l'ordre eut son développement initial. Mais la péninsule devint bientôt trop étroite pour leur zèle et ils franchirent les Pyrénées, s'établissant dans le midi de la France, où l'insouciance des Trinitaires leur laissait le champ libre. Au xnT siècle, ils avaient fondé une maison à Toulouse. Des rivalités qui s'étaient déjà produites en Espagne ne tardèrent pas à s'élever en France entre les deux ordres à l'occasion des quêtes. Ralentie pendant le cours du xvi'' siècle par la guerre entre l'Espagne et la France, l'expansloii des Mercédaires reprit avec la paix de \ ervins (iSgS). Ce conilit devint alors aigu et les Trinitaires en appelèrent à la justice. Ils faisaient aux Mercédaircs un grief capital de leur origine espagnole et réclamaient pour eux seuls le droit de quêter en France. Les Pères de la Merci rap[ielaien( ((ue les Trinitaires s'étaient désintéressés presque partout du rachat des captifs, cjui n'était pas d'ailleurs l'unique but de leur institution'. Eux, au contraire, ils avaient été fondés pour ce seul objet et un vœu spécial les obligeait même à rester en otages pour faciliter les rédemptions. Un arrêt du Conseil rendu le 1 i septembre lOio régla la contestation : le droit de quêter dans toute la France pour les captifs fut reconnu aux seuls Trinitaires, mais on accorda aux Mercédaires l'autorisation de quêter « dans les endroits de France » où ils auraient des couvents, à la condition de ne « divertir ni mêler >) l'argent provenant de ces quêtes avec celui destiné aux rachats qu'ils faisaient pour l'Espagne'.

Cet arrêt, favorable en apparence aux Trmitaires, puisque les Mercédaircs n'avaient en France que la seule maison de Toulouse, devint cependant le point de départ de la fortune de ceux-ci. Protégés par la régente Marie de Médicis, ils s'installent à Paris en i6i3 dans l'hôtel de Braque et acquièrent par là le droit de quêter dans cette ville. Les expéditions du Maroc viennent leur fournir une occasion de déployer leur zèle et de justifier le patronage

I. La rpglc des Trinitaires prescrivait fin et vin tiers aux hôpitaux, consacrer un tiers des revenus à l'entretien 2. Cf. Bibl. Nat. Faclum Ld^-', n"' (j.

des religieux, un tiers au radial des captifs 12 et i3.

I.FS oliOUFS UKnFMPiriHS F.T LE? CAPTIFS CHRKTIENS Al MAItOC ,1.)-

royal clonl ils lUiIoèiI l'oljjot. En 1G29, le P. Dntliia ' accom[)ai,'ne l\a/ill\ et Du ClialarJ et reste au Maroc après leur départ ; il iic rciilic en l''raiur i|uVn l()3o a\cr cinquante caplil's qu'il ramène en trionqiiie.

Le retour des captifs raclietés était toujours, en cU'et, l'occasion d'une l'été éminemment populaire. Les religieux rédempteurs faisaient déliler les captifs processionneilement avec une mise en scène des plus suggestives ; exhibition de chaînes, d'instruments de supplice, figuration d'anges, etc. Le convoi se rendait par étapes à Paris et même au delà dans les provinces dont les captifs étaient originaires. Les processions se renouvelaient au passage dans cluuiuc grande ville. Cet appareil et celle pompe avaient un but pratique, celui d'exciter la charité des populations en fa\eur des captifs c rcsiés sous le faix d'une persécution cruelle cl luiquesquc. » La (été se terminait d'ailleurs par un scimon de rédemption fait par un [>rédical('iir choisi qui se chargeait d'exploiter l'émotion de son auditoire-.

Pifpiés au \if par le succès des Mercédaires, 1rs Trinilaiii's. ([ui u'avalenl pas l'ait un rachat di'puis iGo-l ■', prennent la résolulioii d'agir. Le chapilre génélal tenu à CcrIVoid le K) mai il)3i décide l'envoi en iîarharie des PP. Dan '■ et Escollié. Ceux-ci rachètent à Tunis en id^îô qnaranli-ilcux eschnes Iranvais, qui, ramenés avec la pompe habituelle de Marseille à Paiis. l'onl Icui- euirée solciuiellc par la porte S'-Antoine le 20 mai i(i3.") '.

Mais les événements qui eurent lieu au Maroc celle même a'iinée iG3ô précipitèrent la crise entre les deux ordres rivaux. Le chef d'escadre Du Chalard, envové à Salé pour négocier la confirmation de la paix de lO.'ii, se laissa apitover par les soulTrances des malheureux captifs. Il ne disposail |)our effectuer leur rachat (|ue d'une somme de vingt mille livres, dont dix mille avaient été fournies par le Roi ', et dix mille avaient été avancées par lui-nièirie, de ses deniers, sur une promesse des Etats de Bretagne ^ .Néanmoins Du Chalard prit sur lui de raclieter deux cent quinze captifs pour le prix de cent six mille deux cents livn^s*,

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