I. V. Doc. précédent, p
CONSULTE nu CONSEIL d'ÉTAT 85
service d'ordonner aux gouverneurs de Ceuta et de Tanger de faire en sorte, avec beaucoup de soin et par les moyens qu'ils pourront, d'empêcher ce commerce, à cause des inconvénients qui pourraient en résulter pour les Fronteras d'Espagne, et de faire écrire aussi à l'ambassadeur de Votre Majesté en Angleterre, en lui faisant part de cette intention des Anglais de s'établir à Télouan, afin qu'il tâche d'empêcher qu'elle soit réalisée.
\otre Majesté ordonnera ce qui lui paraîtra le mieux.
Madrid, i^ mai 1622'.
Suivent cinq parafes.
Archives espagnoles du Gouvernement fjénéral de l'Algérie. — A'" 339 (anciennement : 2" carton, 9" liasse, n° 4 Bj.
I . Le copiste espagnol a ajouté: Copiéaiix pour M. Tiran, sur la consulte originale qui se Arcliiues de Simancas, le 21 novembre iS44- trouve clans ta liasse Estado n° 25i5.
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Partis de Marseille sur le (jaUon « Notre-Dame » avec des lettres de marque pour faire la course contre les pirates turcs, ils ont fait naufrage et sont retenus par Moulay Zidàn dans une dure captivité'. — Leur situation est si intolérable que plusieurs captifs, pour y échapper, se sont faits musulmans. — Ils demandent au Roi de remplacer l'agent Claude Du Mas, qui ne s'est pas occupé activement de leur rédemption, par une personne à qui ion remettra un pjrésent d'une valeur de dix à douze mille écus à offrir à Moulay Zidàn. — fis chargent le P. Antoine de Sainte- Marie de remettre au roi la présente supplique.
Merrakech, A décembre 1G22.
Entête, alla manu: Les captifs de Maroc.
En tête, propria manu : Au Trcs-creslien et Très-auguste Roy de France et de Navarre, noslre très-honoré seigneur et maistre, et à Nosseigneurs de son ConseiL
Sire,
Remonstrent très-humblement et très-deAotement, avec tout riionneur, respect, obéissance et fidélité à nous possible, deue à Voslre Très-crestienne et saccrée Magesté, les pauvres affligés et infortunés captifs, ses Irès-liumbles, très-obeissanl et fidelles subjetz et serviteurs, qui, despuis neuf années, sont deblenuz captifs et prisonniers par Molei Sidan, roy de Maroc en Mauritanye, comme Vostre Magesté a esté cy-devant informée par les pleintes à elle adressées et à Nosseigneurs de son Conseil du mauvais et cruel
traitement que nous recevions journellement par les tourmaiis et outrages quon nous faict soufTi'ir soubz l'excessive pesanteur de noz fers, que pour les faire entendre entièrement à Vostre Magesté seroit trop de prolixité, laquelle ne luy pourroit apporter que mescontantement et beaucoup d'allliclion de voir ces pauvres subjetz ainsy tourmantés.
Vostre Magesté a sceu comme nous sommes partis de sa ville de Marseille avec un navire dit le gallion iNostre-Dame. armé et équipé en guerre, portant la baniere de Vostre Magesté, contre les corsaires turcs et autres pirattcs, avec cent dix-liuict homes, tant soldats que mariniers, vingt pièces d'aifillcrye, et de munitions et vivres pour un an, le tout pour le service de Vostre -Magesté et pour le bien et repos de nostre palrye, avec lettres de commission, mandement et permission de Vostre Magesté et de son admirai des mers de Ponant pour faire la guerre ausdits corsaires et pirattes, le tout à noz propres coustz et desjjens, pour Icsmoigner avec plus de franchise et fideUté que notre vie et noz biens sont affectés à son service, en qualité de ses très-humbles et très-fidelles subjectz.
C'est pourquoy nous supplions Irès-luimblemcnt Vostre Mag''', avec touttes sortes de submissions, dhobeissance et fidélité, qui luy plaise, par sa clémence, pictté et dévotion ordinaire et accoustumée envers les pauvres affligez ses subjectz, nous sortir et retirer de la cruelle et insuportable captivité oîi nous sommes asservis et ceux aussy qui ont estes pris par les corsaires, cajitivés (lavant et après nostre nolTrage, qui sont audit Maroc, et Vostre Mag" sera le second rédempteur de tant de pauvres âmes languissantes, batues et tourmantées de tant d orage et lempeste que le noffrage les va menassant de leur totalle perle. Et desja y en a de perdus et submergés dans les gouffres du jjaganisme, les uns par force et violence, les autres, ne pouvant supporter tant de travaux, s'y sont par desespoir précipités.
