‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 28 sur 362 · Cf. Cespedes, loc. cit. date du 2 juillet · texte numérisé non relu

Cf. Cespedes, loc. cit. date du 2 juillet

INTRODUCTION XLV

produits, prétendant qu'avec une légère somme d'argent il serait facile d'obtenir de « Sa Majesté du Maroc » la concession de cet endroit pour quelqurs années'. Razillv et Du Mas repartirent le 20 février 1619 pour la France", cmmenani à bord un « gcntilbomme maure ' » nommé Sidi Farès, que Moulay Zidàn envoyait à Louis XIII avec charge de réclamer la restitution des livres enlevés par les Espagnols à Castelane, condition sine qiia non de toute autre négociation. Le Chérif demandait également qu'on lui envoyât comme ambassadeur François de Razillv*. frère aîné du Chevalier, dont la réputafiou d ennemi de l'Espagne était parvenue jusqu'à lui.

Le projet de Saint-Mandrier fut accueilli en France avec faveur, et une société ayant à sa tète un grand financier de l'époque, le s"^ de Montmort, se fonda pour l'exploitation du port d'Aïer ". Toutefois le « chevalier more » ne fut pas reçu à la Cour et resta au port oii il était débarqué', soit que son titre d'ambassadeur ne fut pas suffisamment officiel, soit que Louis XIII préférât ne pas s'expliquer sur l'affaire Castelane. De plus on n'envoya pas au Maroc le frère de Razilly ' demandé par le Chérif, mais ce fut le s' Claude Du Mas qui repartit pour ce pays avec le s"^ de La Mole, intéressé dans la Société Montmort. Il relâcha à Cadix, où il vit D. Fadrique de Tolède, capitaine général de la flotte de la mer océane'. Communiqua-t-il à l'amiral espagnol les plans et le projet d'Aïer, comme on le fit plus tard croire à Moulay Zidân'.'' On peut en douter. Toujours est-il qu'il « ne sut ni n'osa entamer avec le Chérif la moindre négociation en vue d'obtenir la concession prévue'"».

Il est probable que Saint-Mandrier avait trop présumé de son pouvoir auprès de Moulay Zidân. Celui-ci d'ailleurs avait changé d'idée : il voulait maintenant se charger lui-même de l'exécution des tra\ aux et assurer au Maroc seul le bénéfice qui devait résulter

I. V. /" Série. Pays-Bas, t. III, Rap- 5. V. infra, pp. 55-58, les instructions

port de Van GooL a/i juillet 1624, et infra, données par M. de Montmort à La Mole, p. 57. t). V. infra, p. 117 et note 2.

i. ^ . infra. p. 5i, Lettre de S'-Mandrier 7. V. infra, p. lOi.

à Puisieux, 10 février lôry. 8. Il avait succédé en celle qualité à D.

Page 1