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68o APRÈS LE 12 SEPTEMBRE l65'l
Les personnes de ce lieu sont exacts observateurs de leur loy de Mahomet. Jl y a es deux villes grand nombre de mosquites, comme qui diroit petites églises ou chapelles, & deux grandes mosquées, aux pieds desquelles sont tours carrées, au plus haut desquelles montent des hommes qui font le signal des prières et retraites, comme font nos cloches en France. Le mouden^ est le signal de deux heures avant jour ; louly est le midy ; le dehors, c'est deux heures après midy (il faut remarquer qu'un drapeau ou enseigne se tire à midy au haut de la tour, pour montrer à ceux de la campagne que c'est l'heure de faire le « sala » indispensablement, & s'abaisse à deux heures)" ; à quatre heures autre signal s'appelle lazer', auquel toutes boutiques se ferment, & les ouvriers quittent besongne, mesme les esclaves retournent pour eslre renfermez en leurs massemores ou basse-fosses, avant la nuict; le dernier signal des prières s'appelle magret'' ; & sont tous si religieux qu'ils ne manquent, en quelque lieu ou compagnie qu'ils soient, d'estendre leurs mains au ciel »k s'éci'ier : « Alha Hochhec" , Disseni'da : Grand Dieu tout soit en ton nom! » Puis, se mettans à genoux, plians tout le corps par trois fois, ils donnent du front contre terre et disent : w Délivre-nous de tentation » ; &, se relevans de derrière sur leurs talons, ils regardent le ciel, disans : « Délivre-nous du Diable ». Finalement, relevez et les mains estendues vers le ciel qu'ils regardent, ils s'escrient : « AUahemdrulha'' : grâces te soient rendues! » Jamais ils ne boivent ou mangent, qu'ils ne mettent la main à la bouche, puis au front, disans : « Alla Hocbech, Bissemilha » &, ayans heu & mangé réciproquement, ils disent : « Allhahem
1. Le Moaden. L'auteur commet une tion usuelle « Louli » l'heure de midi un
erreur. « Le mouden» moucddin (d'où par quart. C'est le moment où le drapeau est
. ' , hissé au sommet de la mosquée pour la
corruption muezzin) Ô3v« n est pas lo nom ., , , , ., , ■. , „
'^ ' -^ ' prière au dohor (dehors), laquelle peut se
d'une prière mais le nom de celui qui, du <■ • ■ .. i . i • i „ i
<: » iairejusqu aune heure et demie; le moucd-
haut du minaret, fait l'appel à la prière. ,. ■ i i i
f^i ' din amené alors le drapeau.
Celle qui se fait deux heures avant le jour
, 11 1 r j- Il 3. Lazer. El-.\s5cr -aJ'.
s appelle el-ledjeur jSuîJi. -^
.'.. 'i. Mnijret. El-Maghrch.
2. On appelle El-Dohor cl-aouli ,^la'l . ., ,, , , . ,, , , ,
" J*^ 5. -W/ia Hoc/.èec. .\llah akhcr!
(3jVl (le premier dohor) et par abrévia- 6. AUahemdrulha, El-Hamdou lillah.
RELATION n'u>"E RÉDEMPTION DE CAPTIFS A SALÉ 68 1
driilha ». Leur profession de foy csl en leurs termes, « La ilha, lia Alllm, Mehemel rasoul Alha », cesl-à-dire : « 11 n'y a qu'un seul Dieu, Mahomet est son prophète & son apostre ». Ils oroyent 1 unilé personnelle ik non la Tiinité en Dieu, ijuc Jesus-Chrisl est venu du ciel prescher l'Evangile comme Messie, qu'il a esté ravy ik retournera, (jii'il avoit promis qu'un grand prophète viendroit après iiiy (pii aniioiicei'oit au monde toute vérité, ».V que ce [)ro[)hete est Mahomet. Ils disent que les Chrestiens font injure èi Dieu, de cioire que Jésus soit Dieu, & font injure à Jesus-Christ de le croire mort d'une mort infâme comme celle de la croix, & ce sont les deux motifs de leurs persécutions contre les Chrestiens, en cpioy ils sont très-dignes de compassion. Leur dernier signal est celuy de retraite, qu'on appelle lâcha' , auquel toutes les rues se ferment par cantons, tant ils appréhendent d'estie surpris des Chrestiens.
Outre les mosquées, les campagnes sont pleines de petits domcs ou sepulchres de leurs Saincts, oii l'on \a en pèlerinage ; &, si un Chreslien y estoit entré, ils I estimeroient tellement poilu, qu'ils le condamneroienf au feu, ou à se faire Moi'e de leur religion. Leur cimetière est tout autour des murailles, oii ils enterrent avec mesmes cérémonies que les Chrestiens, c'est-à-dire disans des prières ik des pseaumes, »k difTerenl en ce que le corps est mis sur le (;osté au sepulchre, la teste accostée sur la main droite, & regardant le soleil levant. Ils ont grand soin d'inhumer avec honneur; les fosses sont pavées tV de toutes parts ornées, en sorte que le corps ne touche à terre. Deux personnes ne sont jamais mises en mesme sepulchre. Ils ensevelissent comme nous, &, la fosse couverte, chacun se retire, à la reserve de leur prestre qui se met à genoux, &, la teste courbée contre terre, parle à ce pauvre deffunt, dont il croit que lame demeure suspendue jusqu'au jour du Jugement ik de la résurrection. Puis, s'estanl retiré, nombre de femmes viennent prier, crier ^: pleurer, comme elles font ordinairement les vendredys, qui est le jour de leur dimanche.
Leur Ramadan, autrement Caresme, s'observe inviolablcmenl, sur peine du feu, dont le prince mesme ne seroit exempt, s'il estoit contrevenu sans cause jugée légitime en la mosquée. Toutes les