‹ Les sourcesChapitre 21 sur 109 · Fournet. Hydrograpliie souievraine · texte numérisé non relu

Fournet. Hydrograpliie souievraine

(( La mare du Grand-Saz, sur le territoire cle Servin (Doiibs), est un abîme à peu près eirculaire, d'environ 500 mètres de circonférence, bordé de rocbers et sans fond connu. Les cadavres des personnes qui s'y sont noyées n'ont jamais reparu, et les plongeurs descendus dans ce gouffre en sont revenus assurant qu'il y avait du danger à s'engager dans ses anfractuosités latérales. Cette mare est d'ailleurs dépourvue de tout écoulement visible, tant vers le haut que vers le bas. Par contre, elle est sujette à des crues

subites d'environ O'^jSS, que ses eaux ne dépassent point. Un équilibre temporaire s'établissant alors, il faut croire que l'augmentation de la pression force le liquide à fuir par quelques crevasses, trop minimes pour donner naissance à un jet quelconque. Au surplus, cette espèce de lac est encore remarquable par la présence d'un amas de tourbe couvert d'herbes, de joncs, de quelques saules et sur lequel on peut s'aventurer. C'est donc une véritable île flottante sujette à se déplacer au gré des vents, comme d'autres productions du même genre qui existaient autrefois sur les marécages de Clairmarais, près de Saint-Omer,

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et comme celles dont on signale également la présence dans le Mexique ^ »

Le Creux-Genay près de Porrentruy, découle du pied d'un rocher découpé en demi-cercle, contre lequel, en temps normal, son eau est contenue par un bourrelet de gravier dont le bord est à peu près au niveau des prairies voisines. A la fonte des neiges, au printemps, et dans toute autre saison, quand il survient des pluies de huit, dix ou quinze jours, il déborde, pendant deux ou trois jours en donnant souvent naissance à une rivière flottable, dont le lit est marqué dans la prairie, bien qu'il soit tapissé de verdure. L'invasion brusque des eaux expulsant l'air des cànaux donne lieu à un bruit rauque et prolongé qui fait dire aux habitants que Creiix-Gena beugle. Dans les autres moments, on ne voit qu'un peu d'eau stagnante dans son entonnoir de 13 mètres de diamètre sur 12 mètres de profondeur, et dans lequel il est très facile de descendre\ Il paraît que CreuX'Gena veut dire le Creux -du -Génie ou le CreuX'diiSorcier, parce que cette source aux débordements foudroyants paraissait merveilleuse à nos ancêtres^

On pourrait citer des sources vauclusiennes dans toutes les parties du monde. Le duc de Luynes, lors de son voyage d'exploration à la mer Morte, en visita une fort belle, qui donne naissance à un affluent du Lycus. Parti le matin de Beyrouth, l'explorateur

Fournet. Hydrograjyhîe souterraine, Fournet. Hydrograj)liie souterraine.

arriva an bord de la rivière, où il trouva les restes d'une usine, et se rendit à la grotte. La ressemblance est frappante, avec la fontaine de Vaucluse dit-il, avec cette différence qu'au lieu de surgir du fond de la vallée et dans la ligne de son axe, la source sort des rocbers de la rive droite et se précipite dans le lit du torrent, qui descend en serpentant dans une gorge boisée et rocailleuse. Les montagnes sont calcaires, d'une matière compacte en général, rude au toucher, grise d'aspect, pénétrée de fossiles, principalement de natices. La source que nous avions devant nous s'élance d'une caverne d'environ 2 mètres de hauteur, peu profonde, colorée en jaunâtre et où la lumière pénètre faiblement. Les eaux, d'un vert glauque, émergent du fond, impétueusement et à grand bruit : leur chute dans le lit du torrent voisin est de 2 à 3 mètres. »

Les sources du Jourdain, vauclusiennes également, sont au nombre de trois : celle de Tell el Kady, située à la naissance de la vallée même du Jour dain, à 185 mètres au-dessous de la Méditerranée; celle de Banias, qui en est très rapprochée, mais déjà dans la montagne, à une altitude de 583 mètres, et celle de Wady Hasbany, qui est à six heures dans le nord des deux premières; elle sort d'un point de l'Anti-Liban situé à 563 mètres au-dessus de la Méditerranée.

La vallée de Hasbany, est d'une fraîcheur délicieuse, et le site de la source est charmant, avec son entourage de lauriers-roses, d'oliviers, de platanes. Banias, village musulman, a toutes ses maisons

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surmontées d'une cabane de feuillage qui sert de demeure l'été. Les sources, très abondantes, sortent du roclier, au-dessous d'une grotte et sans chute*.

1. Duc de Liiyiics. Voyage d'exploration à la mer Morte, à Pclra et sur la rive (jauche du Jourdain, (Œuvre posthume.)

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