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SOURCES, TREMBLEMENTS DE TERRE ET VOLCANS

Or, comment admettre ces déplacements même très faibles sans assister en même temps par la pensée à des pulvérisations des portions internes? Le long des grandes cassures ou failles, des blocs, nécessairement,, se détacbent, glissent et peuvent ainsi parvenir, de la zone des masses hydratées, aux espaces incandescents où l'eau ne saurait subsister. Un pareil fragment ayant seulement 1 kilomètre cube (et qu'est-ce vis-à-vis du volume terrestre?) nous fournit, dans la force élastique de la vapeur ainsi libérée tout k coup, de quoi expliquer bien aisément — par comparaison avec les effets redoutables d'un morceau de brique mouillée inopinémentjetédansle creuset d'un haut fourneau — d'irrésistibles explosions, des trépidations à détruire des villes entières, des détonations, des roulements souterrains et des mugissements formidables, c'est-àdire tout l'ensemble des manifestations sismiques. Que les égrènements de matériaux hydratés se succèdent les uns aux autres, et à chacun d'eux une explosion, un choc du sol, devra nécessairement correspondre. Les 250 trépidations éprouvées à Ghio en 48 heures, les 200 secousses ressenties à Murcie dans la seule journée du 10 janvier 1883, sont les témoins des 250 et des 200 chutes de blocs de matériaux humides dans le laboratoire encore interdit à l'eau.

Les pays à tremblements de terre sont avant tout les zones littorales et les massifs montagneux géologiquement peu anciens. Pour ces derniers la désagrégation des couches contournées, redressées, présente évidemment une condition éminemment favorable au développement des réactions qui viennent d'être décrites.

Il faut ajouter ici une remarque qui s'applique également, et plus peut-être, aux zones littorales : si l'on essaye de se représenter la distribution de l'eau d'imprégnation dans les masses profondes, on reconnaît qu'elle doit être fortement influencée par les formes du relief extérieur de l'écorce. Les mesures thermométriques prises dans les tunnels qui traversent les montagnes, y révèlent un accroissement de chaleur exceptionnelle qui ne peut que relever la surface de contact mutuel de la zone d'imprégnation et de la zone anhydre. Il résulte de là, qu'à la faveur du crevassement qui ne peut manquer à la suite des contractions spontanées, de fragments rocheux situés vers la plaine, à une profondeur où l'imprégnation est possible, sont tout à coup et sans déplacement vertical soumis aux effluves latéraux des masses très chaudes gisant sous la montagne, et ainsi doués brusquement du caractère explosif.

Des considérations que M. Faye a fait valoir montrent de même que sous la masse conductrice des océans l'accroissement de la température souterraine doit être fortement ralentie.

Si la vapeur engendrée dans les profondeurs, au lieu de se condenser dans les couches superficielles ou d'en sortir sous forme de sources thermales, trouve des points de moindre résistance d'où elle peut s'exhaler en abondance, il en résultera l'éruption volcanique. Surfondue dans la profondeur en présence de la vapeur, celle-ci s'y incorporera par une véritable occlusion. suivant l'expression de Graham. Le composé résultant, analogue par son état au vin de Champagne sursaturé

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