Cf. ci-dessus Relation de Jean Marges, p
!l. Ce fut en effet le sort de Gaspard de Rastin qui mourut à Salé en i6'i3.
5. Le P. Joseph était mort le 18 décembre i638 et le P. Léonard de Paris l'avait remplacé comme gardien du couvent de Saint-ÏIonoré.
6. On peut déduire de ce passage et de celui ci-dessous dans lequel Rastin parle de In lettre qu'il eut r< l'honneur de recevoir
LETTRE DE GA?PARr> DE RASTIN \ RICHELIEC 5() 1
prière et réquisition, de laquelle obligation il nie prunat me relever et indemniser en son propre ; et, avec icelles, coppie de la lettre que j'eus l'honneur de recevoir de Sa Majesté et partie des obligations signées par le susdict s'' Du Cliaillard. Que si V. E. daignoit jeller les yeux sur ledict cayer, je ne doute point qu'elle ne cominandast que lesdictes debtes fussent acquittées et moy délivré, en faisant donner cette partie de rargcni des auiviosnes qui se sont r(>cueillies par la France pour la rédemption des captifs à quelque marchand (}ui s'obligeast de le faire tenir par deçà et me retirer, pour m'aller jetter aux pieds de V. E. et prier tous les jours de ma vie pour la continuation de sa grandeur et [)r()sperilé, de la mesme all'erlion que je suis,
Monseigneui-, Nosfre ti'ès-afTectionné. très-lnnnhlc el Irès-obéissant servilciir.
Signé: De Uastin.
A Calé, ce i G juillet iG3()
Bibliolhèqae Nationale. — Fonds français. — V'^ de (lolberl, vol. ^i7). (!'. ^iU9 v"-^.')^. — Copie du xvn" siècle.
de S. -M. » que G. de Rasliii ii'élait pas Vy avait précédé. 11 dut y arriver en i034 venu y Salé avec Du Chalard en i635 niais après le départ de (^abiron.
RELATION D UNE RÉDEMl'TlUN DE CAPTIFS A SALÉ
Titre de départ : La célèbre rédemption de quarante-un chresliens caplil's, faicle en la ville de Salé, au royaume de Mauritanie.
Arrivez »k receus au couvent des Mathuriiis de Paris, le 22 décembre 1G42.
Le 27. donc de juin de la mesme année ili^i. il" renouvella, ou pluslost confirma la commission qu'il avoit auparavant donnée, avec association d'un des Pères de l'Ordre, au R. P. Frère Jean EscoIRé', ministre de la maison de riionneur de Dieu, près Cbelles, & le renvoya aussi tost à Marseille pour négocier celle quatrième rédemption.
Combien que ce R. Père Escoffié ait une grande expérience jointe à la connoissance nécessaire en telles alTaires, À: que sa prévoyance ait tousjours mis en asseurance, mesme dans le plus grand fort des hazards, ik ses desseins & les deniers dont il estoit chargé pour une telle affaire, il ne luy a pourtant pas manqué nouvel exercice, en cette rechaige de commission.
C'est pourquoy ce R. Père a esté contrainct de manier sa négociation, par l'accommodement forcé de ses intentions au rencontre
I. Ce documenl(Y. in/ra, p. 094, note 2) l'ordre de la Trinité. a ("te publié on i6/i3, mais tous les événe- 3. Ce père avait accompagné le P. Dan,
nients qu'il relate ont ou lieu en iG^ï- lors d'un voyage de rédemption failà Alger
a. //. le P. Louis Petit, supérieur de et h Tunis en i634-l635. V. Dax, p l\\ .
RELATION DUNE REDEMPTION DE CAPTIFS A SALÉ b()3
des personnes, qui n'y avoient autre condescendance que pour grossir la masse de leurs interests par quelque tromperie couverte, ayant plus de saloure de mer dans le corps, que d'humanité dans le cœur. Tous accords sont suspects avec gens de mer, de bois & de montagnes, et à cause <iu soupçon fondé en expérience, l'on passe les mois ik les ans sans rien arrester avec eux qu'une provision d'irnpalience. Joint ([ue 1 infidélité naturelle des Fiarljares, trop l)ien reconnue, donne la torture à mil pensées qui, du parterre de l'imagination, regardent les traittez que l'on veut faire aA'ec eux.
