François de Ilazilly avait été tué en civile
ocloljre 1622 iiu siège de Montpellier oii 11 !i. Inlcr'wuremenl. Le texte porte : infé-
servaitcomme marécholdecamp. Cf. Généa- ricurcment.
lo(jii' lia:illY. p. 283. 5. Cette commission n'a pu être rclrou-
3. La paix (le Montpellier, signée le 20 vée. V. p. io5, note 3,
HISTOIRE DE LA MISSION DES PI>. CVPUCINS AU MAROC Io3
prise de nombre de François que ces Barbares faisoienl esclaves, en retirer ceux qui y étoicnt \ y établir le commerce.
En cet état, il s'adresse au H. P. Joseph de Paris, lors provincial des Percs capucins de la province de Toureine, pour ce qu'il étoit commissaire apostolique des Missions étrangères ', comme il est exprimé en sa vie. & lui proposa son dessein. Cette ouverture fut à l'ardeur du zèle apostolique de ce Père une matière propre à le i'airc éclater. C'estoit à vrai dire jetter de l'huile dans un feu pour sa nourriture «Se le rendre plus ardent. Aussi il l'embrassa, comme un moyen veritalde que Dieu lui offroit, par ce digne chevalier, pour étendre la gloire de Dieu, qui etoil la chose qui l'a toujours d'avantage pressé, comme un nouvel apostreen ce temps, à l'exemple du grand S. Paul >k du Sauveur, qui souhaitoient que tous arivassent à la connoissance de la vérité '.
Ce fut pourquoy il fist députer par le chapitre de la province de Toureine les UR. PP. Pierre d'Alençon >S; Micliel de Vezins, avec Frerc Rodolphe d'Angers, pour accompagner ce commandeur, assister au spirituel son équipage, mais principalement pour reconnolslre si on pourroit s'habituer en Salé, Safy & Maroque, à ce que, par le moyen d un nombre de rehgieux sulTisant, on pust rendre l'assistance nécessaire à une grande quantité d'esclaves, tant françois que d'autres nations catholiques, et pour gagner plusieurs Andalouziens sortis d'Espagne, qui sont heietiques & passent leurs jours dans une liberté pleine d'infamie, comme ceux desquels le sainct homme Job asseure ^ qu'après avoir employé leur vie en débauches, en un instant ils descendent dans les enfers. Le zèle de ce Père alloit jusques à penser au salut même du Roy & de tout son peuple, si Dieu V donnoit tant soit peu d'ouverture & qu'après il secondât la générosité des ouvriers. Ces Percs eurent charge d'y prendre des habitations 6; donner [)romptement avis de leur succès, afin que s'il etoit favorable à ces glorieux desseins, on leur envoyât du secours pour Cl imposer une armée du Dieu vivant.
1. Il avait cU': nommé Commissaire uiio, nd cgli l'appoggio presso Riclielieu, apostûliipii' dos Missions ctrangùres. quosli appo il ro, e la spcdizionc fa decre-
2. « Krano due cosc clie Irovano semprc tala. » Rocco d\ Cesinale, t. III, p. 454adito iicir anime del cappucino, religionc c Cf. Bertam, p. 77.
patria ; ora il progetto le comprcndcva lu 3. On lit en marge: Job: 2i-i3.
Ainsi le patriarche Jacob envoya son cher Joseph pour aprcndre l'état de ses frères & de leurs troupeaux & luy en faire un raport fidèle. Monsieur le Commandeur étant asseuré de ces Pères au chapitre de leur province, qui se tenoit lors à Orléans, environ le mois daoust, il se rendit à la Cour, où il travailla partie de l'hyver à toucher les assignations nécessaires pour les frais de l'envitaillemenl de ce voyage.
Je ne parle point de la vertu & des bonnes qualités de ces religieux, c'est assés de dire qu'ils furent choisis parles Pères de la province assemblés au chapitre, qui est une preuve sans reproche de leur probité, par la bonne estime en laquelle ils étoient dans l'esprit de leurs supérieurs. Et puis cetle histoire en est la montre ; on y voit avec quelle fidélité ds ont travaillé, leur patience y est remarquable, leur humilité y est en considération, leur charité y a un grand éclat, leur pauvieté y est parfaite, enfin leurs vertus y sont étalées avec lustre.
Il est vray pourtant que j'aurois sujet d'exprimer queb^ue chose en particulier du R. P. Pierre, qui fut comme le supérieur en cet employ, dont la vertu avoit aussi quelque chose de plus éclatant. Sa vocation extraordinaire entre les PP. capucins meriteroit d'estre considérée, si quelque jour on ne la lisoil dans la vie du R. P. Joseph, Dieu s'étant servy de hay pour cet appel, qui fut un préjugé que sa vie ne seroit pas commune & que Dieu s'en serviroit à quelque haut dessein pour sa gloire, comme en efet il est arivé.
Il fui premièrement employé dans la mission de Poictou & puis au secours spirituel des soldats dans les armées par mer i-V par terre que Sa Majesté avoit lors pour dompter la rébellion de ses sujets qui font profession de la Prétendue ; où il témoigna qu'il avoit le cœur noble, conforme à sa naissance, qui luy donnoit cet illustre avantage : l'ardeur de sa charité s'y mit en évidence, qui sembloit cachée comme du feu sous les cendres de l'humilité, joint que les ocasions ne luy avoient fourni la matière pour son entretien. On luy vid mépriser les hazards & s'exposer librement entre les périls, pour confesser les soldats blessés ; ce qui fut l'essay du grand employ qu'on luy donna ik duquel nous étalons l'histoire, afin d en reprendre la suite.