‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 39 sur 362 · V. infra, p. 1^6, Hisl. île la mission Le Gendre · texte numérisé non relu

V. infra, p. 1^6, Hisl. île la mission Le Gendre

des PP. capucins au Maroc. 3. Cf. Eludn de Maîtrn Paul Bréard

2. V infra. p. ■ji4, Relation de Thonnis h llonflcur, MimUes. année ifi24, f. 78.

LXH I^■TRODUCTIO^

Muley Arxid, roy de Tnfilete. — Par Monsieur**** qui a demeuré 25. ans dans la Mauritanie. Celle relation parut, comme on le voit, sans nom d'auteur, mais les circonstances du récit ont permis d'établir de la façon la plus certaine qu'elle devait être attribuée à Thomas Le Gendre'. Le libraire-éditeur doit être seul rendu responsable de certaines mentions qui figurent dans le titre et qui seraient en contradiction aAcc ce que nous savons de la vie de Thomas Le Gendre. Pour donner plus de crédit à la Lettre escrilte, il aura fait résider l'auteur anonyme au Maroc pendant vingt-cinq ans. Enfin laddilion ou règne aujourd'hui Muley Arxid était destinée à donner de l'actualité à une relation qui se rapporte surtout au règne de Moulay Zidàn et des derniers chérifs saadicns.

Thomas Le Gendre mourut, le 27 décembre 1682, à l'âge de quatre-vingts ans". Il avait eu, de son mariage avec Françoise de Saint-Léger, qu'il avait épousée en 168/4, douze enfants. Celui qui lui succéda à la tète de la maison de commerce fut le troisième, né en 1689 et appelé Thomas le Jeune pour le distinguer de son père. Il dut abjurer le protestantisme, lors de la révocation de ledit de Nantes, car il obtint de Louis XIV des lettres de noblesse enregistrées à Rouen en la grand'cbambre du Parlement le 9 juin i685. Il ajouta à son nom le litre de sieur de CoUandres, fief situé près de Beaumont-le-Roger. Sa fortune s'élevait à quatre ou cinq milhons, et le nombre de ses correspondants était considérable. En 1707, il acheta de Marie-Anne-Henriette d'Epinay Saint-Luc les terres de Gaillefonlaine, Beaussault et Bézancourt, moyennant la somme de 4o8ooo livres. Il devint aussi seigneur de Romilly, d'Alge, d'Elbœuf et de Maigremont.

Ni son frère Philippe, le pasteur, ni ses enfants Guillaume et Thomas ne le suivirent dans la voie de l'abjuration. Philippe fut condamné au bannissement par le parlement de Rouen et se retira à Rotterdam, où il exerça son ministère. On lui doit une Histoire de la persécution faite à l'église de Rouen. Quant à Guillaume el à Thomas, ils avaient respectivement quatorze ans et treize ans, lors de la révocation de ledit de Nantes. Retirés à Rolterdam avec leur

I. V. rn/ro. Noie bibliographique sur la 2. Pour tous les renseignements qui siii-

relalion de Thomas Le Gendre, p. 697. vent, V. Emile Lesens, op. cit.

INTRODUCTION LXIII

oncle, ils obtinrent, le G décembre 1686. une décision du Magistrat de cette ville par laquelle le bourgmestre et les échevins les prenaient sous leur protection. Il semble d'ailleurs que, malgré la différence de leurs destinées, les Le Gendre de Hollande soient restés en relations avec les membres de leur famille résidant à Rouen .

Jea\-Baptiste Le Gendre. — Né en 1600' et par conséquent plus âgé de deux ans que son frère Thomas, il dut venir avec lui au Maroc en 1618. Jean-Baptiste Le Gendre dirigea très vraisemblablement à Safi les intérêts de la maison paternelle, ce qui était plus conforme à son âge et à sa qualité d'aîné. Rappelons qu'en 1618 Thomas n'avait que seize ans. Si l'on a néanmoins placé au premier rang la notice consacrée à ce dernier, c'est uniquement parce que la relation qu'il a écrite permet de donner sur lui des détails biographiques plus étendus et de suivre en même temps l'histoire des négociants français au Maroc sous Moulay Zidàn.

La présence de Jean-Baptiste Le Gendre est constatée à Safi à la date du 28 novembre 1628 par une mention du journal de l'agent hollandais Albert Ruyl'. On a vu qu'il y résidait en novembre 162A, date où des habitants de Honfleur le chargent, conjointement avec son frère Thomas, de racheter leurs parents détenus en captivité. Il quitta le Maroc avec les marchands français établis à Safi, à la fin de i625. Mais il y retourna en i638 sur le navire du capitaine Esmery, de Caen. On le trouve à Safi au mois de juin de cette année ; il était porteur dune lettre de Louis XIII pour Moulay Mohammed ech-Chcikh el-AserjInr. Le nouveau chérif lui fit bon accueil et témoigna qu'il désirait continuer la paix^; il lui remit neuf esclaves français et l'assura que, s'il redevenait maître de Salé, il lui donnerait tous ceux (pii étaient détenus dans cette place.

Moulay Mohammed ech-Cheikh fit plus encore et prit la défense des intérêts de Jean-Baptiste Le Gendre contre les Anglais. Ceuxci, qui avaient remplacé les Pallache dans la ferme des douanes, voulaient s'opposer à ce que le marchand rouennais allât traiter ses

I. V. Hibl. (If la Sociélc de l'IIist. du 3. V. i" Série. Pays-Bas, t. III, Journal

proU'stantismp français. /îcy f/psm/iumn(ions d'Albert liuyl. à la date du xZ novembre

faites à Rouen, Quevilly et Haint-Sever, Ms., 1628.

aunomLeGendre,àIadaledu24marsi66o. 3. V. infm. Doc. XCVI, p. 553.

INTRODUCTION

marchandises à Safi. Le Chc'rif leur fit dire « qu'il vouloit que les Français trafiquassent comme eulx et qu'ilz y fussent les bien venus" ». Il profita de l'occasion pour envoyer, parle vaisseau du capitaine Esmery, un ravitaillement au caïd Morat François assiégé dans la kasba de Salé par Sidi El-Ayachi. Ce vaisseau arriva devant la place le 22 juin i638". Jean-Baptiste Le Gendre, qui avait l'intention de revenir en France pour la Toussaint \ resta au Maroc jusqu'en iGSg. Tandis qu'il se trouvait à Salé, en novembre i638, on découvrit à une lieue de la ville « une mine de très fin estain... qu'on estime meilleur que celuy d'Angleterre, laquelle est si abondante en ce mestail qu'elle donne plus de cinquante pour cent et contient plus de liuict lieues de contour ». On chargea Le Gendre d'en emporter « une partie de mille quintaux et quelque peu de la terre duquel on le tire pour monstrer en France' ».

Jean-Baptiste Le Gendre quitta Salé en juillet iGSg; le viceconsul Gaspard de Rastin l'avait chargé de remettre à Richelieu une lettre en date du 16 de ce mois, dans laquelle il exposait sa triste situation".

Il ne semble pas qu il soit retourné au Maroc après 1689; il mourut à Rouen le 2/i mars 1660. Sur le registre d'inhumation, il est qualifié « sieur de Boisville, marchand bourgeois de Rouen" ».

IsAAC DE Razillv '. — ^ La famille de Razilly*, qui tire son nom du fief et château de Razilly^, appartenait à la fois à la Touraine, à l'Anjou et au Poitou. Isaac naquit en 1687 au château d'Oiseau-

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