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une direction latérale, vers les cavernes dont se trouvent criblées les montagnes environnantes. Immédiatement après la retraite des eaux, toute Tétendue de terrain qu'elles couvraient est mise en culture, et au bout d'une couple de mois, les paysans fauchent du foin là où quelque temps auparavant ils péchaient des tanches et des brochets. Vers la fin de l'automne, après

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Carie des environs d Adelsberg.

les pluies de cette saison, les eaux reviennent par les mêmes canaux naturels qui leur avaient ouvert un passage au moment de leur disparition. L'ordre que je viens d'assigner aux inondations et à la retraite des eaux est l'ordre moyen ou normal. Les irrégularités atmosphériques le troublent souvent. Il suffit même quelquefois d'une abondante pluie d'orage sur les monta-

gnes dont Zirknitz est entouré, pour que le lac souterrain déborde et aille, pendant plusieurs heures couvrir de ses eaux le terrain supérieur. On a re-

GROTTE D'ADELSBERC

Grottes de la Carniole.

jnarqué parmi ces diverses ouvertures du sol des différences singulières : les unes fournissent seulement de l'eau, d'autres donnent passage à de l'eau et à des

poissons plus ou moins gros ; il en est d'une troisième espèce par lesquelles il sort d'abord quelques canards du lac souterrain. Ces canards, au moment où le flux liquide les fait pour ainsi dire jaillir à la surface de la terre, nagent bien. Ils sont complètement aveugles et presque entièrement nus. La faculté de voir leur vient en peu de temps, mais ce n'est guère qu'au bout de deux ou trois semaines que leurs plumes, toutes noires excepté sur la tête, ont assez poussé pour qu'ils puissent s'envoler. Valvasôr visita le lac de Zirknitz en 1687. Il y prit lui-même un grand nombre de ces canards, et des anguilles [Mustela fluviatUis) qui pesaient de 1 à 2 kilogrammes; des tanches de 3 à 4 kilogrammes; enfin des brochets de 10, de 15 et même de 20 kilogrammes.

« Ces différences dans les produits^ qu'on me passe l'expression, des diverses ouvertures du lac de Zirknitz, ne sont pas aussi difficiles à expliquer qu'on le croit au premier aperçu. Un tuyau ou canal creusé dans le sol, dont la bouche inférieure descendra audessous de la surface du lac souterrain, ne pourra, à l'époque de l'exhaussement dans le niveau du liquide, rien amener au jour de ce qui se trouvera plus élevé que cette bouche. Les canards nagent à la surface de Teau; toute issue par le canal plongeant en question, leur est interdite. Si, au contraire, le bout inférieur du tuyau s'ouvre dans l'air, c'est-à-dire au-dessus de la surface du lac, il doit paraître tout simple que les canards souterrains s'y réfugient quand le niveau de l'eau s'élève, et qu'à la longue le liquide les pousse jusqu'à la surface. On explique ensuite très simplement

pourquoi certaines ouvertures ne doiuient jamais de poisson en remarquant qu'un canal peut être très large dans le haut et se terminer à l'autre bout par de petits trous ou d'étroites fissures. »

En Amérique, Alexandre de Humboldt a décrit la caverne de Guacharo, dans la vallée de Caripe. Elle a pour entrée une voûte de 23 mètres et demi de large, percée dans la face d'un rocher à pic. Les Indiens gardent jalousement cet antre et n'ont pas permis au voyageur d'aller au delà de 800 mètres, comptés à partir de l'ouverture. Une rivière large de 10 mètres sort des profondeurs à une place inconnue.

Mais l'exemple le plus net nous est fourni par les États-Unis.

