‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 280 sur 362 · LETTRE DE GASPARD DE RASTIN ' A RICHELIEU · texte numérisé non relu

LETTRE DE GASPARD DE RASTIN ' A RICHELIEU

La ville de Sale'-le-!\'euJ est retombée sous l'influence d'El-Ayachi, qui a mis te sihje devant la Kasba. — Celle-ci est ravitaillée par les Espagnols. — Défaite infligée par les Dilaïles au Chéri f qui s'avançait sur Salé. — El- Avachi d'abord vaincu par Mcnday Ahmed l>cn Abdallah le réduit ensuite en son pouvoir. — Le sièrje de la Kasba continue. — Les soldats du Chérif qui la défendent la rendront plutôt à El-Ayachi qu'aux Espagnols. — Rastin préconise une entente avec El-Ayachi pour préserver les Français des pirates et leur faire obtenir la concession d'une mine d'étain découverte prts de Salé. — J.-B. Le Gendre et lui s'emploieraient aux néqociations. — Rastin rappelle qu'il a dû s'engager solidairement avec Du Chalard pour le rachat des captifs. — Les délais convenus pour le paiement des sommes souscrites sont expirés. — Rastin prie Richelieu d'ordonner ce paiement d'où dépendent sa libération et son retour en France.

Salé, i6 juillet itJ3g.

En marge : Estât de la ville et port de Salé au royaume de Maroc en i638 et iG.Sg. — Original". — Traite de lestain. qui se trouve là en abondance.

Monseigneur,

Par faute d'occasions je nay pu escrire à V. E. depuis un an que j'en eu l'honneur par un navire de La Rochelle, par laquelle^

1. Sur ce personnage, V. Introduction, 3. Les lettres de Gaspard de Rastin, à notice biograpliique. l'exception de celle publiée ici, n'ont pu

2. Cette mention qui figurait cvidem- être retrouvées. On a vu que Marges fait ment sur l'original a été reproduite telle allusion à celles que ce vice-consul lui avait quelle par le copiste. confiées en juillet iG37(V. supra, pp. 538-

LETTRE DE GASPAnU DE RASTIV A RICHELIEC 585

je VOUS donnay advis de ce qui avoit succédé en cette ville, et de la façon que les Andaloux qui la gouvernoient esloient tombez en la sujettion de Morabito Cidi Mohamet Lavassi, hors quelques-uns qui sestoient réfugiez dans le Chasteau ou Alcasabé de celte dicte ville, où ledict Cidi Mohamet les avoit assiégez. Et, dautant qu'ay appris que le susdict navire est bien arrivé en France, ne vous useray de redite, et reciteray seulement à V. E. ce qui s'est passé depuis, tant en ces deux villes de Salé, vieille et nouvelle, comme au reste du pais.

Qu'est que, ledict Layassi continuant ledict siège du susdict chasteau. le roy d'Espagne y envoya, au mois de juillet de l'année dernière, un secours de quelques munitions de bouche et de guerre pai' deux navires, une tartane et liuict grands batteaux avec cinq cens soldats ', sur l'espérance qu'il avoit que les Andaloux qui sont audlct chasteau luy remissent la place entre les mains, ce qui n'eut point d'eU'ect". Pas moins ne laissèrent les Espagnols de leur donner cinq ou six cens quintaux de biscuit, dix milliers de poudre, et quelfjues baies et autres munitions, secours (|ui leur fut de grande considération.

Quehjues temps après, le roy de Maroc se résolut de venir en personne pour faire lever ledict siège, et pour cet effect dressa une armée d'environ vingt mil hommes et quatorze pièces de canon, et le voulant passer par les terres d'un saint ou morabito nommé Benbouquer' qui estoit et est encor en ligue offensive et défensive avec ledict Mohamet Layassy, tenant entre les deux plus de deux

539). Celle dont Rastin fait ici mention l'objet de la part dos différentes puis-

étail de juillet i638 et relatait l'accord sances, V. supra. Introduction criticpie,

intervenu à la fin de 1687 entre le Chérif p. 197.

et El-.\yachi (V. supra Introduction cri- 3. Benbouijuer, pour Ben Bou Bcker et

tique, p. 197), la rentrée des Hornachcros mieux Ben Abou Bcker. Ce marabout

dans Salé-le-Neuf et leur tentative contre dilaïte, dont le nom complet était Moham-

la kasba avec l'appui de El-.Vyachi. mcd ben Abou Bcker, mourut en 1637.

I. Sur ce secours, V. i''' Série, Angle- Mais ce nom de Bcnbouqucr a été applique

lerre, Journal de Robert Blake, i638-i639 à tort par les Chrétiens à son fils qui s'appo-

ct Espagne, i638 paxsi-n. — L'envoi de lait en réalité Mohammed cl-Hadj, nom que

cinq cents hommes n'est mentionné ni par lui donnent tous les chroniqueurs arabes.

