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LETTRE DE COMMINGES A BRIENNE

CXXYtlI

LETTRE DE COMMINGES A BKIENNE' Il rend compte de sa conférence avec les plénipotentiaires portugais.

[Lisbonne, a"» juillet lOÔ^.J

Monsieur,

Par ma depesclie du i8" du courant, qui est la seule que je vous ay faicle depuis mon arrivée en Portugal, el que j ay remis entre les mains du capitaine Jamin. de La Rochelle, pour estre remise en celle de mon correspondant, pour estre envoyée en diligence à la Cour, je vous rcudois compte de ma réception et de ma première audience, qui se passa en condoléance sur la mort du feu roy de Portugal et en lesinoignage de joyc pour l'acclamation de celuy

Le 23" du courant, le Secrétaire d'Estat me vint rendre visite, el, après d(;s civilité/, ordinaires, il me demanda (|uel jour je voulois prendre pour la conférence; je luy dis que le plus tosl ne seroit que le meilleur, et que, s'il le jugeoit à propos, ce seroit le lendemain à |)arcille hciiic. Il me proposa le couvent ou un palais, mais je creus qu'il estoil à propos (|u'elle se list chez moy. Je luy insinuay de manière ([ue la chose fust arrestée.

Sur les quatie heures du soir, M" les députiez se rendirent chez moy, sçavoir M" les comte (h; Mire, gouverneur du Hoy, le marquis (le Nice, le comte de Cantagncde, le père Dominicpie du Uo-

I. Iloiiri-Auguslo (le Loniénie, comte aux affaires étrangères, après la disgrâce de de Brienne (i5g.ï-i6li6), secrétaire d'État Chavigny, de if)/|3 à i663.

De Castries. m. — • 44

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zaire et Povleira da Silva, secrétaire d'Estat. Après quelques complimentz, nous nous enfermâmes dans une chambre, où je leur fis les propositions du Roy mon maistre, lesquelles j'appuyay de touttes les raisons et exemples que mon esprit et ma mémoire me purent fournir. Hz furent fort estonnez des demandes et principallement lorsque je leur parlay du Tanger, que je leur dis avoir desja esté offert au Roy par les ministres de Portugal. Sur cette proposition, le père Dominique dict qu'il estoit vray que monsieur 1 evesque de Frejus' et luy en avoient parlé, mais que ce n'estoil pas sur le sujet de la Ligue, mais bien sur celuy du mariage du Roy. Je ne laissay pas pourtant d'insister sur cet article comme sur tous les autres. Hz tombèrent tous d'accord de la nécessité de la Ligue et des grands avantages qu'en tireroit le royaume de Portugal, mais qu'ilz me piioient de faire reflexion sur leur impuissance, qu'ils estoient résolus de tout faire pour conclurre le traicté, mais qu'il n'estoit pas raisonnable d'exiger ce qu'ilz ne pourroient exécuter. Cette conférence se passa de la sorte, et ces Messieurs me demandèrent de mettre les propositions par escript, ce que je leur ay promis. Je les ay envoyé ce matin au Secrétaire d'Estat. Je vous en envoyé la coppie '"

Je les incite tous les jours à faire quelque chose. Mais, pour vous dire le vray, ilz ne sont ny assez forts ny assez capables pour attaquer ou maintenir aucune place considérable. Hz se resjouissent de la prise de vingt cavaliers comme s'ilz avoient gaigné un combat. Enfin la guerre de ce pays-cy est assez comparable à celle des petitz enfans quy sont dans les rues et fuyent chacun à leur tour.

Archives des Affaires élriinqbres. — Porlur/al. — Correspondance politique, Vol. 4', f. 87. — Copie.

I. Joseph Zongo Ondedei, évêque de 2. V. supra, p. 687, Doc. CXXVII, un

Fréjus, i654-23 juillet 1674. extrait de ce document.

Note bibliographique

La relation écrite sous forme de lettre, qui est publiée ci-après sous le numéro cxxix, nous a été conservée par une plaquette éditée en 1670, et qui a été traduite en plusieurs langues. L'édition française, qui sera désignée par la lettre C dans la discussion qui va suivre', est intitulée :

C. Lettre escritte en réponse de diverses questions curieuses sur les parties de l'Affrique où règne aujourd'huy Muley Arxid, roy de Tafiletc. Par Monsieur ****, qui a demeuré 2.'i. ans dans la Mauritanie.

A Paris, chez Gerrais Clouzier, au Palais, sur les degrez, en montant pour aller à la Sainte Chapelle, à la seconde boutique, à l'enseigne du I oyageur. M.DC.LXX. Avec privilège du Roy-.

Celte plaquette se rencontre soit seule, soit à la suite de deux autres et formant avec elles un « Recueil factice. » Les deux plaquettes précédant la Lettre escritte dans le recueil factice seront désignées par les lettres A et B. Voici leurs titres :

A. Histoire de Muley Arxid, roy de Tajîlete, de Fez, Maroc i^- Tarudant^ .

B. Relation d'un voyage fait dans la Mauritanie, en Affrique, par le sieur Roland Frejus de la ville de Marseille, par ordre de Sa Majesté en l'année 1666. vers le roy de Tafilete, Muley Arxid, pour l'establissement du commerce dans toute l'étendue du royaume de Fez, çj- dans toutes ses autres conquestes^.

i. On a adopté pour celle plaquette la de S. A/. Bri/unnii^uc. Le titre de départ est :

troisiime lettre de l'alpliabct, parce qu'elle llbtuirc du prince Tajilele, qui règne presen-

occupe, ainsi qu'on le dira plus loin, la troi- lemcnl en Barbarie. On ne rencontre pas

sii'me place dans le Recueil factice où on la celte plaquette en tirage à part, mais tou-

renconlre souvent. jours réunie aux plaquettes Bel C. L'ori-

2. Le privilège daté du 21 mai 1(570 ginal anglais, dont la plaquette .\ est la s'applique aussi bien à la plaquette C qu'aux Iraduclion, est intitulé ; A sltorl and stranrje plaquettes .\ et H dont il va être parlé relation of some paris of Itie tife ofToJiletla, ci-apri s. Ihe greal conqueror and emperur oj Barbary,

3. Le titre de la plaquette A est donné by one who lialli talely becn in llis Mojislies comme suit dans le Privilège: Histoire de seroice in tlial country, Londres, i6t)i), 4°. Muley Arxid, roy de Tafilete. de Fez et de !{. La plaquette Use rencontre en tirage Maroc, traduite de t'angtais. par '" agent i part.

6<)2 INOTE RIBLIOGRAPHIQUE

Il n'existe pas d'autre édition française de la Lettre escritte que celle qui a été nieulioniiée plus haut, soit celle de iG"o. Cette date est celle où ont paru les deux autres plaquettes A et B du Recueil factice, qui n'ont également pas été rééditées depuis. Toutefois plusieurs bibliographes, reproduisant la même erreur, indiquent pour les plaquettes B et C une seconde édition de 1682'. 11 s'impose donc tout d'abord de faire justice de cette seconde édition et, pour fournir une base à la discussion, de passer en revue dans l'ordre chronologique, malgré l'aridité de cette nomenclature, les différents « numéros » sous lesquels les bibliographes ont catalogué tant la Lettre escritte (C) que la Relation de Roland Fréjus(B), car ces deux ouvrages sont souvent confondus par eux, et les erreurs qu'ils ont commises en les décrivant ont eu une mutuelle répercussion.

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