RELATION DU SIÈGE DE EL-MAMORA
laissant brisées les deux pièces de fer fondu, et ils levèrent le siège, ayant iui> k- feu aux plate-formes, la iiuil. dans leur retraite.
Le mercredi suivant, à huit heures du matin, quatre Maures de paix vinrent à cheval devant la porte de Merrakcch, demandant le corps de ceux qui étaient morts dans la mine, dans la tranchée et dans la tour, parce qu'ils vénèrent comme des saints ceux qui meurent dans la guerre contre les Chrétiens. Le gouverneur leur refusa l'entrée, afin qu'ils ne remarquassent pas la faiblesse de la place, s'excusant sur la peste qui régnait à Salé : il ne leur livra pas les corps, parce qu'ils étaient ensevelis, leur promettant plus tard les os.
Le jeudi 5 septembre, cinquante mousquetaires et un alferez à cheval (car il n'y avait pas alors plus d'un cheval en la place) partirent pour reconnaître la campagne et n'y découvrirent aucun Maure. Le gouverneur retint cinq jours la frégate et les barques longues ; il ordonna à la zabra de rester et acheta une des barques longues, dont ce préside avait besoin.
Le mardi lo septembre, Don Juan ayant rassemblé ses gens de mer et de guerre pour revenir en Espagne, on hala la frégate avec des touées, au risque manifeste de la perdre. A ce moment, arriva le second secours, composé de deux vaisseaux, que Son Excellence avait équipés en trois jours ; ils amenaient deux cents autres hommes de guerre du régiment des Cialions, sous les capitaines Don Diego de Ibarra et Pedro Julian Lorcnço. L'un des vaisseaux avait pour chef le capitaine Chaves, et l'autre, 1 amiral Vergara, qui dirigeait le second secours et qui commande la Holtille de barloveiito. Ces vaisseaux n'étaient pas accom[)agriés de la galère Santa Clara : la nouvelle ([ue la place était secourue élaiil arrivée alors que ladite galère se trouvait dans la haie, cette galère reçut l'ordre de revenir au j)orl, ce qu'elle (il. Ce second secours ne fît autre chose que de décharger quantité de provisions et quelques munitions de guerre qu'il appoitait, et il les laissa dans la place, d'après l'ordre qu'avait donné Son Excellence, (jui avait également prévu ce cas. Quant à nous, nous revînmes 1res heureusemeni avec le premier détachement, ayant débloqué El-Mamora assiégée par 3oooo Maures et loooo cavaliers ', qui la tenaient dans un danger qu'(jn n'avait jamais vu.