Robert I51ake ni par les documents cspa- V. suprn. Introduction critique p. "177,

gnols. note 2. C'est de ce dernier que veut parler

a. Sur les compLtitions dont Salé était ici Gaspard de KaAtin.

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cens lieues de pais à leur sujetlion, ledict Benboucjuer liiv fut au rencontre avec partie de ses gens, et le vingt-sixiesnie du mesme mois' se rencontrèrent à un lieu nommé Iluet ol-IIabil " ou Rivière des Noirs, là oîi le Roy fut entièrement défait et perdit la pluspart de ses hommes, toute son artillerie et bagage, là oii il y avoit de grandes richesses, tant en meubles que joyaux, que argent contant, et eut de la peine de se sauver avec quatre cens ou cinq cens hommes des siens à Maroc.

Depuis la perle île hidicte ijataille le roy de Maroc ne s'est pu refaire pour dresser une autre armée, et s est contenté de se tenir aux environs de Maroc avec une petite armée volante pour empescher la couche ' des Alarbes. Pendant ce temps, le susdict Mohamel Layassy, ayant pourveu au siège du chasteau de celle ville, fut contre Muley Amel, frère aisné du roy de Maroc '. qui estoit aux environs de Fex avec une grande compagnie d Alarbes appeliez Agaanez " et Charaques ° (estans tous les Alarbes de ce païs départis en générations ou familles qui ont chacune leur nom particulier) qui l'avoient recueilly pariny eux (après qu il fui défait et chassé par le roy de Maroc son frère), et qui lenoient ladicte ville de Fez de fort près. Et, au premier rencontre, ledict Layassi fut défait ' : mais il se remit sus dans huict jours avec plus de force qu'auparavant, et alla de rechef contre ledict Muley Amet, e* le poursuivit deux ou trois journées de païs, et, l'ayant serré entre des montagnes, il le contraignit de se remettre entre ses mains avec partie desdicts Alarbes, sous quelques conditions qu'ils firent ensemble, là où il est encor, ledict Layassy se voulant servir de luy pour l'op-

I. Du mesfti-; mofe. Si l'on s'en rapportait 2. //ii('( er//a6i7. Oued el-Abid.

au texte, ce « mesme mois » serait celui 3. La couche, erreur de copiste; il faut

de juillet, le seul désigné plus haut, mais rétablir : la course.

il y a tout lieu de supposer que Rastin 4. Ce prince, fils d'une négresse, avait

croit avoir déjà parlé d'un mois postérieur été écarté du trône à cause de ses vices et de

à juillet. En réalité, d'après Robert Blake sa mauvaise conformation. V. /'"'Série, .\n-

qui était présent à la bataille, celle-ci eut gleterre, 27 mai itiSfi; etsupra, p. 363 n 2.

lieu le 16/26 octobre 1 638. On remarquera 5. Agaane:. coquille anagrammalique

que le quantième donné par Robert Blak*^ pour Zenaga.

est identique à celui de Rastin. Sur les 6. Charaques, Chcraga.

détails très intéressants de cette bataille, 7. Sur cette défaite de El-Ayachi, cl.

Cf. i" Série, .Angleterre, Journal de Robert /" Série. Angleterre, Lettre de Robert

Blake. leSS-iôSg. Blakc. 3 août i63S.

LETTRE HK r.ASPAHII DI" H ASTIN A niCHELIEU 087

poser, en cas de besoin, contre le roy de Maroc son frère ; mais il est plustosl tenu en qualité de piisonnier que de prince libre.

Après ce, ledict Layassy revint en cette ville, oii il est depuis (|iialre ou cinq mois, faisant continuer le siège du Cbasteau ; et a fait baniiH- le reste des Andaloux (jui estoient restez en cette ville et à celle de Çalé-le-Vieux, hors quelques peu dartisans. desquels ces deux villes ne peuvent se passer. Mais, quoyquc ledict cbasteau ri'ayt point eu de secours du roy dEspagne depuis le susdict, le roy de Maroc ne luy a faiet faute d'aucune chose, ayant eu lentrée de la nier libre, se servant pour cet cITect de (jnelques navires marchands (jui vont à Sally et des caravelles et saities que le roy d'Espagne tient à Ma/agan, colonie des Portugais entre Safv et cette ville. Mais à présent il y a quelque temps qu'il n'y est entré aucun secours, et dans peu de temps on verra ce qu on fera, car ils ne peuvcnl plus eslre avitadlez cjue par de grands navires, à cause que ledict Lavassi a faict venir de Toutouan une saitie et une caravelle et quatre frégates, qui se tiennent au devant la bari'e dudict cbasteau et empeschent (|ue leurs vesseaux ' n'en peuvent sortir. Et tant qu'ils seront avitaillez, asseurement ne se rendront point.

