SOURCES, TREMBLEMEISTS DE TERRE ET VOLCANS
plètemciit de couler pendant plusieurs minutes, après quoi elles jaillirent avec une si grande violence, qu'elles débordèrent au-dessus du bassin ; l'eau avait d'abord une couleur jaune rougeâtre, mais, après une demi-heure, elle reprit sa transparence ordinaire.
Les sources d'Allevard datent du tremblement de terre de 1791.
La catastrophe d'ischia est encore présente à tous les esprits. Ses sources sont intimement liées à l'histoire de ses tremblements de terre. On va en juger.
On compte dans l'île quatorze sources d'eaux minérales froides et une quarantaine de sources chaudes. Les vertus thérapeutiques de ces eaux, jointes à la douceur du climat, à la situation enchanteresse d'ischia, y attiraient une foule de riches étrangers. Casamicciola, dont les bains sont les plus fréquentés, a sa population quadruplée pendant la saison.
Ischia, pourtant, est un volcan appartenant au groupe des Champs Phlégréens, dont un bras de mer de 3 kilomètres seulement la sépare. vSon sommet, l'Epomeo, a 592 mètres; dans sa plus grande dimension, elle n'a que 9 kilomètres.
Casamicciola est bâtie sur le versant septentrional de l'Epemeo, qui compte un grand nombre d'éruptions, dont la dernière eut lieu en 1301. L'activité volcanique continue à se manifester par les jets de vapeur et les sources thermales. M. Baldacci a étudié cette intéressante et malheureuse région, et décrit ainsi la situation des sources : de l'est à l'ouest, on rencontre celles de^ Pontano, de Farnello etFontana, près d'ischia ; les jets de vapeur et les sources thermales de Castiglione près
de la pointe de ce nom; les jets de vapeur de Caceinto sur la lave trachytique du Tabor; les nombreuses et abondantes eaux de Gurgitello a Monte, tout près de Casamicciola, avec leurs forts dégagements d'acide carbonique; la fumerolle de Monte Cito, à Touest de Casamicciola, qui donnait naguère beaucoup de vapeur d'acide sulfureux par des fractures du tuf de l'Epomeo ; enfin les sources thermales que Ton utilise aux bains de Catugno ou Paolone, près de Fario,et qui jaillissent des flancs de Monte Nuovo. Les ruisseaux qui se rendent à la mer sont en partie alimentés par l'eau thermale, et le fond de la mer lui-même sur le littoral est à une température assez élevée. M. Baldacci considère toutes ces émanations comme correspondant à une grande fracture, un peu infléchie, se dirigeant de l'est à l'ouest.
Deux jets de vapeur moins actifs sont à l'origine des deux grands éboulements qui, lors du temblement de terre, se sont faits sur le versant de l'Epomeo, ^et ils sont probablement sur une cnssure Inlérale parallèle à la première.
Les émanations suivantes, qui se dirigent du nordnord-ouest au sud-est, appartiendraient à une seconde fracture. Ce sont, près de Lacco Ameno, les sources thermales de Santa Restituta ; les jets de vapeur de San Lorenzo; la fumerolle déjà citée de Monte-Cito; puis, sur le versant sud de l'Epomeo, les sources thermales de Fondobillo et les jets de vapeur de Testaccio. La vallée escarpée du Scarrupato, dans laquelle se trouvent ces dernières émanations, est à peu près dans le même alignement, et il en est de même des deux
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c ours d'eau qui se dirigent en sens inverse vers le nord.
Ces deux fractures se croiseraient, à peu près à angle droit, à Monte Cito, presque sous la ville de Casamicciola.
En outre, et d'après M. de Rossi, une cassure circulaire existe sur toute la péri|)hérie de TEpomeo. Toutes les sources thermales de l'île sont caractérisées par la présence du chlorure de sodium et du carbonate de soude.
Le dernier tremblement de terre survint le 28 juillet 18(S3, à neuf heures vingt-cinq minutes du soir. Il fut accompagné d'un mugissement épouvantable qui dura, semble-t-il, une vingtaine de secondes.
Casamicciola, Lacco Ameno furent comme rasés au niveau du sol, avec un grand nombre de victimes humaines; Serrara, Fonlana et d'autres localités éprouvèrent de moins grands dégâts. La commotion fut ressentie à Isehia, sans y produire de dommages. Elle fut sensible aussi à l'île de Procida, et fut indi quée par des séismographes à l'observatoire de Rome. Mais, en résumé, l'ébranlement violent fut très restreint.
Or, quelques jours auparavant les sources de Gurgitello et d'autres avaient montré de l'irrégularité dans leur volume et dans leur température; la fumerolle de Monte Cito, à peu près inaclive, s'était réveillée en émettant un sifflement particulier et de forts jets de vapeur accompagnés d'acide sulfureux.
Dans tous les tremblements de terre, c'est toujours Casamicciola qui est le plus cruellement frappée»
Elle est en effet, située sur un point faible, correspondant précisément à l'intersection de la fracture nordnord-ouest à sud-sud-est et de la fracture circulaire \
La liaison, maintenant bien démontrée, entre les eaux qui imprègnent l'écorce terrestre et les phénomènes mécaniques dont les profondeurs terrestres sont le théâtre, se resserre encore par la découverte de la cause essentiellement aqueuse des tremblements de terre et des éruptions volcaniques.
On sait que l'eau, incessamment appelée vers les zones relativement profondes par l'énergique attraction capillaire des roches suffisamment refroidies, rencontre dans les hautes températures souterraines un obstacle invincible à sa pénétration indéfinie. L'une superposée à l'autre sont donc deux régions concentriques : la plus externe saturée de l'humidité de carrière, la plus profonde absolument sèche ; celle-ci perdant à chaque instant devant les progrès de l'autre, qui emprunte ses éléments d'hydratation à la masse encore considérable des océans.
Les choses ainsi pourraient durer pacifiquement si la croûte solidifiée et le noyau toujours fluide, ne se contractaient de quantités inégales sous l'influence du refroidissement progressif. De cette diminution différente, résultent nécessairement des tiraillements et des crevassements de l'écorce, à tous moments trop grande pour le noyau qui se rapetisse plus vite qu'elle, et dont elle ne peut suivre le mouvement centripète qu'en se fronçant sur elle-même.