‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 53 sur 362 · I.XXXII INTIîODUCTrON · texte numérisé non relu

I.XXXII INTIîODUCTrON

conflit aurait pu devenir aigu, sans le traité du i5 seplemlirc idSi passé avec le chérit' Moulay el-Oualid. En vertu de l'article \ III de cet accord, les Français étaient autorisés à établir des consuls dans tous les ports du Maroc, où bon leur semblerait'. C'est ainsi que André Prat l'ut confirmé à Salé, Mazet fut nommé à Merrakech et le s' de Bourgaronne à Safi. En outre, Mazet nomma un correspondant à Sainte-Croix (Agadir)^. En fait. Mazet resta à Safi. Dans les documents, il est appelé « le consul de Saffy » \ ce qui semble indiquer que Bourgaronne était sous ses ordres.

Très zélé comme on l'a vu dans la défense des captifs français, le consul Pierre Mazet ne semble pas avoir été à l'abri de tout reproche dans sa gestion financière. En i63i, il n'avait pas encore remboursé les 28886 livres dont il était redevable. C'est pourquoi en i 682 Du Cbalard envoya à Safi le s' Julien Du Pun pour en opérer le recouvrement. Celui-ci, dès son arrivée, constata « le mauvais mesnaigement du bien d'aultruy par le s' Mazé et Bourgaronne ». Il dut s'acheminer à Merrakech, où se trouvait alors Pierre Mazet, venu pour réclamer du Cliérif la mainlevée de deux tartanes provençales capturées à Sainte-Croix. Moulay el-Oualid accueillit fort mal le consul : il se plaignit de 1 attitude du roi de France, qui ne lui avait pas envoyé la ratification du traité de i63i, alors que lui, il avait mis en liberté tous les captifs français. Du Puy tenta vainement de faire entendre raison au Chérif, lui expliquant que tous les torts venaient du juif David Pallache qui avait été chargé d'apporter au Maroc la dite ratification^. Mazet ofl'rit k sa teste à mercy » que, si le s"^ Du Puy rentrait en France pour exposer la situation, le roi de Maroc recevrait satisfaction dans six mois '". Mais les Pallache avaient momentanément circonvenu le Chérif: le consul, s'étant présenté au makhzen j^our demander le congé de Du Puy, on lui fit savoir de la part de Moulay el-Oualid qu'il eijt à payer 70000 onces pour semblable somme qu'il avait reçue de Razilly et de P. Du Chalard en marchandises prises aux Pallache en i63o.

Page 1