El, pour ce (|ue j'avois escrlt à \. E. (pi'il y avoit apparence (|u'ils se rendroient plustost au roy d'Espagne qu'audict Layassi, l'opinion s'en est passée, pour avoir esté les deux reniés françois, desfpicls je vous avois escrit, et cpielques-uns des Andaloux rappeliez par le roy de Maroc", les soldats duquel n'ont voulu condescendre aux propositions que faisoient les Andaloux. et y a pensé avoir de la rumeur audict cbasteau à ce sujet, [à ce] qu'en disent rpielcpies captifs qui se sont sauvez d'iceluy en celte ville, lesdicts soldats, (pai sont originaires de c'C pais et de la province de Sus, disant (pi'ils aiment mieux rendi'c la place à l'extrémité audict Layassy cpii' non pas au\ cbrestiens. qui sont ennemis de leur religion. Si ledict cbasteau vient au pouvoir dudici Layassi, il sera le plus puissant seigneur qui soit en ce pais de liarbane, à cause de la

[. Vesseaux. le texte porte : bestiaux. (Sur ce persoiuiajrc \. p. /i5i, note i).

2. Il faut entendre que les deux reniés favorisaient la cause espagnole, ce qui français, dont l'un était Moral l'Vançois avait motivé leur rappel.

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jouissance de ce port, qui se remplira aussitost de pirates, comme autresfois a esté', qui faisoienl une infinilé de maux aux marchands et autres navigans. au grand détriment du commerce.

Et si V. E. trouvoit à propos de faire quelque ouverture de paix avec ledict Cidey Mohamet Layassi, afin qu'estant une fois maistre de ce port, les François n'en receussent point de dommage, il seroit aysé d'en faire l'ouverture, et ledict s' Layassy y eutendroit volontiers, car il a quelque inclination pour les François; laquelle paix seroit beaucoup mieux observée qu'elle n'estoit avec les Andaloux, puisc[u on nauroit à faire qu'avec un homme seul, et non avec une multitude de peuple qui commande absolument. Et quand ce ne seroit que pour le respect du mal que peuvent faire ces corsaires qui à 1 advenir pourroienl esfredans ce port, ladicte paix seroit utde pour le négoce qui se pourroit dresser en ce pais. Car il s y peut faire une gi'ande traite pour s'estre descouverte depuis liuict mois une mine de très fin estain en cedict païs à une lieue de celle ville au dedans la terre, qu'on estime meilleur que celuy d'Angleterre ^ laquelle est si abondante en ce mestail qu'elle donne plus de cinquante pour cent et contient plus de huict lieues de contour, enclavant en soy quatre ou cinq montagnes en toutes les parts desquelles se trouve ledict mestail, et au fond dicelles se faict un torrent qui demeure à sec tout l'esté, tout le gravier duquel n est autre qu'estain. Le s' Jean-Baptiste Le Gendre', marchant de Houen. porteur de cette lettre, qui est venu en traite en cette ville, emporte une partie de mil quintaux et quelque peu de la terre duquel on le tire pour monstrer en France, tellement que, par le moien de celte traite, la France se pourroit passer de l'Angleterre et se pourvoir dudicl estain à beaucoup meilleur compte, et en troque des marchandises de la France, lesquelles sont de bonne débite en ce païs.

Ledict traité de paix se pourroit ouvrir par quelque honneste

1. Si l'on s'en rapporte à celle phrase 3. Sur la famille Le (icnilre. V. Inlrode G. de Rastin, il faut supposer tjuc la duction, nolice biographique. On a vu piraterie avait cessé à Salé pendant quel- ci-dessus, p. 554, que .Jean Baptiste Le ques années. Gendre se trouvait en juillet i638 à

2. On sait que le minerai d'étain se Safi, occupé à des opérations commerlirait presque exclusivement de Cornouaille. ciales.

LETTRK DE GASPARD DE RASTIN A lUfllEl.lFl- o8q

marchanl qui fusl i'X|)cil aux affaires de ce pais, couiuic est le sus- (lict s' Le Geudre, lequel, avec un adveu de Sa Majesté et de ^ ostre Eminence, pourroit liailer ladicte paix, sans que Sa Majesté fust obligée à faire les frais (|ui se soni faits autresfois aux e(|uipages des navires que Sadicte Majesté y a envoyées ; à (|uoy je m'eiuployeiay, si Sa Majesté et vous, Monseigneur, me fassiez l'honneur dem'employer, avec l'affection que je doy au service de Sa Majesté et de ^ . E. Toute la difficulté (jui s'offriroit en cette affaire seroit la relaxation des captifs françois qui sont encor icy', qui peuvent estre environ cent cinquante', lesquelzledict Layassy feroit donner pour le prix qu ilz ont esté vendus ; et. quand on ne pourroit s'accorder en ce chef et que Sa Majesté n'eust agréable d'en donner le paiement, on en pourroit convenir par un escliange des Mores de ce pais qui sont en France.

