RELATION DINE RÉDEMPTION DE CAPTIFS A PALE
de Marocques. nommé Moulcy Mahomet \arifr, ayant conquis toute la Barbarie, avoit reuny ce royaume à son empire, mais, après sa mort, son fils aisné. refusant à ses frères leur légitime ordoimée par le testament de leur perc, causa une guerre civile dans ses Estais, qui y a duré si long-temps, que le roy de Maroques aujourd'huy est despouillé de ses royaumes, & n"a plus que trois à quatre mal-heureuses places sous sa domination'. Pendant les troubles, un alchaie ou gouverneur nommé Obayes, après le deceds de Muley Maluco Xarife, sapropria la régence de Fez, sur lequel un nmlTety l'emporta & se qualifia Sainct : de sorte que, joignant l'intcrest de la Religion avec celuy de l'Estat, il resta le maistre. Et depuis vingt ans ou peu plus, autie Sainct descendu des Barbes', nation qui habile les montagnes sans maisons, se partagea les ports de mer »k plus belles places de ce royaume de Fez, qui s'appelloit Lahiachée\ qui est celuy sur lequel Cidi Mohamad Benhobuquier '. aujourd'huy régnant, a conquis tout le royaume, qu il ne se peut conserver, estant vieil, «k la jalousie contre ses cnfans trop grande dans le pays, qui sera aysé à conquérir quand on voudra y penser sérieusement.
En ce rovaume de Salé est un fort bon jjort de mer où d'ordinaire trafiquent nos François du Levaiit i-V du Ponant, les Espagnols, les Portugais, les Holandois & les Anglois, quoy qu'ils courent risques d'estre pris & faits esclaves en la pluspart des navigations. F.e roy de France, les Estais de Holande & les Anglois ont des consuls en ce lieu, chez lesquels chaque nation exerce sa religion à portes clauses" par la permission du Prince. Ce port comprend deux villes: l'une est du costé de l'isle de Fedalc. ik lautre de La Mamore, qui est au roy d'Espagne, toutesdeux fermées de murailles (k séparées par la rivière cpii se joint à la mer au pied du Chasteau.
1. Moulav Mohammed ech-Clioikh et- /i. Sidi Moliammed cl ll.iilj ed-Dilaï. /Isciy/iirn'avaitcommeplacfs maritimcsquo V. supra, p. 577 et noie 2.
Safi el Oualidya. — Il est dilTicile d'iden- ô. Il n'y avait pas à Salé de (|u;irtier
lifier les personnages et les événements franc, de fondoiik pour les marchands cliré-
auxcpiels fait allusion l'auteur dans son liens de chaque nation, comme oclascvoyait
rapide expose de l'histoire du Maroc avant dans les érhelles des régences barharosques
El-Avachi. (\ • Mas Latkif, p. 170). Les Chrétiens
2. Barbes. Berbères. vivaient mélangés sans distinction de na-