V. supra, pp. Lxix-Lxxii. lard
h. Dans sa lettre de commission, datée 6. Sur ces événements, V. /èiV/em.
du 6 mai i63i, P. Du Chalard est qualifié : 7. Sur la mission du capitaine Cabiron,
« capitaine et gouverneur de nostre Tour de V. infra. pp. Ulx^j-li^o, Relation d'Antoine
Cordouan et capitaine gardo-cosle de nostre Cabiron, et pp. 461-470, Compte d'Antoine
province de Guienne ». V. infra. p. Srjg. Cabiron.
INTRODUCTION LXXV
En vertu de ses inslruclions, datées du 2/1 octobre i63A. il était ft chargé de mener et de conduire au roy de Marocq les Mores ses subjects qui avoient esté sur les galleres de Fiance et retirer par forme d échange les François retenus esclaves par ledit roy de Marocq et mesmes par les habitants de Salé ' ». Au cas où les Salétins refuseraient cette transaction. Du Chalard devait composer avec eux dans les limites de la somme qu'il emportait avec lui. Toutefois, si les rançons dépassaient cette somme, il était autorisé à emprunter au nom du Roi « et par son crédit particulier des marchands qu'il trouxeroit audit Salé ce qui seroit nécessaire pour faire ledit rachapt jusques à la somme de cent livres par homme, que Sa Majesté promit de faire rendre et payer trois mois après son retour' ».
Conjointement à cette mission de rédemption générale dont il était chargé par la cour de France, Du Chalard en accepta une particulière des Etats de Bretagne pour le rachat des caplifs de cette province^. A cet efl'ct les États réunis à Dinan votèrent, le i4 décembre i63i, une somme de loooo livres et firent remettre à Du Chalard la liste des captifs bretons. Mais, comme les fonds n'étaient pasprèts les députés des Etals le prièrent de vouloir bien en faire l'avance, et celui-ci, avant son départ, dut emprunter aux sieurs Bibault et Bordet, banquiers à La Rochelle, la somme de dix mille livres c< dont il liia lettre de change sur la dame Du Challard * ».
Il partit le 3o avril i635 de l'île de Ré et arriva à Safi le n mai. Outre son vaisseau « la Renommée » il emmenait avec lui « l'Espérance-en-Dieu » commandée par le sieur de Poincy, et « l'Isabelle » qui servait de patache. Moulay el-Oualid se trouvait à Aïer. surveillant les travaux de sa kasba d'El-Oualidya, où étaient employés tous les esclaves chrétiens. Il se rendit le 23 mai à Safi pour se rencontrer avec l'ambassadeur de France. Sur ces entrefaites et tandis que les pourparlers se poursuivaient, le navire « la Perle », battant le pavillon anglais, vint mouillera Safi. Du Chalard somma le capitaine anglais Lucas Wheston de « desarborer son pavillon
I. V. Bibl. \at.. Imprimés, F' i^â.'îi, s6â2. pp. 6jo-6yi. Délibération des Étals
Facliim pour esruier Jciin Du Bouexic... de Bretagne d\i l4 décembre i634.
p. I. !)■ Bilil. Nat., F' lyô.lo. Factwn pour
î. Cf. infrn. p. ^-/i, nnli- i. messire Priam-Pierre du Chalard. conseil-
3. Cf. Arch. Départ. il'Illoct-Vilaiiic G 1er du lloy en ses conseils d'Eslat, pp. 1-3.
LXWI INTRODUCTION
de son grand mast ». le menaçant d'aller à son bord pour le contraindre « à rendre à la bannière de France l'honneur qui luy est deu ». Whcston piqué répondit « qu'il esloit prest de le recepvoir et laltendoit avec bon potage et qu'on verroit qui seroil le plus fort ». C'était provoquer Du Chalard au combat, et cela en pleine rade de Safi, sous les yeux des Maures, du Cliérif ' et de son entourage. Le vice-amiral français estima qu'il « eust été déshonoré, s'il eust manqué à son debvoir et en fut demeuré là en présence du roy de Maroc... qui eust fait mauvais jugement du Roy et de son Conseil de luy avoir envoyé un ambassadeur lasche et peu curieux de la conservation de l'honneur de son maislre, pour trailter des affaires de la paix ». C'est pourquoi il fit lâcher sa bordée de canons, à laquelle le capitaine anglais répondit par la sienne. Le combat fut très chaiid : après trois heures de canonnade et de mousqueterie, le navire anglais ayant perdu son capitaine et ses ofïiciers demanda quartier".
Les négociations, à peine interrompues par cet intermède guerrier, reprirent entre les plénipotentiaires marocains et Du Chalard. Le traité fut signé le t 8 juillet i635 ; une clause stipulait la relaxation de tous les esclaves français'. Puis Du Chalard se rendit à Salé où, le i" septembre i635, il fit signer aux Salétins un accord par lequel ceux-ci acceptaient le traité passé avec le Cherif. « La Renommée» rentra en France en novembre i635, ayant à son bord trois cent quatre captifs. Sur ce nombre deux cent quinze avaient été rachetés pour la somme de 106200 livres aux Salétins, qui en donnèrent quittance le i" octobre i635 ; quarante autres furent remis, sur promesse solidaire de P. Du Chalard et du viceconsul Gaspard de Rastin de payer la somme de 5 5o3 ducats soil 27,015 livres. D'autre part le Chérif avait mis en liberté, par échange, vingt-huit esclaves qui étaient sa propriété personnelle.
I. Le combat cul lieu le 27 mai. D'après rendre à Aïer, se soit trouve le 27 assez
le P. l'Vançois d'.\ngcrs (V. infra. Hist. rie près de Safi pour être témoin du combat.
In Mission des PP. capucins au Maroc. 2. Sur cette affaire V.' infrn. Doc.
p. A87), le Chérif serait reparti de Safi le LXXXVIl, p. 5i6; j" Série. Angleterre,
36 mai. 11 n'y a aucune raison de mettre à la date du 13 juin i635 ; Bibl Nat.,
en doute le dire de P. Du Chalard. Mais, Imprimés. Lb-^^ 35gS.
dans tous les cas, on peut admettre que 3. V. le texte de ce traité, infra. p. igs,
Moulay el-Oualid, longeant la côte pour se el notamment l'article 111.