I. V. infra, p. iii, note i. 2. V. ci-apns, pp. io3 et io
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ont été dans cet cmploy, dont jay les originaux', sans parler de ce que jay pu rencontrer d'eux-mêmes, il faut en découvrir la source, comme la divine Providence prépara un moyen qu'il fit connoislre au R. P. Joseph pour l'exécution du dessein dont il avoit receu le mouvement.
Nos puissances aussi bien que le fer s'usent d'avantage par la rouille que dans l'employ. D'oîi vient que les bons courages s'engagent librement dans les hazards, choisissant plustôt de finir agissant avec honneur, que de subsister plus long temps dans une vie languissante à la laveur de l'oisiveté. Monsieur le commandeur de Razilly", de qui la profession & la naissance donnoicnt de la générosité, se sentit piqué de celte inclination. Et pour ce, voyant 1 Europe dans une paix asseurée, résolut de passer en Afrique pour y chercher la guerre, animé à ce dessein ^^ar les persuasions de son frère aisné\ Il demanda des lettres de recommandation au roy de France pour celuy de Maroque*. à dessein de rétablir les anciennes alliances entre ces deux couronnes &: voir si ce prince luy voudroit donner moyen d'entretenir des François dans quelque port ik place de seureté^, avec l'exercice libre de la religion catholique par tous ses Estais, i.^: qu'ils le servlroienl fidèlement contre ses ennemis, par mer \ par terre.
Ce Commandeur en l'an iCig traita celte afaire avec tant de vigeur & d'adresse qu'il la fit réussir >k obtint même l'envoi d'un gentilhomme more'' en France vers Sa Majesté, pour la remer-
I. Celle iiidicalion des sources où a el note 3; Doc. XXXI, p. 2i5etnolea). puisé l'auleur donne à sa Relation une 5. Ce u port et place de seureté » devait
grande valeur. cire le port d'Aïcr. Il est probable que le
a. .\ celte époque (iGî^), Isaac de chevalier de Razillv fut désigné pour aller
Razilly était chevalier de Malle ; il ne fut au Maroc avec l'agent Du Mas, sur les ins-
reçu commandeur que le 26 octobre i63l. lances de Saint-Mandncr qui avait demandé
V. supra, Introduction, notice biographique. à Louis XIII l'envoi d'une personne do
3. François de Razilly. V. sitprn, Intro- qualité pour traiter avec le Ghérif. L'objet
duclion. Notice bio<jraplti<juc. apparent de la négociation était le rachat
/(. Ces lettres n'ont pu être retrouvées, de quelques Marseillais, mais il s'agissait en non plus que la Commission d'Isaac de réalité de la concession d'Aïcr. Saint- Razilly. On ne connaît d'ailleurs sur la Mandrier avait transmis à la cour de France mission du chevalier en 161 g que les détails les lettres el les propositions qu'il avait rerapportés par le P. François d'Angers et çuesd'Espagneàcesujct. Cespedes, p. 345. quelques indications éparscs (Doc. IX, p. jO 6. Ce « gentilhomme more » est appelé
cier, au nom du Roy son maistrc, des témoignages qu'il lui avoit envoie offrir de son amitié & du désir d'un renouvellement d'alliance ; supliant Sa Majesté vouloir nommer le sieur de Razilly l'aisné pour ambassadeur, avec mémoires & pouvoirs nécessaires, afin d'aviser aux conditions raisonnables d une bonne union A: la rendre solide ; ajoutant ([uil proposoit cette personne en particulier, pour eslre en créance dans l'esprit du Roy son maistre ' & connu de lui pour l'ennemi véritable des siens" ; qu'à peine pouroit-il prendre asseurance en une autre personne, de laquelle la réputation ne scroit pas si publique dans ses Estats^.
