I. V. le texte do cet article, infra, Chilaril
p- /nHj. /i. V. infra. pj). i|^i-i4i, Lettre de
■1. \. infra. p. ^3^, Gazelle de France, Julien Du Puy à Du Chalard. a février
19 novembre i63i. iG33.
3. V. infra, p. 5 10, Mémoire de P. Du 5. V. Ibidem, p. /i43.
INTHOnUCTlON LXWIII
\[azet prolesta, imoquant l'article i" du traité du i5 septembre 1 G."3 1 , portant que tous les faits antérieurs à l'accord seraient oubliés, ainsi que les restitutions déjà laites aux Pallache'; il lut arrêté néanmoins et jeté en prison"; quelques jours après Julien Du Puy subissait le même sort.
La captivité de Pierre Mazet se prolongea : il était encore en prison lors du départ de Merrakech du capitaine Cabiron le 7 avril lO^V- Sa raison ne put résister aux mauvais traitements qu'il eut à subir: il devint « insensé* « ; tous ses biens furent pris et dissipés. Du Cbalard ne put en obtenir la restitution, il raconte dans son mémoire (|u'en « ayant faict demande audit roy en ce dernier voyage, il n'en a voulu faire aulcune raison" ». On ignore quel fut le sort de l'infortuné consid. L'absence de toute démarche faite par Du Chalard au cours de sa mission au Maroc, pour obtenir la liberté du détenu, autorise à croire que Pierre Mazet avait du mourir à Merrakech avant larrixée de l'envoyé de Louis XIII (i635).
De BouRGARONiNE. — Ce personnage, sur lequel nous manquons totalement de renseignements biographiques, fut nommé consul à Safi par le chevalier de llazilly, en exécution de 1 article Mil du traité conclu entre Moulay el-Oualid et Louis XIII le 17 septembre i63i *. Sa gestion fut l'objet de critiques de la part de Julien Du Puy. qui, dans une lettre à Du Chalard, parlant des marchandises laissées en i()3o à Pierre Mazet, se plaint du « mauvais mesnaigement du bien d'aultruy par le sieur Mazé et Bourgaronne" ».
1. David Pallactic, voiiii fi la cour de 3. Ainsi qu'on le constate par la mention France en i03l, avait reçu, outre une suivante: « A mon despart de Marroques,
chaîne d'or valant 2000 onces, une somme |iavé à l'apoticaire I3odier pour achep-
def)O()0 onces argent comptant. On lui avait ter des mcdicamans pour purger sieur
accordé la restitution de son navire, évalué Pierre Mazet, v ducats ». V. infra. p. 46(),
4o 000 onces, et une licence d'embarquer Coinfylc d'Antoine Cabiron.
3ooo muids de sel qu'il vendit Ji La Ro- 4- V- infra, p. ûii, Mémoire Je P. Du
chelle 6 4oo onces. En Il')3a on lui remit Chalard.
encore une somme de 6 300 onces. Le tout 5. \ . Ibidem.
s'élevait 5 60600 onces. V. infra. p. i'i,t3, 0. Cf. infra, p. /|0(j.
Relation d'Antoine Cabiron. 7. Cf. Ibidem, p. ^34. Les notes 3 de
2. V. infra, p. .'i43, Lettre de Julien Du la page 434 et 2 de la page 442 se reuvo- Piiv <! Du Chalard, 3 février i633. yant l'une à l'aulrc sont erronées.
LXWIV INTRODUCTION
Julien Du Puy. — Il fut envoyé à Safi par Du Chalaid en 1682 pour réclamer à Pierre Mazct les fonds provenant de la vente de marchandises qui avaient été laissées en compte à cet agent'. A son arrivée il constata « le mauvais mesnaigemenl du bien d'aultrui » qu'avait fait Pierre Mazet et il dut se rendre à Merrakech pour tenter de recouvrer au moins en partie les sommes qu'il avait charge de recevoir'. Mais Pierre Mazet fut arrêté dans cette ville par le Chérif, qui retint Du Puy à Merrakech, lui refusant son congé sous prétexte qu'il n'avait pas apporté la ratification du traité de i63i. Arrêté à son tour par Moulay el-Oualid ^ il fut battu et subit tant de tortures qu'il abjura sa foi et se fit musulman '.
