V. infra, p. loi et note 2. 10. V. Ibidem
XLVI IMROnUCTION
de l'ouverture du nouveau port. Il chargea Saint-Mandrier de lever le plan de la lagune ' elle remit au capitaine hollandais OutgerClaesz., avec une lettre où il demandait au\ Etats-Généraux de lui envoyer des ouvriers habiles pour faire sauter à la mine le banc de rocher '. En décembre 1622, Albert Ruyl arrivait à Safi amenant sur son navire les carriers demandés par le Chérif^. Mais les Pallache, jaloux à la fois de Saint-Mandrier et de Ruyl. avaient su exciter la méfiance de Moulay Zidân et ameuter la tribu des Doukkala. C'est pourquoi on retint plus de sept mois le capitaine hollandais sans 1 autoriser à se rendre à Merrakech et sans même envoyer les ouvTiers à la lagune d'Aïer ^. Lorsquen juin 1628 1 amiral des Provinces-Unies, L Hermitte. vint croiser sur la cùle. les Doukkala prirent ses vaisseaux pour la flotte espagnole venant débarquer à Aïer. L'alarme fut si grande que le Chérif dut se transporter sur les lieux. Sous rinfluence des Pallache dénonçant Du Mas comme ayant livré à D. Fadrique de Tolède le plan d'Aïer, il fit arrêter l'envoyé français ainsi que le capitaine Saint-Mandrier. Celui-ci fut relâché en septembre, tandis que le pauvre Du Mas était encore gardé en prison pour ce motif en juillet lOa^-
Le projet d'Aïer fut donc écarté. Par la suite, Moulay el-Oualid tenta de réahser cette idée, mais il dut se contenter d'élever sur le bord de la lagune une kasba qui fut appelée de son nom El-Oualidya '. Aussi iiienles Hollandais avaient reconnu la dilliculté, sinon l'impossibilité, d établir un bon mouillage en cet endroit et s'étaient désintéressés de la question. Moulay Zidân, convaincu de la nécessité d'avoir sur la côte atlantique un autre port que Safi, porta ses vues sur Azemmour, où un renégat hollandais, Morato, avait reconnu la possibilité d'en établir un en construisant une digue ^ Les Espagnols, inquiets de ce second dessein, firent de nouvelles avances à Saint-Mandrier. Philippe III s'engageait à lui faire obtenir sa grâce et la restitution de ses biens, « chose qui fut traitée, dit Cespedes, avec le roi de France ». Mascarenhas devait rester en rela-
1. V. /'■' Série Pays-Bas, t. III, Rap- Journal il Albert Ruyl.
port de Van Gool, 2^ juillet 1626. !t. V. Ibidem, à la date du aa juillet
2. V. Ibidem, à la date du 2 juillet 162^, Résolution des États Généraux. 1621, Lettre de Moulay Zidân aux Etats- 5. V. infra, p. 55 et note 2. Généraux. 6. Cf. Gespedes, Historia de D. Felipe
3. \ . Ibidem, a la date décembre 1622, I\', rey de las Espahas, p. 4i3.
INTRODUCTIO.N \LVII
tioii avec l'aventurier et favoriser sa fuite, le moment venu. Gagné par les promesses de lEspagne. Sainl-Mandrier amena le (Jhérif à renoncer au projet dAzemmour. Le renégat Morato en conçut une grande fureur et dénonça Saint-Mandrier comme un espion de l'Espagne. Moulay Zidàn, voulant sur\ciller lui-même son favori, se rendit à Azemmour, puis il alla camper à Megrous '. Saint-Mandrier, qui devait connaître le revirement du Chérif à son égard, était aux aguets, n'attendant ipi'une occasion pour s'échapper.
Sur ces entrefaites, le chevalier de Razilly, envoyé auprès de Moulay Zidàn pour négocier un traité d'alliance ^ vint mouiller à Sali (octobre 1G2/1). Il fit prévenir Saint-Mandrier de son arrivée, le priant de lui obtenir un sauf-conduit pour descendre à terre. Moulay Zidàn autorisa seulement le débarquement de deux personnes. Saint- Mandrier écrivit au Chevalier pour l'informer de cette condition, mais les Maures, hostiles au gentilhomme provençal et inquiets de la présence de trois navires français en rade, interceptèrent la lettre ^ Razilly plein de confiance descendit à terre en brillant équipage. 11 fui arrêté avec toute son escorte et amené à la mahalla du sultan. Moulay Zidàn l'autorisa à rentrer en France pour chercher la rançon des captifs français *.
Quant à Saint-Mandrier, il méditait toujours son projet de fuite. En iti'i,"). il allait s'évader sur un navire français mouillé à Safi. quand il l'ut poursuivi et ramené au port '. Moulay Zidàn le garda un an en prison et le fit décapiter le 1 4 avril 1626°. Son beau-frère Saint- Amour arrêté avec lui ne fut exécuté que le 20 juin .
P.\UL Le Bel. — Le "juillet i6o(). les marchands chrétiens qui se trouvaient à .Merrakech signèrent une attestation en faveur de l'agent iioUandais Pieter Maertensz. Coy. On relève parmi les signatures celle de Paul Le BeP. Ce négociant de Rouen était
I. Cf. Cespedf.s, p. 411 ; Da Cl.mia, 5. Cf. Cespf.des, p. 5oG.
p. O.T. 6. V. infra. Histoire de la mission des