Les AUéghanies centrales sont des montagnes calcaires où l'eau se perd et circule dans des gouffres grandioses. Là les cavernes ont de bien autres dimensions que dans la Carniole. Mammouth Cave, dans le Kentucky a 226 avenues, 11 lacs, 7 rivières, 8 cataractes, 32 puits dont quelques-uns sont des abîmes. Les replis de ce labyrinthe font une longueur de 240 kilomètres. Les eaux noires qui portent des noms significatifs, Styx, Cocyte, mer Morte ont des poissons aveugles. Quand il y a de grandes pluies, elles montent, etquelqTuelbis emplissent leurs couloirs jusqu'aux voûtes. Elles vont par des conduits inconnus grossir Green Rive7% dont le bassin contourne la montagne où sont situées les grottes.

La mer Morte communique avec le Styx, que les visiteurs parcourent en bateau. « La lueur des torches,

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dit Win de res touristes S reflétée par Feau, produit dans la nuit un eflet impossible à décrire: ce sont des jeux de lumières, des contrastes d'ombre si saisissants, au milieu de ces formes étranges qui vous environnent, qu'aucun pinceau ne saurait les rendre. Nous fûmes frappés de la sonorité causée par les vibrations successives de mille échos qui se produisent au centre du lac, sonorité telle que nous entendions distinctement un bruit de paroles et le clapotement des avirons d'une autre barque, naviguant sur les mêmes eaux, quoiqu'elle fût à plus de cinq cents pas de nous, d'après ce que nous assura le guide. Au milieu du Styx se trouve un fort remous qui fit tourner brusquement trois ou quatre fois notre embarcation sur elle-même : il y a là un gouffre naturel où une partie des eaux va disparaître. »

Un certain endroit de l'immense dédale s'appelle les montagnes Rocheuses. Là est un gouffre énorme, le Trou terrible, au fond duquel bouillonnent les eaux.

Dans la grotte des Fées, dont les colonnades forment d'élégants arceaux, l'eau suinte de tous côtés, et tombe en gouttelettes dont la chute retentit dans ces cavités sonores, a Au fond même de la salle, on remarque un groupe imitant la cime d'un palmier. Les branches gracieusement inclinées, semblent sculptées dans un bloc d'albâtre oriental. Au sommet de ce gracieux ensemble, jaillit une source, créatrice séculaire de

1. Poussiolgiie. Voyage aux grottes du Mammouth^ Tour du Monde, 1865 (^'^ semestre).

tous ces dépôts calcaires qui brillent du reflet de nos torches. La lumière, promenée dans les vides laissés entre ces formations concretionnées, en fait ressortir toute la transparence. Les délicats arceaux, ornés de franges bizarrement découpées qui s'étendent au-dessus de la tête des voyageurs, peuvent figurer à leurs yeux une élégante tonnelle de marbre blanc. Aussi, les touristes donnent-ils à ce singulier groupe, le nom de palmier ou de ton,nelle merveilleuse, suivant leurs appréciations particulières. »

Le Maëlstrom est un gouffre situé dans les grottes de Mammouth et qu'un jeune homme de Louisville explora en 1859. On ne l'avait pas encore osé. « Il s'attacha autour du corps, raconte M. Xavier Eyma, une corde enroulée à un tourniquet, que deux de ses amis se chargèrent de manœuvrer à des signaux convenus, et, une lanterne à la main, il affronta ce gouffre, d'où s'élevaient des bruits et des échos sinistres, pareils à ceux du tonnerre, quand on y lançait quelques projectiles A une quarantaine de pieds de profondeur il rencontra une sorte de plate-forme d'où rayonnaient quatre avenues percées dans les parois des roches. A 100 pieds plus bas, il entendit le bruit formidable d'une cataracte qui se précipitait dans l'abîme. 11 continua de descendre parallèlement avec cette cataracte; un moment sa lumière vacilla et faillit s'éteindre par le fait du déplacement d'air que produisait cette masse d'eau dont il sentait l'écume lui jaillir au visage. Enfin, à une distance de près de 200 pieds, il toucha le fond de ce gouffre. »

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Presque tous les environs de la caverne sont minés par les eaux, au point qu'il ne serait pas impossible qu'un jour le sol s'affaissât sous le poids des voitures qui amènent les touristes.

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