Voiture. — Par suite de quelles circonstances, l'oracle des Précieuses, l'épistolier de l'hôtel de Rambouillet avait-il été amené au Maroc.'' Attaché à la fortune de la maison d'Orléans, Voiture avait accompagné en Espagne M' Du Fargis que Gaston d'Orléans, après la défaite de Castelnaudary (i" septembre i632), envoyait faire des ouvertures au comte d'Olivarès. Malgré les succès personnels du diplomate improvisé, la mission traîna en longueur, et Voiture, qui avait hâte de se rapprocher de ses belles amies, attendait avec impatience le moment d'être remplacé. Enfin le i4 mai i633, l'arrivée de M' de Lingendes lui permit de quitter Madrid. Il n'avait pas le goîit des voyages et prenait fort peu de plaisir « à courre », mais, craignant les dangers auxquels l'exposait un voyage à travers la France pour rejoindre le remuant (îaston. qui s'était réfugié à Bruxelles, il se décida à s'embarquer à Lisbonne et s'y rendit par Grenade, Séville et Gibraltar.
Arrivé en vue de la terre de Barbarie, la fantaisie lui vint de traverser « le Détroit ». Le galant Voilure entrevoyait sans doute les délicieux badinages et toutes les ingénieuses allusions auxquels il pourrait se livrer en envoyant d'Afrique, le pays des lions, de belles phrases à celle qu il honorait de sa passion, Angélique
1. V. infra. p. 5io, Mémoire de P. Du 3. V. infra, p. Itltg. fielation d'Antoine Chalard. Cabiron.
2. V. infra. pp. /i4i-i44, Lettre de t). V. infra, p. 31 1, Mémoire de P. Ou Julien Du Puy à Du Chalard. Chalard.
INTR0DL"rT10>- LXXXV
Paulet ' surnommée « la lionne ». dans la société de l'hôtel de Rambouillet. Il lui écrit de Grenade (juillet i633) :
J'av résolu de passera Ceula et d'aller voirie lieu de voslre naissance et vos parents qui régnent dans les déserts de ce païs-là. Comme je leur diray de vos nouvelles, je vous supplie très-humblement, Mademoiselle, d'en dire des miennes
Le 7 aoijt, Voiture débarqué à Ccufa, raconte à son amie son arrivée sur la terre d'Afrique et continue sa plaisanterie sur les lions, qui, si ralBnée qu'elle dût paraître aux précieuses, semble bien peu divertissante à ceux qui sont étrangers aux subtilités de langage de l'Hôtel de Rambouillet.
« Enûn je suis sorty de l'Europe et j'ay passé ce destroit qui luy sert de bornes, mais la mer qui est entre vous et moy ne peut rien estcindre de la passion que j'ay pour vous... Ne vous estonncz pas de m'ouïr dire des galanteries si ouvertement ; l'air de ce pais m'a desja donné je ne sçais quoy de félon qui fait que je vous crains moins, et. quand je traitterav désormais avec vous, faisles estât que c'est de Turc à More...
Je gravay hier vos chifTres sur une montagne qui n'est guère plus basse que les estoilles et j'envove demain des cartels aux Mores de Marroque et de Fez, où je m'olTro à sousienir que l'Afrique n'a jamais rien produit de plus rare ny de plus cruel que vous.
.\près cela. Mademoiselle, je n'auray plus rien à faire icy que d'aller voir vos parens... A ce que j'entens, ce sont gens peu accoslables ; j'auray de la peine à les trouver. On m'a dit qu'ils doivent estre au fond de la Lybie et que les lions de cestc costc sont moins nobles et moins grands. On en vend icy de jeunes qui sont extrêmement gentis ; j'ay résolu de vous en envoyer une demi douzaine, au lieu degands d'Espagne, car je sçay que vous les estimerez davantage, et ils sont à meilleur marché. Tout de bon, on en donne icy pour trois escus qui sont les plus jolis du monde. En se jouant ils emportent un bras ou une main à une personne, et, après vous, je n'ay jamais rien veu déplus agréable ».
Voilure, assez casanier et qui passait autrefois sa vie dans un cercle très restreint, conçoit une grande fierté en se découvrant une
I. .\ngcliciuc Paulrf. née vers I3()3 Imnnaire des Précieuses... où elle est
morte en ifi.ïi, fille de Charles Paulet, flésignéc .sous le nom de Parthenie; Ma.de-
secrétalrc de la Chambre du Roi, l'inven- .moisellf. de ScuDrKV, Cyrus. .septième
leur de l'impôt sur les charges de judica- partie, Liv. I'^'', et Tai.lema.vt des Riaux,
ture (la paulette). Cf. So.maize, Grand die- IlisloricUes.