Les afaires d'Etat sont tellement compliquées que, les traitant avec messieurs les ministres, elles ne prennent tout le cours qu'on leur pense donner, comme il arriva en l'occasion présente, pour ce que la proposition que nous venons de dire ne fut pas suivie du roy de France, sans avoir même égard aux protestations de l'agent du roy de Maroquc, qui résista avec tous les eforts possibles à la nomination de Du Mastet% Provençal, qui fut proposé pour cette entremise, asseurant qu'il n'y auroit pas de seureté pour lui, n'étant pas agréable au Roy son maistre, que l'ayant veu dans ses cotes & ses pais avec déplaisir, il ne lui en permetlioit jamais l'aproche.
plus loin par Ii^ P. François d'Vngers : flncntc aupris de Marie de Médicis et il
Cizifaré (p. 106). Le Gendre le nomme dut abandonner son entreprise, sur une
Cidyfers (V. i/i/rd Doc. C\XÏ\, p. 73'i). injonction de la Reine qui aiTectait de
Son nom véritable, restitué d'après ces deux craindre une brouille avec le roi d'EspagTie.
transcriptions, devait itre Sidi Farès. Cet Cf. Liîo.n Desciiamps. De Rasiliis, Gabrictc
ambassadeur aurait été mal accueilli en Isaac et Claudio pracnominatis, Richelii adju-
France, au dire d'Isaac de Razilly, et il toribus, pp. 3 1-82 .
aurait été retenu dans un port pL'iidant pr(''s 3. Dans ses Estais, c'est-à-dire : au Maroc,
de ([uatrc mois (V. infra. Doc. WIl. Ce passage dormerait à entendre que Moulav
p. 117 et note 2). Il revint au Maroc Zidàn connaissait déjà François de Razilly.
avec Claude Du Mas(V. infra. Doc. XIII, Cependant, comme on n'a retrouvé la trace
pp. 5i-55). d'aucune mission de ce dernier au Maroc,
I. Du Roy son mnistrr. c'est-à-din^ de on peut admettre qu'Isaac aurait fait devant
Moulay Zidàn. le Cbérif l'éloge de son frère aîné ; ce qui
3. Il faut entcmdre que François de suHîrail peut-être à expliquer l'insistance de
Razilly était comme Moulay ZidAn l'ennemi Moulay Zidàn pour obtenir l'envoi de ce
des Espagnols. Onsaitque ce gentilbommc personnage au Maroc.
avait formé avec La Ravardière le projet ij. Du Mastet, nom altéré. Il s'agit en
de fonder une colonie française dans l'ilc réalité de Claude Du Mas. Sur ce person-
dc Maranbào (Rrésil). Ses desseins furent nage, V. supra. Introduction, notice bio-
traversés par la faction espagnole in- grapbicpie.
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Néanmoins il fut rtsolu qu'il iroit, lV on lui donna ses expéditions. Et efectivement partit pour Maroque. où aussi tost qu'il eut mouillé & descendu à terre, fut aresté prisonnier, mis aux fers, »k est mort misérable dans cette captivité honteuse >N: pénible.
Cet accident interrompit le nouveau dessein, qui fut veu périr en sa naissance, comme ces vapeurs enflammées qui atirent dans des précipices ceux qui les suivent. Il est vrai que celte mort aparenle n'étoit que pour le faire revivre avec plus d'éclat. Dieu l'ayant réservé pour l'efet du courage d'une personne considérable en pieté, en valeur et en mérite.
Et de vrai, en l'année ifia.S, monsieur le commandeur de Razilly récent un gentilhomme françois echapé des prisons de Maroque, duquel il aprit le déplaisir que temoignoit ressentir le rov de ce pais pour la mort du sieur de Razilly son frère aisnéS & de ce que lui disconlinuoit de travailler au traité pour l'accommodement des deux couronnes; [ilj 1 asseura, selon sa connoissance, que luy seul le pouvoit du côté de 1 Afrique, veu la haute estime dans laquelle il étoit pour sa probité lV pour sa valeur.
Dieu, qui conduit toutes choses avec une douceur extrême, pour servir utilement au dessein de sa gloire, permit cette rencontre heureuse au temps que ce commandeur tenoit trois vaisseaux armez en mer, dont le service étoil lors inutile, ayant été licenciés après la paix faicte avec les religionnaires de ce royaume '. Tous ces motifs joints ensemble lui firent prendre resolution de s'y engager, & se sentit comme intérieurement * pressé de l'efectuer. 11 demanda donc \ receul la commissi(»n pour passer à ces côtes d'Afrique", découvrir au vrai les intentions du roy de Maroque, avec qui le roy de France dcsiroit aliance. afin d'empescher la continuation de la
1. En margo dans IVdition princcps. octobre 1622, qui mettait fin à la guerre