Sur celte expression, V. supra, p. G32, noie i
BELATIO> DU SIÈGE DE EL-MAMOHA GaT)
Le dit don Juan résolut d'entrer ce même jour dans la ])lace ; il ordonna au navire anglais d'appareiller et de rost<M- sur une seule ancre, afin d être prêt à entrer. Le capitaine de mer répondit qu il n'était pas possible à son navire d'entrer, parce qu'il calait plus d'eau qu'il n'y en avait dans la barre (ce qui n'était pas exact). Le (lit don Juan le prit à bord de la frégate, le menaçant de le pendre. Mais, pendant ce temps-là, ses Anglais se mutinèrent, ils se retranchèrent dans la sainte-barbe, braquant l'artillerie vers la proue, où étaient les soldats, et alfu-mant qu'ils feraient sauter le navire si on les obligeait à entrer. Le dit don Juan de Duero, voyant cela, jugea bon de laisser ce navire près de la barre, et d'entrer avec la frégate, la zabra et les barques longues. 11 réunit les capitaines espagnols de mer et de guerre qu'il avait avec lui, et ceu.v-ci résolurent que le secours entrerait (car le cas prévu par les ordres que Son Excellence avait donnés était arrivé), et que, les deux grands vaisseaux abritant les barques longues, on s'approcherait de la barre. Ils entrèrent dans cet ordi'e et se déployèrent dans la rivièi'e.
La nuit précédente, les Maures blasphémaient à haute voix de leurs tranchées etdisaient : « Où sont donc votre Chris t etMarie, qu'ils ne vous favorisent pas et n'introduisent pas le secours? » Lorsque les vaisseaux entrèrent, l'ennemi les reçut avec l'artillerie de deux batteries qu'il avait sur la marine et avec un grand nombre de coups descopette tirés de ses tranchées, établies des deux côtés de la rivière ; le feu dura jusqu'à ce que les vaisseaux eurent jeté l'ancre dans un détour c[ue fait la rivière près des magasins ; la frégate faisait feu de son arldlene, et il y eut plus de 200 coups de canon et de nondjreuses décharges de mousqueterie faites par les soldais des Galions, si habiles et si exercés: ce feu produisait beaucoup de fracas et causait bien du mal aux Maures, qui suivaient la frégate à corps découvert, alors que des nôtres il n'y eut pas plus de trois hommes tués et peu de blessés. Par suite, quelques Maures commencèrent à se retirer et nos gens sautèrent à terre ; le dit Don Juan de Ducro et les capitaines Don Gonçalo de La Esquina et Don Lorenço Gomcz donnèrent l'exemple ; alors, sans grande opposition des iMaures, le secours fut introduit dans la place, avec laquelle la communication fut établie.
Le lundi 2 septembre, la muraille fut garnie de quel([ue infante-
Dt Castkiks. 111. — 4o
626 lO AOCT-IO SEPTEMBRE ifi'l"
rip (m'on lira des nouvelles troupes et de celles du gouverneur, renforcées de quelques gens de la place; on jeta cinquante soldais commandés par le capitaine Antonio Garrido le long du fossé de Salé, à la vigne de Pedro Coloma, et 4o hommes de mer sur la marine ; puis le sergent-major Don Juan de Duero y Ayala et le capitaine Don Gonçalo de La Esquina s'approchèrent pour reconnaître la mine. Mais ils étaient très exposés aux coups descopette que les ennemis tiraient de la tour et du gros mur ; le capitaine Garrido fat dangereusement blessé, un soldat de la place tué, d'autres blessés, et don Gonçalo de La Esquina reçut une petite blessure au sourcil. Le dit Don Juan de Duero avec le capitaine Don Gonçalo de La Esquina, les quarante hommes de San Lucar et quelques soldats de la place et des galions, n'ayant, ce qui ne s'est jamais vu, que l'épée à la main, attaquèrent la tour et la prirent, avec une valeur incroyable. Parmi les premiers qui montèrent à l'assaut furent l'alferez Arroyo, des troupes de la place, et Juan Martin, maître de la barque, qui, pour prendre part à l'affaire, s'enfuit de celle-ci et se sau^a sur une autre. Et, en conséquence, ils recouvrèrent les trois pièces de bronze que les Maures avaient enlevées de la tour et qui étaient auprès de cette tour sur une plateforme : ils les enclouèrent, pour le cas oîi lennemi se rallierait ; toutefois, nous les retirâmes ensuite. Ils chargèrent aussitôt tous ensemble sur 1 entrée de la mine et y jetèrent deux bombes de feu; il en sortit quelques Maures, dont deux furent faits prisonniers; il y en eut onze enterrés vivants dans la mine.
Les nôtres aveuglèrent la mine et la source, et ils barricadèrent la fausse porte du gros mur avec des gabions remplis de terre, puis de là ils poussèrent les Maures jusqu'à les rejeter de la tranchée, tandis que la place nous couvrait du feu de ses mousquets et de son artillerie. Les Maures clierchèrent opiniâtrement à recouvrer la tranchée, mais ils furent repoussés et, serrés de près, ils tournèrent le dos. Don Juan de Duero mit aussi en défense la tour, remplaçant par des gabions ce qui avait été détruit par le feu de la place, et il la garnit d infanterie tirée do celle-ci, de munitions et de ce qui était nécessaire pour la défendre : il y mit pour chef l'adjudant Castejana et y arbora un étendard avec les armes de Sa Majesté.
Le mardi 3 septembre, les Maures retirèrent le demi-canon,