Ce sont voz subjectz (i-ès-fidelles. Sire, qui implorent le secours et faveur de ^ostl•e Mag" par le juste ressentiment quelle en doibt avoir. L'outrage faict aux serviteurs redonde sur le maistre; c'est avec raison fort équitable que nous recourons à Vostre Magesté comme à nostre très-honoré seigneur et maistre, estant plus puissant, plus victorieux el invincible que tous. Aussy n'y a nulz qui
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soient plus humbles, plus obéissant cl plus fulelles à Vostre Magesté que nous.
Ce considère. Sire, plaira à Vostre sacrée et Irès-augustc Magesté avoir pour agréable ceslo nosire Irès-humble supplication, par son indicible clémence, cl \oulloir expédier quelque personne califiée plus vigillant et mieux vercée à la poùrsuilte de ceslc affaire que n'est le s' Claude Du Mas', qui de tout temps l'a négligée, auquel' V"' Mag'% par charité et pieté, lui délivrera la somme qu'elle a ordonnée de sa royalle volonté, pour estre employée à l'achapt de quelques eslolîes de soye escarlattes et autres jjom- 1ère présent au roy Molei Sidan, qui poura monter, à nostre jugement, environ dix ou douze mil escuz. qui est peu de chose à V"' Mag'' à légal de tant de gens de bien qui sont \oz très-humbles et légitimes subjects, qui souffrent et endurent les peines et travaux susdits, connue elle sera plus amplement informée par Père Anlhoine de Sainte-Marie \ Irlaudoys, de l'ordre des Prédicateurs, lequel a esté caplif avec nous lespasse de huict ans, présent porteur, qui donnera [lins anq)le advis à Vostre Magesté des expedientz et procédures de cest affaire, pour lequel la supplions très-humlilement l'avoir en recommandation, pour la bonne doctrine qu'il nous a donnée et pour le service divin qu'il nous a célébré et administré dans l'église des Crestiens captifs dudit Maroc, où il a fait de beaux fruicts de sa doctrine en la conversion des dévoyez, de quoy luy sommes tous obligés.
C'est au nom de ce grand Dieu Tout-Puissant, distributeur des couronnes et royaumes, que nous taisons ceste suplication à Vostre Magesté, pour laquelle nous offrirons, pour sacriffice et pour hostie sur l'autel saccrc de ces commandementz, nostre sang et nostre vye pour y contribuer nostre obéissance et fidélité, et prierons très-
I. Claiulo Du Mas, agent consulairi' au pour le Chérif des livres latins en castillan,
Maroc. Cf. supra. Introduction, notice et des renégats les mirent ensuite en arabe,
biographique. Le Chérif le dispensa de porter la chaîne
3. ,1 «(/»(•;, c'est-à-dire : à la personne do- comme les autres esclaves. Ce religieux
signée pour remplacer Claude Ou Mas. établit à .Maroc une confrérie du Rosaire,
3. Sous Moulay Zidàn, le dominicain rpii subsista longtemps, et ne voulut être
irlandais .■Vntoino de Sainte-Mario fut amc- racheté qu'après l'arrivée d'un autre prêtre
né comme esclave à Merrakoch ; il traduisit ;m milieu des captifs. Godard, p. i^q8.
dévotement Sa Divinité d'accroître le royaume de Voslre Très- Antrtisto et Saccrée Magestô jusques aux bouts ot limites de la terre, en Iriumplie, vieloirect felieitc, en très-heureuse et longue vye, en parfaicte prospérité et sauté.
Ce sont les vœuz, prières et oraisons de ses très-humhles. trèsobeissanls et Irès-fidolles serviteurs ({ui soûl captifs à Maroc et autres lieux de Haibarye, et pour iceux avons soubz signé.
A Maroc, le 4" décembre 1622.
Signé: Berenguier. — Chevallier. — Payan-Reinicr. — Guilton. — Castainlial. — P. llevel. — Mauyau'.
Archives des Affaires Étrangères. — Maroc. — Correspondance consulaire^. Vol. I. — Original.
I . La prrsenlp retnu'lc est de la main de « Carions consulaires » ont été reliés depuis
ce personnage, ainsi (jii'il résnllo de la la publication des volumes I et II des SS.
similitude d'écriture entre sa signature et Ilist. .Maroc, i" série, France; ils se Irou-
le telle de la lettre. vent désignés maintenant sous le titre :
3. Les documents conservés aux .\r- « Correspondance consulaire ». — Les vo-
chives des Affaires Étrangères dans les lûmes ne sont pas encore foliotés.
qO 2 NOVEMBRE iGs^