Enfin pourtant le grand Dieu, satisfait de la constance que l'on apporte ez œuvres qui le regardent, iS: laisé ' delà mauvaise foy de telles gens, manie des ressorts inconneusà tous dans sa divine Providence, qui nous nécessitent à croire par les effects que c'est luy seul, lV non un autre, qui fait réussir les affaires, quand on y espère le moins, «k nous monstre ensuite que les hommes ne sont que des tourbillons de témérité, des bancs d'inconstance & des idoles de vanité.
C'est toujours beaucoup gaigné, quand le long temps n'est pas tout à faict perdu. & que l'on relire l'interest de son cours par (|uel(jue salisl'action d'all'aires. Le H. Père Escoffié ayant traitté pour faire le rachact en la ville de Salé au royaume de Mauritanie, la barque à la voile passe heureusement le dcstroit de Gibraltar, & arrive à Salé sans mauvaise rencontre. Le rachapt s'y faict de quarante-un Chrestiens captifs, qui servoicnt en ce lieux-là une misérable servitude (S: peut-estre la plus dure de toute la Barbarie.
La barque estant chargée de ces sainctes despouilles, reprend la route de son retour pour Marseille. La joye de cette liberté ne dura pas beaucoup, mais c'est la condition des choses humaines, la crainte accompagne toujours l'espérance,' & la tristesse suit la réjouissance de plus près que l'ombre le corps. Ayant rejjassé le des- Iroit & estant rentrez dans la mer Méditerranée, elle ne singla pas longtem|)s f[u'cllc se trouve attaquée des corsaires d Alger". & la
1. Laisé. Il faut rétablir: lassé. portent presque toujours, soit à aller, soit
2. Les récits do rédemption, ayant sur- au retour, une tempête et une attaque de tout pour objet l'édification du lecteur, sont corsaires, périls auxquels le navire échappe, composés sur un modèle uniforme et com- grâce à de miraculeuses interventions.
De Castkies. III. — 38
charge presque engagée à une nouvelle captivité, si Dieu, auquel tout le recours, & la Saincte Vierge sous le titre du Remède, protectrice des captifs, n'eussent rendu cette attaque nulle, par la généreuse résistance qu'ils inspirent à ces nobles athlètes du théâtre de Jésus-Christ, qui se trouvèrent, sans armes, capables de captiver ces corsaires armez. Mais, estant destinez à la plaine jouissance de la liberté, qui leur estoit acquise au nom de la Très-adorable Trinité, ils se trouvèrent avoir relasché à Barcelone en Catalogne ; & de là les vens conspirans à leur bon sauvement, de l'authorité de celuy qui les retient & les lâche à son obéissance quand il veut, ils arrivèrent tous joyeux au port de Marseille le 22 du mois de novembre 16/Î2 '.
Bibliothèque Nationale. — Imprimés. Ld ^3, n° 18. pp. 11-16-.
1. La relation s'achève par le récit du rédemption des XLl clirestiens captifs, f aide voyage de Marseille à Paris où les captifs de l'authorité du reverendissime P. General arrivèrent le 22 décembre et de la procès- de tout l'ordre de la Saincte Trinité ^ Resion solennelle qui eut lieu dans la ville à demption des captifs, en la ville de Salé, au cette occasion. A la fin se trouve la liste des royaume de Mauritanie, arrivez ^ receus au quarante et un esclaves rachetés, avec l'in- couvent des Mathurins de Paris le vincjtdication de leur âge et de leur pays d'ori- deuxi'eme décembre 1642. — A Paris cliez gine. Julian Jacquin, rue des Massons, pr'es Sor-
2. Le titre de la plaquette est : La célèbre bonne M DC.XLUI.
AVIS DE LANIEU
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