Jay advisé par toutes mes précédentes de la façon que j estois demeuré engagé de deçà pour les captifs (.\ue M' Du Cliialard emmena en France en son dernier voyage en ces costes, à condition de les payer dans six mois avec les autres qui demeurèrent icy sous sa caution et pleigenient de la mort et fuite, et pour lesquelz il me lit obliger solidairement avec luy '. Je réitère à présent mes trèshumbles supplications à \. E., vous sii|)plianl très-humblement. Monseigneur, de vouloir avoir, s'il vous plaist, compassion de inoy et conunander que je sois retiré de ce pais, car il n'est pas raisonnable qu'ayant donné liberté par 1 obligation que je passay solidairement avec ledict s' Du Chalard à quarente François captifs, que ledict sieur emmena, je perde la mienne.

Lesquelles debles se montent à huict mil sept cens quarente ducats, monnoye de ce pays de Barbarie, sçavoir cinq mil cinq cens et trois ducats pour les captifs ([ue ledict s' emmena fiez ' , commej'ay dit cy-dessus, et trois mil deux cens li'enlc-se[)t ducats pour la fuite ou

I. Il s'agit de ceux des captifs que Du <li'l litre en rcalité de 278 au lieu de iSo.

Clialard n'avait pu raclieter en i635 faute 11 faut admettre que la différence provient

de fonds. V. supra, p. ^91 et notes 3 et 4. soit de nouvelles évasions, soit de morts,

j.. On a vu que Du Clialard en i635 soit de rachats particuliers, avait laissé à Salé 333 captifs (Doc. LXWII, 3. Sur les conventions dont parle ici Gas-

p. 5o.^). et que soi.vanto s'étaient évadés au pard de Rastin, Cf. ci-dessus Relation de

cours des années iGSCi et i63- (Doc. .\CIV', Jean Marycs, pp. 537-538. pp. 53" et 539) ; le nombre restant aurait '1. Fie: c'est-à-dire : remis sur parole.

5qO 16 .UMILFT iH^CJ

mort de ceux qui csloicnt demeurez icy sous ladicle liauce', pour lesquelz Sa Majesté promit, par ses royalles lettres qu'elle envoya par un exprès par voye de Marseille^ d'accomplir le paiement conforme à l'accord fait à son nom avec ledict s' Du Chalard. et moyennant qu'on luy aceordast le delay qu'elle demandoit. me commandant d en faire instance en son nom, ce que je fis avec l'aflection que je doibs à S. E., qui fut en cela satisfaicte comme elle de si roi t ^

Mais ledict terme estant expiré, sans avoir 1 efTect de ce que Sadicte Majesté avoil promis. Dieu sçayl la peine en quoy je me trouve, laquelle seroit esté encor plus grande, si la guerre ne fust survenue en cette ville, qui, à la fin, a ruiné les Andaloux et les a assujetti audict Cidy Mohamct Layassy, ainsi que particulièrement et de temps en temps j'ay ad visé \. E. A présent, je ne me trouve pas moins pressé par ceux à qui il est deub, qui sont presque tous Ornacheros et par conséquent fort amis de Layassy.

Que si vous. Monseigneur, n'avez compassion de moy, je suis pour périr misérablement en ce pais ', pour n'avoir moien de payer si erande somme.

J'envoye au R. P. Léonard de Paris" un caycr où sont coppies de quelques lettres que ledict s' Du Clialard mescrivit, lors qu'il estoit en cette rade^, par lesquelles il appert que je m'obligeay à sa

1. On voit que G. de Rastiii, dans la négociation relative au rachat des captifs, avait contracté une obligation solidaire avec Du Chalard, mais cette obligation ne portait pas sur la totalité de la somme. Le vice-consul s'était engagé pour 5 5o3 ducats de Barbarie représentant la rançon de quarante captifs français, et il paraît en outre avoir cautionné les 333 esclaves laissés en liberté sur place à Salé. Or, par suite des morts et des évasions, cette caution s'élevait en iGSg à 3 23^ ducats, qui, avec les 5 5o3 ducats, montant de sa première obligation, faisaient un total de 87^0 ducats. Cette charge était écrasante pour Rastin et il mourut avant de s'être acquitté. Henri Prat en l0i3 dut payer tout ou partie de

la dette pour pouvoir jouir des droits de son consulat.

2. Sur la mission confiée à cet « exprès » par le commissaire Claude Luguet, d'après les instructions de Kichelieu, V. supra. Introduction critique, p. 558.

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